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Révision du marché carbone européen, une large majorité de citoyens soutient le principe du pollueur-payeur

Alors que la Commission européenne doit présenter cet été une révision du système d'échange de quotas d'émissions de CO2, un sondage YouGov montre que les citoyens, notamment Français, soutiennent largement les principes fondateurs du marché carbone.

Votre texte de paragraphe (28)

Alors que la Commission européenne doit présenter cet été une révision du système d’échange de quotas d’émissions de CO2, des acteurs industriels multiplient les appels à son affaiblissement. Pourtant, un nouveau sondage YouGov commandé par l’ONG Beyond Fossil Fuels pour le compte de plusieurs ONG européennes, réalisé dans six pays européens montre que les citoyens, notamment Français, soutiennent largement les principes fondateurs du marché carbone et souhaitent que les entreprises les plus polluantes contribuent à l’effort contre le changement climatique.

Le marché carbone européen repose sur un principe simple : les entreprises qui émettent du CO₂ doivent assumer une partie des coûts que ces émissions font peser sur la société. Depuis sa création en 2005, ce mécanisme a contribué à réduire de moitié les émissions des secteurs les plus émetteurs, comme l’énergie, l’industrie ou les transports.

En France, l’adhésion au principe du pollueur-payeur est très nette :

En France, l’adhésion au principe du pollueur-payeur est très nette : 

  • Deux tiers des personnes interrogées (66 %) estiment que les industries les plus émettrices doivent payer pour leurs émissions de CO₂
  •  77 % considèrent que les entreprises les plus polluantes ou celles qui n’engagent pas d’efforts de décarbonation devraient supporter une contribution plus importante
  • Seuls 5 % des répondants estiment qu’aucune entreprise ne devrait payer pour ses émissions.

Ce soutien dépasse largement les clivages politiques. Il rassemble 73 % des électeurs Renaissance et 55 % des électeurs du Rassemblement national. L’adhésion au principe du pollueur-payeur apparaît ainsi bien plus large que le seul électorat traditionnellement mobilisé sur les enjeux climatiques.

Actuellement, des exemptions existent pour les industries les plus émettrices à risque de délocalisation, qui n’ont pas à payer la totalité de leurs émissions. Le sondage révèle que les Français se prononcent pour l’octroi de ces exemptions à condition de respecter les engagements suivants : des investissements dans la décarbonation (64 %), la formation des salariés et des garanties sociales (65 %), ou encore la transparence et le dialogue avec les riverains (55 %). L’exigence d’engagement et de transparence est là.

Une attente citoyenne qui dépasse les frontières françaises

Les résultats observés en France s’inscrivent dans une tendance européenne. Dans les six pays sondés — France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas et Pologne — 59 % des citoyens considèrent que les industries lourdes doivent payer pour leurs émissions. Ce soutien atteint ou dépasse les deux tiers en France (66 %), en Espagne (68 %), en Italie (65 %) et aux Pays-Bas (71 %). Là encore, il traverse les clivages politiques, y compris parmi les électeurs de partis actuellement au pouvoir.

Pour Aurélie Brunstein, Responsable Industrie au Réseau Action Climat :

“Alors que la Commission européenne s’apprête à dévoiler sa proposition de révision du SEQE-UE le 15 juillet, les résultats de ce sondage exclusif contredisent les appels lancés par les représentants de l’industrie et des responsables politiques en faveur d’un affaiblissement du mécanisme. Ils révèlent un large soutien de la société à ses principes fondamentaux : faire payer les pollueurs, récompenser la décarbonation industrielle et réinvestir les recettes carbone dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nous attendons du Gouvernement et des Eurodéputés français qu’ils défendent le marché carbone et son ambition lors de sa révision prévue dans les prochains mois.”

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