Salon du Bourget : Le transport aérien payé pour réchauffer le climat

Le salon de la filière aéronautique au Bourget accueille demain Ségolène Royal et Laurent Fabius pour « la journée COP21 », sur le site même où la France a décidé d’organiser la conférence des Nations Unies sur le climat, en décembre 2015.

Un Airbus A380
Un Airbus A380

Paradoxalement, le transport aérien est un des principaux « passagers clandestins » de la lutte contre les changements climatiques, au niveau international comme au niveau français.

Pour Lorelei Limousin, responsable des politiques de transports au Réseau Action Climat « le transport aérien, responsable de 5% du réchauffement global causé par les activités humaines, doit aussi réduire ses émissions de gaz à effet de serre. À ce titre, les améliorations technologiques ne suffiront pas pour limiter la hausse des températures à 2°C ».

Dans une étude réalisée par le cabinet d’étude indépendant néerlandais CE Delft, le Réseau Action Climat révèle le montant phénoménal des subventions accordées aux compagnies aériennes, en dépit de leur impact de plus en plus néfastes sur le climat. Alors que la France se veut exemplaire sur le front de la lutte contre les changements climatiques, « le gouvernement continue de subventionner à hauteur de plus d’un milliard d’euros/an le transport aérien, pour les vols intérieurs. C’est justement là où des alternatives moins polluantes, comme le train, existent mais souffrent de la concurrence déloyale de l’avion », souligne Lorelei Limousin.

Tax exemptions and reductions for domestic commercial air passenger transport in France

Pour le Réseau Action Climat, la baisse actuelle du prix du baril de pétrole représente une opportunité unique de supprimer les avantages fiscaux dont profite le transport aérien. À commencer par l’exonération totale de taxe accordée au carburant des avions (le kérosène), sur le plan domestique. Dans l’étude réalisée par CE Delft, le Réseau Action Climat montre que la mise en œuvre progressive d’une taxation du kérosène et des émissions de CO2 dans le transport aérien aurait des effets positifs, tant du point de vue environnemental que de l’emploi.

Enfin, en tant que présidente de la COP21, la France doit aussi s’assurer que les 196 États qui négocient actuellement un accord mondial sur le climat endossent bien la nécessité de parvenir à un accord sur les émissions de gaz à effet du transport aérien. Cet accord doit être conclu en 2016 au plus tard au sein de l’Organisation internationale de l’aviation civile (OACI). Le GIEC rappelle que, sans réduction des émissions de gaz à effet de serre du transport aérien, l’objectif de maintenir la hausse des températures à 2°C n’est tout simplement pas tenable.

À cet égard, Lorelei Limousin rappelle que « la construction de nouvelles infrastructures aéroportuaires comme l’aéroport Notre-Dame-Des-Landes qui occasionnerait un trafic aérien supplémentaire, est en totale contradiction avec les politiques de lutte contre le changement climatique. En abandonnant ce projet, la France ferait un pas vers l’exemplarité que nous sommes en droit d’attendre de la part de la Présidence de la COP21. »

Le transport aérien payé pour réchauffer le climat
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