Loi alimentation : un an plus tard, le compte n’y est pas

Un an après la promulgation de la loi alimentation, 21 organisations tapent du poing sur la table et interpellent le Gouvernement sur le manque d’efficacité de la loi, notamment du point de vue du climat.

soupe populaire
soupe populaire

Un an après sa promulgation le 1er novembre 2018, la loi alimentation, faisant suite aux États généraux de l’alimentation, accusent de sévères retards dans sa mise en oeuvre. 21 organisations paysannes, environnementales, de bien-être animal, de solidarité et de consommateurs ont effectué un décryptage fin de la loi et de sa mise en oeuvre. Ce travail apporte ainsi un éclairage sur les efforts qui restent à fournir pour que cette loi puisse accomplir les missions qui étaient les siennes : rendre accessible à tous une alimentation saine et durable et améliorer l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole.

Les organisations alertent sur le manque de volonté et de moyens et appellent le Ministère de l’Agriculture à se saisir de l’opportunité du projet de loi de Finances 2020 et des décrets et arrêtés en cours de préparation pour mettre en œuvre une loi à la hauteur des enjeux écologiques et climatiques, économiques, sociaux et sanitaires actuels.

Le climat était déjà un grand absent de la loi alimentation. Depuis un an, l’impact climatique de l’agriculture et de l’alimentation est encore trop peu traité malgré l’urgence climatique de plus en plus prégnante et la detresse des agriculteurs face à des aléas de plus en plus sévères. Le secteur agricole et alimentaire doit se rendre compatible avec les objectifs climat de la France, fixés par la Stratégie nationale bas carbone, autrement dit une division par 2 des émissions de gaz à effet de serre de ce secteur d’ici 2050. Le Réseau Action Climat a publié en ce sens 70 recommandations de politiques publiques pour rendre le secteur alimentaire français compatible avec les objectifs climat.

Cela fait plus d’un an maintenant que la mobilisation pour le climat s’amplifie et que les citoyens s’impatientent. Les conclusions de la Convention citoyenne pour le climat dans la partie “Se nourrir” permettront peut-être d’ouvrir de nouvelles portes. De même le plan protéines végétales (en attente de publication) ou encore la mise en oeuvre du Programme national bas carbone doivent venir compléter ce que la loi n’a pas acté.

Décryptage Loi EGALIM

Les 21 organisations ayant contribué au décrytage : Attac, CCFD-Terre Solidaire, CFSI, CIWF France, Commerce Équitable France, Confédération paysanne, Foodwatch France, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, France Nature Environnement, Eau et Rivières de Bretagne, Générations Futures, Greenpeace France, Miramap, Nature et Progrès, Réseau Action Climat, Secours Catholique-Caritas France, SOL (Alternatives Agroécologiques et Solidaires), Terre & Humanisme, UFC-Que Choisir, Union Nationale de l’Apiculture Française, WWF.

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