G7 : Qui fait quoi pour le climat ?

Le Réseau Action Climat a comparé les actions des membres du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni + Union européenne) en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Le bilan n'est pas brillant.

Les pays du G7 se réunissent à Biarritz du 24 au 26 août. Au delà des grands discours, où en sont les pays membres du G7 en matière de politiques climatiques ? Notre comparatif.

Les membres du G7 sont-ils ambitieux ?

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Le détail, pays par pays

Allemagne

L’Allemagne, en tant qu’État membre de l’Union européenne, doit contribuer à réduire les émissions de l’Union de 40 % d’ici à 2030, par rapport à 1990. C’est largement insuffisant par rapport à la juste part de l’Union (entre -57 % et -65 % selon le CAN Europe). L’Allemagne soutient l’adoption d’un objectif de neutralité carbone au niveau de l’Union européenne d’ici à 2050, mais ne s’est jamais prononcée pour la relève des objectifs climatiques européens pour 2030. Elle discute la possibilité d’inscrire un objectif de neutralité carbone dans sa loi, d’ici à 2050, malgré des oppositions au sein du gouvernement. En janvier 2019, l’Allemagne a adopté un objectif de sortie du charbon à l’horizon 2035-2038. Il est insuffisant pour être compatible avec une trajectoire compatible avec l’objectif de 1,5°C mais sera revu régulièrement. L’Allemagne doit également adopter les mesures adéquates pour atteindre ses objectifs dans les énergies renouvelables et les amplifier dans les secteurs des transports et du bâtiment.

Canada

Le Canada s’est engagé à réduire ses émissions de 30 % en 2030, par rapport à 2005. C’est insuffisant pour être compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris et l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Le Canada a annoncé vouloir rehausser son ambition d’ici à 2020, sans préciser comment il compte concrétiser cette promesse. Le Canada a soumis une première version de sa stratégie de long terme, incluant des scénarios qui réduiraient les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 80 % d’ici à 2050 (par rapport à 2005). Il ne dispose donc pas d’un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050, même s’il est membre de la coalition sur la neutralité carbone. L’application des cadres pancanadien sur la croissance verte et le climat, le mise en place d’un prix du carbone couvrant l’ensemble du territoire et le plan de sortie du charbon d’ici à 2030 restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés par le Canada, et ceux de l’Accord de Paris. Malgré des évolutions dans les transports (fin de vente des véhicules thermiques d’ici à 2040), l’expansion de l’industrie pétrolière et gazière restent hautement problématiques. Le climat sera un sujet clé des élections prévues en octobre 2019, ce qui pourrait rabattre les cartes.

États-Unis
Les Etats-Unis ont annoncé leur retrait de l’Accord de Paris en 2016 et ne respectent donc aucun des objectifs – déjà insuffisants – qu’ils s’étaient fixés à la COP21. Les Etats-Unis en cours de retrait de l’Accord de Paris, ne comptent pas relever leurs objectifs climatiques. Les Etats-Unis avaient élaboré une stratégie de long terme sous l’administration Obama, mais elle n’est pas respectée par Donald Trump et son gouvernement. Le gouvernement de Donald Trump a reculé sur les principales politiques et mesures qui permettait de réduire les émissions, comme le Clean Power Plan, les normes d’efficacités énergétiques des véhicules … Les engagements des États et villes américaines pourraient cependant compenser ces décisions.

France

La France, en tant qu’État membre de l’Union européenne, doit contribuer à réduire les émissions de l’Union de 40 % d’ici à 2030, par rapport à 1990. C’est largement insuffisant par rapport à la juste part de l’Union (entre -57 % et -65 % selon le CAN Europe). La France soutient une relève de des objectifs climatiques de l’Union européenne pour 2030, sans soutenir de chiffre précis. La France a inscrit l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 dans sa loi énergie climat en juin 2019. Elle soutient l’adoption d’un objectif de neutralité carbone au niveau de l’Union européenne. Les politiques et mesures appliquées par la France sont insuffisantes pour atteindre les budgets carbone définis. En 2016, la France a dépassé son budget carbone de 6,7 %. C’est dans le secteur des transports et des bâtiments que la France est le plus en retard, ainsi qu’en ce qui concerne le déploiement des énergies renouvelables.

