Sauvetages d’Air France et de Renault : enfin des réelles mesures de transition écologique?

Alors que B. Le Maire et Élisabeth Borne seront auditionnés aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour discuter de la prise en compte d’engagement écologiques suite aux annonces de soutien financier public apporté à Air France et Renault, le Réseau Action Climat s’inquiète de l’inexistence de réelles mesures de transition de ces secteurs.

Alors que Bruno le Maire et Elisabeth Borne seront auditionnés aujourd’hui à l’Assemblée nationale pour discuter de la prise en compte d’engagement écologiques, suite aux annonces de soutien financier public apporté à Air France et Renault, le Réseau Action Climat s’inquiète de l’inexistence de réelles mesures de transition de ces secteurs.

Air France : d’anciens engagements volontaires et des mesures floues

L’annonce par Air France d’un objectif de réduction des émissions de CO2 de 50 % en 2030 correspond à un engagement volontaire pris par l’entreprise en octobre 2019 et non contraignant. La stratégie d’Air France à ce jour est de miser en grande partie sur la réalisation de ces objectifs par le biais de la compensation carbone, sans réelle réduction des émissions. En ce qui concerne les nouveaux objectifs de réduction annoncés par Elisabeth Borne et Bruno Le Maire sur les lignes intérieures et le report de certaines lignes aériennes sur le ferroviaire, aucune assurance n’a pour l’instant été donnée quant à leur mise en œuvre concrète, alors qu’Air France s’apprête par ailleurs à rouvrir sa ligne Bordeaux Paris le 11 mai.

Il est particulièrement préjudiciable que le Gouvernement n’ait pas prévu, pour l’heure, de prendre des mesures effectives pour réguler l’ensemble du secteur : se pose notamment la question de la possibilité, pour les filiales du groupes ou d’autres compagnies, de continuer à opérer des vols internes pour lesquels un report sur le ferroviaire est possible.

Le Gouvernement entend également réitérer son soutien à l’incorporation de biocarburants dans le secteur aérien ce qui pourrait ouvrir la voie à une utilisation massive d’huile de palme et de soja, seules filières matures aujourd’hui. De plus, la volonté du Gouvernement de requalifier les co-produits d’huile de palme en “résidus” est une tentative de faire passer pour un biocarburant avancé un produit qui contribue fortement à la déforestation.

Renault : aucune réelle contrepartie envisagée à ce stade 

Aucune conditionnalité écologique n’a pour le moment été annoncée en contrepartie des 5 milliards de prêts accordés par l’Etat à Renault. Alors que les évolutions du marché automobile étaient particulièrement préoccupantes pour la qualité de l’air comme pour le climat avant le début de la crise sanitaire, notamment avec l’explosion des ventes de SUV ces dix dernières années, le Réseau Action Climat demande la mise en place de mesures structurantes pour le secteur :

  • Un plan industriel de sortie des véhicules diesel et essence compatible avec les objectifs climatiques, assorti d’engagements fermes des constructeurs en matière d’investissements dans des véhicules plus sobres et des nouveaux services de mobilité.
  • Une réforme de la fiscalité permettant de réorienter la production automobile vers des véhicules plus sobres et moins émetteurs.
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