Mais où est passé le plan de lutte contre la pollution de l’air promis pour mi-juin ?

La France étant renvoyée devant la cour de justice de l'UE, des mesures concrètes pour lutter contre la pollution de l'air liée aux transports étaient annoncées par le gouvernement pour mi-juin. Or, ce mercredi 20 juin, le suspense reste entier.

La France étant renvoyée devant la cour de justice de l’UE, des mesures concrètes pour lutter contre la pollution de l’air liée aux transports étaient annoncées par le gouvernement pour mi-juin. Or, ce mercredi 20 juin et alors que le projet de Loi d’orientation des mobilités est dans la dernière ligne d’arbitrages, le suspense reste entier. Face à l’urgence, les ONG lancent un appel au gouvernement afin qu’il engage les transformations nécessaires pour faire face aux fléaux de la pollution de l’air et du changement climatique. Inscrites dans les conclusions des assises de la mobilité au second semestre 2017, ces mesures ne sont pas nouvelles et n’attendent que le feu vert de Matignon pour être concrétisées et honorer la promesse du Président de la république de donner la priorité aux transports du quotidien, de combattre la pollution de l’air et d’accélérer la lutte contre les changements climatiques.

Des mesures structurelles pour lutter contre la pollution chronique sont attendues

1- Un plan d’investissement dans les transports les moins polluants

Les attentes des citoyens pour changer de mobilité sont fortes : le gouvernement doit annoncer un plan d’investissement qui inclut 1 milliard d’euros pour les transports en commun et la mobilité durable en milieu peu dense, 3 milliards d’euros par an pour le train, 200 millions d’euros par an pour co-financer les projets d’aménagements cyclables des collectivités territoriales.

Ce plan d’investissement pour les transports du quotidien est rendu possible par de nouvelles sources de financement :

  • Les économies permises par l’abandon des projets d’infrastructures du passé comme les projets autoroutiers à Rouen, Strasbourg, entre Lyon et Saint-Etienne, etc.
  • La fin progressive et concertée des exonérations fiscales dont bénéficient les secteurs dépendants des énergies fossiles comme les transports routier et aérien;
  • L’augmentation prévue de la TICPE et de la contribution carbone.

2- Les incitations au changement de comportement doivent être renforcées

L’indemnité kilométrique vélo accessible pour tous et le bonus à l’achat d’un VAE, sont deux pré-requis, qui ont déjà prouvé leur efficacité. La prime à la conversion doit évoluer en « prime à la mobilité », afin de permettre aux ménages d’abandonner un vieux véhicule et de changer ses pratiques pour adhérer à un service de partage de véhicules, adopter le vélo électrique, ou renouer avec les transports en commun. Ces alternatives sont la condition pour une transition juste.

3- Programmer la fin du diesel et de l’essence en ville

En parallèle, l’interdiction progressive des véhicules diesel et essence dans des zones à faibles émissions dans les villes les plus polluées est nécessaire pour protéger la santé publique, de même que la réduction du niveau de pollution des véhicules liés au dieselgate et la mise à contribution des constructeurs automobiles. Ces derniers sont largement responsables des dépassements des niveaux de pollution au dioxyde d’azote pour lesquels la France est poursuivie devant la Cour de justice de l’UE.

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