Pour une zone à faibles émissions au sein du Grand Paris

Avant un vote déterminant sur la zone à faibles émissions du Grand Paris qui se tient aujourd’hui lundi 12 novembre, le Réseau Action Climat et Respire en appellent au soutien des maires pour répondre à l’urgence sanitaire et climatique.

Les associations Réseau Action Climat et Respire ont adressé un courrier aux maires d’Ile-de-France (voir ici) qui votent ce lundi 12 novembre sur l’extension de la zone à faibles émissions, pour les encourager à adopter la mesure la plus juste et ambitieuse possible pour lutter efficacement contre la pollution de l’air.

En Ile-de-France, la pollution atmosphérique est responsable de plus de 5000 morts prématurées (chiffre 2015 de Qualité de l’air – DRIEE Ile-de-France).

La France a du retard en matière de zones à faibles émissions, par rapport ses voisins européens, où il existe pas moins de 230 zones de ce type (1). Le projet de zone à faibles émissions de la Métropole du Grand Paris tel qu’il figure dans son plan climat est le plus abouti en France : un périmètre élargi, l’inclusion de tous les véhicules particuliers, une mise en œuvre dès 2019 et un calendrier de moyen terme, présageant l’interdiction de la circulation des véhicules roulant au diesel et à l’essence dans la zone. Le projet de zone à faibles émissions est situé au sein du périmètre de l’A86, qui concerne 79 communes sur les 131 de la Métropole du Grand Paris.

Protéger un public sensible

Aujourd’hui, à l’échelle de Paris et de la petite couronne, 27% des établissements recevant du public sensible comme les crèches, écoles et hôpitaux (ERPs) sont exposés au dépassement de seuils pour le dioxyde d’azote (NO2).

Mettre en place une Zone à faibles émissions (ZFE) ambitieuse sur le périmètre limité par l’autoroute A86 pourrait diviser ce nombre par 8 (ce qui diminuerait à 1,5 % le taux des ERPs exposés) (2).

Les plus atteintes sont généralement les personnes les plus modestes en raison, notamment, de la proximité entre leur lieu d’habitation et les axes routiers.

Un dispositif à inscrire au cœur d’une politique de mobilité globale

La mise en œuvre de la zone à très faibles émissions implique un développement renforcé et sans retard des projets de transports en commun, des aménagements cyclables sécurisés sur un périmètre régional, une intermodalité facilitée grâce notamment aux stationnements pour les vélos et les véhicules partagés à proximité des gares, des voies réservées pour favoriser le covoiturage, des aides ciblées pour aider les ménages et les professionnels, touchés par la ZFE, à changer de véhicule ou de moyen de transport. Sur ce point, la mise en place d’un guichet unique sur la mobilité est très importante pour diffuser ces informations avec justesse et pédagogie.

Rappels sur la pollution de l’air

Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié le 30 octobre a rappelé l’urgence d’agir, la pollution de l’air tuant 600 000 enfants par an dans le monde. La France n’est pas épargnée puisqu’entre 75 et 98% des enfants respirent un air toxique (dont la qualité est inférieure aux normes de l’OMS, données pour 2016). La France est désormais poursuivie devant la cour de justice européenne pour dépassement des normes anti-pollution. Les amendes pourraient être répercutées sur les collectivités territoriales.

(1) https://www.ademe.fr/zones-a-faibles-emissions-low-emission-zones-lez-a-travers-leurope

(2) https://www.airparif.asso.fr/actualite/detail/id/223

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