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PLF 2027 : malgré l’été que nous venons de vivre, le Gouvernement continue le stop and go et les reculs sur la transition écologique

Analyse et propositions du Réseau Action Climat sur le budget 2027 qui va être présenté par Sébastien Lecornu le 30 septembre au conseil des Ministres. Un PLF très décevant pour la transition écologique.

budget 2026 environnement

Communiqué de presse – lundi 28 septembre 2026, à J-2 de la présentation du budget en Conseil des ministres

L’été que nous venons de vivre a mis en évidence la violence du dérèglement climatique. Pourtant, depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron, les différents gouvernements mènent une politique irresponsable de stop and go, à base de faux départs et renoncements. Le budget 2027 qui sera présenté ce mercredi 30 septembre en Conseil des Ministres risque fortement de s’inscrire dans cette continuité. À quelques mois de la fin du quinquennat, le gouvernement de Sébastien Lecornu doit faire un choix : augmenter la dette climatique ou enfin financer les solutions qui permettent de la réduire.

Rénovation, transports, énergie, agriculture durable, adaptation : une trajectoire du “stop and go” depuis plusieurs PLF 

C’est une trajectoire que le Réseau Action Climat dénonce depuis plusieurs années : des annonces suivies de coupes, sans jamais donner aux politiques publiques les moyens de s’inscrire dans la durée. Depuis 2023, le scénario est malheureusement connu : le Gouvernement annonce la planification écologique, puis réduit le budget du Fonds vert moins de deux ans après sa création ; il promet d’accélérer la rénovation des bâtiments avant de diminuer les moyens de MaPrimeRenov ; il affiche ses ambitions pour les mobilités durables avec un grand plan d’électrification tout en fragilisant les financements du vélo et du ferroviaire. 

En rabotant le plan d’urgence pour l’adaptation des écoles au réchauffement climatique de 40 millions quelques semaines à peine après l’avoir annoncé, le premier ministre montre qu’il n’a pas compris l’urgence de rénover les bâtiments face aux fortes chaleurs.

En envisageant une nouvelle coupe de 30 % sur le budget de l’Ademe, Sébastien Lecornu fragilise le principal opérateur de la transition écologique en France qui finance les projets des collectivités, des entreprises et des associations partout sur le territoire. Cette coupe fragilise également les efforts de la France pour réduire sa dépendance au pétrole et au gaz fossile importés puisqu’il met en péril les investissements dans les réseaux de chaleur.

Si le Fonds vert a cette fois-ci échappé à de nouvelles coupes, son financement prévu pour 2027 reste inférieur de moitié par rapport aux engagements de 2024. Le problème n’est donc plus seulement celui du niveau des financements, mais aussi de leur instabilité. 

La solidarité internationale sacrifiée, en contradiction avec les engagements et les discours de la France à l’international

Même constat alarmant du côté de la solidarité internationale. Le drame au Népal illustre à quel point les impacts dévastateurs du changement climatique frappent d’abord et surtout des populations qui ont pourtant une responsabilité infime dans le changement climatique.

À la tribune des sommets internationaux, la France continue de défendre l’idée que les pays historiquement les plus responsables du dérèglement climatique doivent financer l’adaptation des pays qui en subissent les conséquences. Pourtant, en coulisses, elle raye les crédits budgétaires qui lui permettent de tenir cet engagement : après des coupes déjà opérées depuis 2024, 300 millions d’euros supplémentaires pourraient être retirés à l’Aide Publique au Développement dans le PLF 2027, portant à près de moitié la baisse des crédits de la mission en trois ans. A la clé, des impacts directs sur des projets permettant de soutenir l’adaptation, la prévention des catastrophes, l’accès à l’eau et la sécurité alimentaire des pays les plus vulnérables.

La crise climatique ne fonctionne pas en stop and go, le coût de l’inaction augmente toujours plus

Réduire encore les financements consacrés à la solidarité internationale et les moyens de la transition écologique – et se priver de créer de nouvelles recettes fiscales prélevées sur les plus gros pollueurs (par exemple, la taxation des profits des entreprises pétro-gazières, l’ISF climatique, la fiscalité sur le transport aérien, etc) – c’est nous condamner à payer demain beaucoup plus cher ce que le gouvernement refuse de financer aujourd’hui. 

Une politique publique ne peut produire des résultats lorsqu’elle fonctionne au gré des arbitrages budgétaires annuels. Le climat, lui, ne fonctionne pas en stop and go. C’est pourquoi il est indispensable de planifier et mobiliser les investissements et financements publics à moyen et long termes, via une loi de programmation pluriannuelle des financements de la transition écologique et juste.

“Depuis plusieurs années, on assiste au détricotage du financement de la transition écologique en totale contradiction avec les catastrophes climatiques que nous avons connues. Si le budget pour 2027 ne corrige pas le tir, ce quinquennat restera dans les mémoires comme celui des reculs sur la protection de l’environnement, et de l’incapacité à nous prémunir de la crise climatique quand il était encore temps.” Emeline Notari, Responsable Financements de la Transition Écologique au Réseau Action Climat

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