Italie
L’Italie, en tant qu’État membre de l’Union européenne, doit contribuer à réduire les émissions de l’Union de 40 % d’ici à 2030, par rapport à 1990. C’est largement insuffisant par rapport à la juste part de l’Union (entre -57 % et -65 % selon le CAN Europe). L’Italie soutient la relève des objectifs climatiques européens pour 2030, sans soutenir de chiffre précis. L’Italie n’a pas encore élaboré de stratégie de long terme (mais a commencé ce processus) et n’a pas adopté d’objectif de neutralité carbone au niveau national. Cependant, elle soutient l’adoption d’un objectif de neutralité carbone au niveau de l’Union européenne. Les cadres politiques italiens restent insuffisants, malgré l’adoption en 2017 d’une stratégie nationale sur l’énergie qui vise à augmenter la part des énergies renouvelables et à sortir du charbon d’ici à 2025, mais à augmenter la consommation de gaz fossile . L’absence d’objectif de long terme rend plus difficile la mise en œuvre des politiques et mesures.

Japon

Le Japon a pris l’engagement de réduire ses émissions de 26 % d’ici à 2030, par rapport à 2013. Cet objectif est complètement incompatible avec les objectifs de l’Accord de Paris. À ce jour, le Japon n’a pas annoncé son intention de relever son ambition climatique d’ici à 2020. Le Japon a élaboré une stratégie de long terme qui prévoit une réduction de ses émissions de 80 % d’ici à 2050, mais cette stratégie inclut de nombreuses fausses solutions comme le CCS/CCU et le nucléaire. Le Japon a adopté un plan d’énergie en 2018, ne faisant que réitérer des objectifs de déploiement des énergies renouvelables déjà actés, et tout juste suffisant pour atteindre des objectifs climatiques eux même incompatibles avec l’Accord de Paris. De plus, les nombreux projets de constructions de centrale à charbon toujours en considération représentent un danger majeur pour limiter le réchauffement à 1,5°C.

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni, en tant qu’État membre de l’Union européenne, doit contribuer à réduire les émissions de l’Union de 40 % d’ici à 2030, par rapport à 1990. C’est largement insuffisant par rapport à sa juste part (entre -57 % et -65 % selon le CAN Europe). Le Royaume-Uni soutient une relève des objectifs climatiques de l’Union européenne d’ici à 2020, sans soutenir de chiffre précis. Le Royaume-Uni a inclus un objectif de réduction de ses émissions nettes de 100 % dans sa loi en juin 2019. Les mesures politiques mises en place au Royaume-Uni ne sont pas suffisantes pour atteindre ses objectifs. Pour atteindre son objectif de neutralité carbone, le Royaume-Uni devrait réduire annuellement ses émissions de 3 %. Pourtant, en 2018, elles n’ont baissé que de 2,3 % et en moyenne depuis 1990, les réductions d’émissions ont été 30 % en deçà de cet objectif. Ce sont dans les secteurs de l’agriculture, des transports et des bâtiments qui sont les plus en retard.

Union européenne

L’Union européenne, s’est engagée à réduire les émissions de l’Union de 40 % d’ici à 2030, par rapport à 1990. C’est largement insuffisant par rapport à sa juste part (entre -57 % et -65 % selon le CAN Europe). La nouvelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a indiqué vouloir réviser la NDC européenne, avec un niveau d’ambition qui reste à préciser, entre -50 % et – 55%. La Commission européenne soutient l’adoption d’un objectif zéro émission nette d’ici à 2050, mais les pays membres, bloqués par la République Tchèque, l’Estonie, la Hongrie et la Pologne ne l’ont pas encore approuvé. Les législations adoptées en 2018 par l’Union européenne en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique devraient lui permettre de réduire ses émissions de 48 % d’ici à 2030 et donc de dépasser ses objectifs climatiques. De nouvelles législations (notamment sur les normes d’émissions des véhicules) devraient renforcer cette tendance. La mise en œuvre reste cependant un enjeu majeur et de nombreux dossiers restent ouverts (réforme de la PAC, budget européen, etc.).

