Consommation de viande : Le GIEC nous montre la voie à prendre

Le rapport spécial du GIEC publié le 8 octobre dernier souligne une fois de plus la nécessité de mettre en œuvre des mesures rapides afin de maintenir l'élévation de la température moyenne mondiale en deçà de 1,5°C, notamment la baisse de la viande.

Pour la première fois, le GIEC indique que l’on n’atteindra pas nos objectifs climatiques sans faire évoluer notre demande alimentaire, et notamment la baisse de notre consommation de viande. Est-ce que la loi alimentation, adoptée le 2 octobre dernier, nous mettra sur cette voie ?

Le GIEC insiste en particulier sur la nécessité de réduire, outre le dioxyde de carbone, les émissions des autres gaz à effet de serre, dont les deux principaux sont le protoxyde d’azote et le méthane. Les émissions de ces deux gaz sont majoritairement liées aux activités agricoles : pratiques de fertilisation des sols, rots des ruminants, gestion des déjections animales, etc.

L’autre nouveauté du rapport est la nécessité d’actionner le levier de la demande alimentaire (1). Huit jours après l’adoption de la loi Alimentation par l’Assemblée nationale (2), les politiques françaises nous permettent-elles de nous engager sur cette voie de la diminution de la consommation de viande ? Cette loi a provoqué beaucoup de déceptions : pas d’obligation concernant la prise en compte des coûts de production en matière de rémunération des agriculteurs, très peu d’avancée en matière d’étiquetage, interdiction des élevages en cage seulement pour les bâtiments nouveaux ou en transformation, pas d’inscription de l’interdiction du glyphosate dans la loi, pas d’obligation de la protection des riverains des pesticides, etc.

Cependant, quelques avancées sont à souligner concernant les cantines scolaires. Au plus tard en 2022, les repas servis dans les restaurants collectifs comprendront 50 % de produits de qualité dont 20 % issus de l’agriculture biologique. L’une des principales mesures concernant l’évolution de la diète est l’adoption d’un repas végétarien par semaine dans les cantines scolaires, à titre expérimental et pendant deux ans. Au bout de ces deux ans, une étude sera menée afin de déterminer si cette mesure aura permis de réduire les coûts ou encore le gaspillage alimentaire. De bien faibles avancées au regard des défis qui nous attendent.

Cela fait un an jour pour jour que Emmanuel Macron a prononcé son discours à Rungis dans le cadre des États généraux de l’alimentation (3). Salué par beaucoup, ce discours soulignait l’importance à ses yeux de donner accès à tous à une alimentation de qualité. Depuis, une loi extrêmement décevante a vu le jour, dont les carences sont cruellement éclairées par les résultats du nouveau rapport du GIEC.

Références

(1) La « diet » est évoquée page 22 du résumé pour décideurs, ainsi que plusieurs fois dans le rapport complet (ipcc.ch/report/sr15/).

(2) Loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous (assemblee-nationale.fr/15/ta/tap0177.pdf).

(3) elysee.fr/declarations/article/discours-du-president-de-la-republique-aux-etats-generaux-de-l-alimentation/

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