Pollution de l’air : Stop aux statues quo

Alors que le gouvernement doit remettre aujourd’hui, avec les collectivités territoriales concernées, les feuilles de route pour la qualité de l’air à la Commission européenne, des actions citoyennes ont eu lieu simultanément dans les zones pointées du doigt par l’Europe pour leur pollution de l’air.

À travers ces actions symboliques, les citoyens et les associations ont appelé les élus à la mise en œuvre rapide et concrète de mesures efficaces dans les transports pour diminuer radicalement les niveaux de pollution qui menacent la santé de leurs habitants.

Statues masquées contre la pollution de l’air

Ce matin, des citoyens membres d’associations (France Nature Environnement, Alternatiba-ANV 21, Greenpeace…) et de collectifs citoyens (Respir’action, Strasbourg Respire, etc.) ont affublé de masques antipollution les statues emblématiques de leurs villes respectives dans les zones concernées par les feuilles de route pour la qualité de l’air, afin de revendiquer le droit de tous à respirer un air sain. Des actions ont eu lieu dans une dizaine de villes, avec notamment plus de 120 statues masquées à Paris.

  • Chamonix, dans la vallée de l’Arve, région Auvergne Rhône Alpes
  • Sallanches dans la vallée de l’Arve, région Auvergne Rhône Alpes
  • La-Roche-Sur-Foron dans la vallée de l’Arve, région Auvergne Rhône Alpes
  • Paris, région Ile-de-France,
  • Marseille, Bouches-du-Rhône, région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
  • Toulon, Var, région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
  • Nice, Alpes Maritimes, région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
  • Grenoble, Isère, région Auvergne Rhône Alpes
  • Strasbourg, Bas-Rhin, région Grand Est
  • Montpellier, Hérault, région Occitanie
  • Toulouse, Haute-Garonne, région Occitanie

Par sa décision du 12 juillet 2017, le Conseil d’État a enjoint le gouvernement français de « prendre toutes les mesures nécessaires pour ramener les concentrations en dioxyde d’azote (NO2) et en particules fines PM10 sous les valeurs limites » dans les zones où ont été observés des dépassements de seuils en 2015. Les nouvelles feuilles de route sur la qualité de l’air permettant d’atteindre cet objectif dans les zones concernées sont attendues pour le 31 mars. Le flou persiste quant aux nouvelles mesures et aux budgets affectées à ces actions qui témoigneraient d’une décision politique affirmée de faire primer la santé sur le statut quo.

Les collectivités locales doivent urgemment libérer les villes des fossiles

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Vers la fin de l’essence et du diesel en ville ?

Situés en zone dense et ayant pris du retard dans la mise en œuvre d’une politique de transports plus écologiques, ces territoires figurent parmi les zones les plus polluées de France.  Les solutions pourtant existent pour mettre les politiques de transports et de mobilité au service de la santé de tous et de la lutte contre les changements climatiques.

Ces enjeux doivent désormais être hissés au rang de priorité pour les élus locaux.

Parmi les décisions attendues par les citoyens et les associations pour convaincre la Commission européenne de l’efficacité des nouveaux plans d’actions, les collectivités territoriales devraient abandonner les nouveaux projets routiers et déployer les financements nécessaires au développement des solutions de transports plus écologiques comme le vélo et les transports en commun. De plus, les véhicules diesel puis essence devraient être interdits de circulation dans des « zones à très faibles émissions » situées dans toutes les agglomérations polluées, d’ici à 2025, pour protéger la population.

Le gouvernement doit rectifier le tir avec la future loi sur les transports

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Au niveau national, les ONG attendent également du gouvernement qu’il mette en cohérence, à travers la future loi sur les mobilités, les choix d’infrastructures de transports avec les objectifs de qualité de l’air en privilégiant les transports en commun et la création d’un fonds vélo (200 millions d’euros par an). La fiscalité des transports doit également être réformée en faisant appliquer le principe pollueur-payeur, notamment dans le transport de marchandises, avec la suppression de l’avantage fiscal du gazole routier. La fiscalité écologique permettra de financer ces investissements ainsi que les incitations au changement de comportement comme l’indemnité kilométrique vélo pour tous et le bonus à l’achat de vélos à assistance électrique.

La Commission européenne doit prendre d’ici la fin du mois d’avril sa décision sur d’éventuelles poursuites de la France devant la Cour de justice européenne en conséquence du non-respect des directives européennes sur la pollution de l’air.

Le gouvernement et les collectivités territoriales préféreront-ils investir dans les solutions de transports plus écologiques plutôt que de prendre le risque de lourdes amendes ? Il en va de la santé de la population !

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