Nos sources (tableau 1)

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·       Climate Action Tracker, USA profile, https://climateactiontracker.org/countries/usa/

·       Climate Action Tracker, Canada profile, https://climateactiontracker.org/countries/canada/

·       Climate Action Tracker, European Union profile, https://climateactiontracker.org/countries/eu/

·       Climate Action Tracker, Japan profile, https://climateactiontracker.org/countries/japan/

·       Climate Home News, « Which countries have a net zero carbon goal », 14 June 2019, https://www.climatechangenews.com/2019/06/14/countries-net-zero-climate-goal/

·       UNFCCC, Communication of long-term strategies, https://unfccc.int/process/the-paris-agreement/long-term-strategies

·        Haut Conseil pour le Climat, « Rapport annuel Neutralité Carbone Juin 2019, Agir en cohérence avec les ambitions », Juin 2019, https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2019/06/hcc_rapport_annuel_2019.pdf

·       Committee on Climate Change, « Reducing UK emissions, 2019 Progress Report to Parliament », July 2019, www.theccc.org.uk/publications

·       Climate Transparency, « Brown to Green: The G20 Transition to a Low-Carbon Economy », 2018. Climate Transparency, c/o Humboldt-Viadrina Governance Platform, Berlin, Germany

·       Burck, Jan; Hagen, Ursula; Marten, Franziska; Höhne, Niklas; Bals, Christoph (2018). The Climate Change Performance Index: Results 2019. Germanwatch, Bonn, https://www.climate-change-performance-index.org/sites/default/files/documents/ccpi2019_results.pdf

Quelles réponses financières à la crise climatique ?

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Nos sources (tableau 2)

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·       World Resources Institute, « Green Climate Fund Contributions Calculator 2.0 », June 2019, https://www.wri.org/resources/data-visualizations/green-climate-fund-contributions-calculator-20

·       ODI, NRDC, IISD, OCI. « G7 fossil fuel subsidy scorecard Tracking the phase-out of fiscal support and public finance for oil, gas and coal ». Shelagh Whitley, Han Chen, Alex Doukas, Ipek Gençsü, Ivetta Gerasimchuk, Yanick Touchette and Leah Worrall. June 2018. https://www.odi.org/sites/odi.org.uk/files/resource-documents/12222.pdf

·       Oil Change International, Friends of the Earth U.S., Sierra Club, WWF Europe, « Talk is Cheap: How G20 Governments are Financing Climate Disaster », july 5, 2017 : http://priceofoil.org/content/uploads/2017/07/talk_is_cheap_G20_report_July2017.pdf

·       OECD (2019), Infrastructure investment (indicator). doi: 10.1787/b06ce3ad-en (Accessed on 13 August 2019)

La transition est-elle juste et inclusive ?

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Nos sources (tableau 3)

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.     Climate Transparency, « Brown to Green: The G20 Transition to a Low-Carbon Economy », 2018. Climate Transparency, c/o Humboldt-Viadrina Governance Platform, Berlin, Germany
.     CARE, Briefing : « Monitoring the G7 support for adaptation and gender equality ». July 2019 update. Update from CARE, 2018: « Punching below their weight: Monitoring the G7 support for adaptation and gender equality ». https://careclimatechange.org/punching-below-their-weight-monitoring-the-g7-support-for-adaptation-and-gender-equality/

Les forêts et les océans sont-ils protégés ?

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Nos sources (tableau 4)

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·       Gütschow, J.; Jeffery, L.; Gieseke, R.; Gebel, R. (2018): “The PRIMAP-hist national historical emissions time series (1850- 2015)”. V. 1.2. GFZ Data Services, https://doi. org/10.5880/PIK.2018.003

·       UNEP-WCMC (2019). Protected Area Profile for Germany, Canada, USA, France, Italy, Japan, UK, European Union from the World Database of Protected Areas, August 2019. Available at: www.protectedplanet.net

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