Le projet de loi agriculture et alimentation ferme les yeux sur l’urgence climatique

Le projet de loi visant une alimentation plus saine, sûre et durable sera voté en première lecture à l’Assemblée Nationale ce mercredi 30 mai 2018.

Le projet de loi visant une alimentation plus saine, sûre et durable sera voté en première lecture à l’Assemblée Nationale ce mercredi 30 mai 2018. Ce texte était l’occasion d’inscrire dans le marbre des mesures permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre issues de l’agriculture et l’alimentation (plus de 20 % des émissions totales en France). En dépit des engagements d’Emmanuel Macron sur le sujet, le Réseau Action Climat déplore que Stéphane Travert et les députés aient fait le choix d’ignorer l’urgence climatique et en appelle aux sénateurs pour qu’ils corrigent le tir.

Le Plan Climat présenté par le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire en 2017 a promis d’engager la transformation de nos systèmes agricoles pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. L’élevage, l’utilisation d‘engrais, la dégradation des sols et la consommation d’énergie sont les principales causes de ces émissions. Or ces sujets sont absents ou quasi absents du projet de loi.

Par exemple, l’obligation de repas végétariens dans les cantines n’a pas été inscrite dans le texte. Les parlementaires n’ont pas fait le lien entre le climat et la consommation de protéines animales. Ils se rattachent à une image passéiste des protéines. C’est une révolution culturelle que la majorité n’a pas réussi à impulser. Il en est de même pour l’utilisation plus optimale des engrais azotés, qui n’a pas été débattue en séance publique. Pourtant, l’élevage et la fertilisation azotée des sols participent à la quasi-totalité des émissions de gaz à effet de serre agricoles et alimentaires en France.

Contact :

Caroline Faraldo, Réseau Action Climat, +33 (0)6 49 49 59 26

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