Pollution de l’air : Lyon 3ème ville de France à s’engager à la sortie du diesel

Le Réseau Action Climat salue la décision de la Métropole de Lyon d’organiser la sortie progressive des véhicules diesel à horizon 2026. Après Paris et Strasbourg, l’agglomération lyonnaise est la troisième agglomération à s’engager à la sortie du diesel.

Lyon, 3ème agglomération française à s’engager à la sortie du diesel

A l’occasion du conseil métropolitain du lundi 15 mars, la Métropole de Lyon a approuvé la décision de renforcer la zone à faibles émissions (ZFE) déjà en place à Lyon depuis le 1er janvier 2019. La ZFE est un dispositif qui permet de lutter contre la pollution en interdisant progressivement la circulation des véhicules les plus polluants qui sont la première source d’émission de polluants atmosphériques. Le Réseau Action Climat salue la décision de la Métropole de Lyon d’organiser la sortie progressive des véhicules diesel à horizon 2026, après Paris et Strasbourg.

Lutter contre la pollution de l’air et garantir à toutes et à tous l’accès à un moyen de transport

La sortie progressive des véhicules diesel doit maintenant être accompagnée par des mesures d’aides ambitieuses afin de permettre à toutes et à tous de disposer d’un moyen de transport moins polluant. Aujourd’hui, près d’un quart des Français et un jeune sur deux, renonce à un travail ou à une formation faute de moyen de déplacement. Cette difficulté est particulièrement forte pour les 15 % des ménages dont le budget mensuel est inférieur à mille euros, plus de la moitié d’entre eux ayant déjà été confrontée à ce refus contraint.

L’annonce de la construction de 25 kms supplémentaires de ligne de tramway, la gratuité des services de transports en commun pour les ménages les plus précaires ou encore la mise en place d’une aide à l’achat d’un vélo – sous conditions de revenus – sont des signaux positifs qu’il s’agira de conforter et de consolider dans les prochains mois.

Une carte de transport pour suivre la mise en oeuvre des engagements de la nouvelle équipe métropolitaine

Le Réseau Action Climat a réalisé en décembre 2020 avec Unicef France et Greenpeace France une évaluation de l’ambition du nouveau président de la Métropole de Lyon en matière de lutte contre la pollution de l’air liée au trafic routier. Cette « carte de transport » sera régulièrement mise à jour afin de suivre la mise en œuvre de ces engagements, leur renforcement ou encore certains renoncements. Lors de cette évaluation, nos organisations regrettaient notamment l’absence d’ambition sur la sortie complète des véhicules diesel et essence à horizon 2030. Nos organisations soulignaient aussi l’importance de mettre en place une tarification solidaire basée sur les ressources pour les transports en commun.

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Rappels sur la pollution de l’air

La lutte contre la pollution de l’air est un enjeu de santé publique majeur. Dans une récente étude, l’Université de Harvard estime que la pollution de l’air serait responsable d’environ 100 000 décès prématurés par an en France, soit 17,3% de l’ensemble des décès. Le transport routier est en très grande partie responsable de cette pollution de l’air. En particulier pour la pollution aux oxydes d’azote (NOx) dont 63% des émissions sont causées par le transport routier. Ces émissions de NOx du transport routier proviennent à 90% des véhicules diesel.

La France a déjà fait l’objet de plusieurs condamnations pour non-respect des normes de qualité de l’air. En octobre 2019, la France a été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour avoir « dépassé de manière systématique et persistante la valeur limite annuelle pour le dioxyde d’azote depuis le 1er janvier 2010 » dans douze agglomérations. Un an plus tard, la France a fait l’objet d’une condamnation similaire par le Conseil d’Etat qui a condamné l’Etat français à une astreinte historique de 10 millions d’euros par semestre pour son inaction. Lyon fait partie des agglomérations concernées par cette condamnation.

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