Prix des carburants : Dépasser les propositions simplistes ou les demi-mesures
Réaction et propositions du Réseau Action Climat face à la crise des tarifs des carburants

Communiqué de presse – 22 septembre 2026 – Paris
La hausse massive et durable du prix des carburants pèse trop fortement sur le budget des ménages aux bas revenus, les petites entreprises et les associations qui sont contraints d’utiliser une voiture thermique pour leurs déplacements du quotidien. Près d’un Français sur deux n’a pas le choix de son mode de déplacement et, depuis la crise du carburant, 6 personnes sur 10 ont déjà sacrifié des déplacements, en premier lieu de loisirs. Ces prix élevés des carburants provoquent des privations et de la précarité.
Les chocs sur le cours du pétrole et du gaz auraient bien moins fragilisé les ménages et les petites entreprises si la France avait suivi un rythme plus rapide de sortie des énergies fossiles. Cette crise rappelle douloureusement à quel point le manque de volonté politique sur la sortie des énergies fossiles et le rôle des grandes entreprises pétro-gazières ont entretenu notre dépendance au pétrole et au gaz très majoritairement importés. Ainsi, TotalEnergies continue de tirer profit de cette dépendance, avec 10 milliards d’euros de profits en seulement 6 mois en 2026.
Pour le Réseau Action Climat, toute mesure non ciblée spécifiquement vers les ménages des classes populaires et moyennes sera majoritairement captée par les plus aisés et empêchera, à budget constant, d’aider efficacement les plus vulnérables. Pour rappel, le soutien public à l’achat de carburants suite à la guerre en Ukraine a coûté 12 milliards d’euros en 2022. De même, supprimer les CEE ne ferait au mieux baisser le prix à la pompe que modérément, et nécessiterait de réintégrer dans le budget de l’Etat ce qu’ils financent (rénovation des bâtiments, installation de pompes à chaleur, leasing social pour l’accès à un petit véhicule électrique, programmes de lutte contre la précarité énergétique…).
D’un autre côté, des demi-mesures qui laissent des millions de ménages de côté et sans solution car ils ne bénéficient pas du soutien public qui serait pourtant nécessaire, ne sont plus tenables.
Le Réseau Action Climat et ses membres attendent de vraies réponses à la fois rapides, efficaces et justes, mais aussi qui ne grèvent pas l’avenir en nous rendant plus dépendants aux énergies fossiles et vulnérables aux prochains chocs énergétiques. Le Réseau Action Climat demande un renforcement des mesures d’urgence pour les ménages qui en ont le plus besoin et une accélération de la transition vers des mobilités libérées de la dépendance aux énergies fossiles, en s’appuyant sur une contribution des plus grands pollueurs et des bénéficiaires de la flambée des prix de l’énergie.
Des mesures d’urgence pour les plus fragiles (particuliers, petites entreprises, associations)
Un plan d’urgence pour les 17 millions de Françaises et de Français qui sont déjà en situation de précarité mobilité, et dont la crise actuelle vient accroître les difficultés. Ce plan doit contenir aussi bien des aides automatiques pour l’achat de carburant, élargies aux classes moyennes, que des tarifs réduits dans les transports collectifs et les trains, des facilités d’accès au vélo (notamment les VAE), ou encore une baisse à court terme du prix de l’électricité, en particulier pour les ménages aux bas revenus.
Une accélération de l’accès à des mobilités moins polluantes
Les solutions sont connues. Renforcer l’accessibilité au véhicule électrique, neuf et d’occasion, avec le retour d’une prime à la conversion et un meilleur fléchage des aides à l’acquisition. Le dispositif actuel de leasing social doit également être revu, à la fois dans son dimensionnement et dans son fonctionnement, pour gagner en ambition et en efficacité. Ces mesures doivent être complétées par un renforcement de l’accompagnement des ménages en précarité vers des solutions de mobilité décarbonées.
En parallèle, sortir de notre vulnérabilité et de notre dépendance aux énergies fossiles nécessite des investissements dans les transports collectifs, les infrastructures cyclables, un moratoire sur les projets autoroutiers au profit du rail, et en particulier des lignes de desserte fine du territoire.
Une contribution des grands pollueurs
Pour financer ces mesures, les options ne manquent pas : Taxation des profits et des dividendes des grandes entreprises polluantes et celles qui tirent profit de l’augmentation des prix des énergies fossiles ; ISF climatique ciblé sur l’empreinte carbone des hauts patrimoines ; et fin des exonérations fiscales sur le transport aérien.
À plus long terme, la seule réponse durable à la flambée et à la volatilité des prix des carburants est de sortir au plus vite de notre dépendance aux énergies fossiles, en accélérant le développement des énergies renouvelables et en renforçant la sobriété et l’efficacité énergétique
Le Réseau Action Climat est vigilant aux nouvelles annonces du gouvernement de Sébastien Lecornu et au débat budgétaire qui va bientôt s’ouvrir.
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