ALERTE : La France s’apprête à se mettre hors jeu de l’accord de Paris

La France va présenter fin octobre la révision de sa feuille de route sur le climat, la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Or, le gouvernement serait en passe d’y acter un dépassement de ses plafonds d’émissions de gaz à effet de serre (ou budgets carbone) jusqu’à 2023, se mettant ainsi hors jeu des ambitions de l’accord de Paris.

Alors que les émissions de gaz à effet de serre françaises ont déjà augmenté en 2016 et 2017, le Réseau Action Climat tire la sonnette d’alarme et propose des mesures structurantes pour engager dès maintenant un changement de trajectoire.

Depuis la loi sur la transition énergétique (2015), la France s’est dotée d’objectifs climatiques. Des budgets carbone ont été fixés pour 13 ans. Mais, d’après les premiers documents de la SNBC (présentés au comité de suivi de la PPE et de la SNBC), la France prévoit de ne pas respecter ses budgets carbone jusqu’à 2023.

Pour le Réseau Action Climat, la politique des petits pas ne peut plus continuer face au dérèglement climatique. Des mesures structurantes, ayant un effet rapide et notable sur les émissions de gaz à effet de serre sont nécessaires (les mesures sont détaillées ici) comme :

1- Supprimer progressivement les cadeaux fiscaux qui bénéficient au transport routier de marchandises (exonération de la taxe carbone-diesel) et pénalisent les alternatives plus propres, et développer les solutions alternatives à la voiture individuelle avec les revenus générés.

2- Adopter un Programme National Nutrition Santé (PNNS) fort pour fixer un cadre encourageant la baisse de la consommation de protéines animales et le rééquilibrage de l’alimentation en faveur des protéines végétales.

3- Actionner les leviers réglementaires et financiers de l’État pour la rénovation performante du parc bâti. Commencer notamment par interdire à la location les passoires énergétiques pour réduire les dépenses énergétiques des ménages précaires et inciter les propriétaires à engager des travaux de rénovation énergétique, via un critère de performance énergétique dans le décret définissant la décence des logements.

4- Accélérer le remplacement des gaz réfrigérants les plus néfastes pour le climat, les HFC, par des alternatives moins polluantes via une taxe progressive.

Le Réseau Action Climat appelle le chef de l’État à entendre les appels des scientifiques et des citoyens et à engager sans attendre les transitions qui seront bénéfiques pour le climat, mais aussi pour la santé et les emplois.

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