Été 2026 : un bilan qui confirme la baisse structurelle du tourisme domestique
Selon les premiers chiffres présentés par le gouvernement, l’été 2026 confirme la baisse structurelle du tourisme interne, associée à un essor du tourisme international. Le Réseau Action Climat appelle à changer de cap, en développant les séjours des touristes français et européens plutôt que ceux des touristes lointains.

Ce mardi 15 septembre, le ministre du Tourisme, Serge Papin, a présenté le bilan touristique de la saison estivale française, marquée notamment par une aggravation des conséquences du réchauffement climatique (méga-feux, canicules, sécheresse). Ces résultats, partiels et partiaux1, confirment deux tendances observées ces dernières années :
- Une chute du tourisme interne, qui semble désormais structurelle. En juillet-août 2026, le taux de départ en France des résidents français a fortement reculé (-5 points par rapport à 2025, à 59 %), confirmant l’effondrement des départs estivaux observé depuis 2019 (- 20 % de nuitées en août entre 2019 et 2025 selon l’Insee, le chiffre 2026 n’est pas encore public). Le taux de Français qui partent à l’étranger continue lui d’augmenter (+4 points, à 34 %).
- Une hausse des recettes touristiques internationales, en lien avec une stratégie d’attractivité auprès de clientèles “premium”. Les données communiquées ne permettent pas de savoir si cette hausse du tourisme international compense la baisse du tourisme interne, ni quels sont les gagnants et les perdants de cette substitution.
Selon Alexis Chailloux, responsable transports au Réseau Action Climat :
“Ces premiers chiffres confirment que le succès de la France à l’international s’accompagne d’un effondrement du tourisme interne et d’un essor des départs des Français à l’étranger. La montée en gamme de l’offre touristique, pensée d’abord pour les touristes internationaux, se fait au détriment des touristes français les moins fortunés. Il est temps que le gouvernement change de stratégie, en priorisant les séjours des clientèles domestiques et européennes, afin de préserver le climat et les vacances des Français.”
La semaine dernière, le Réseau Action Climat a publié un nouveau rapport intitulé “Trop de touristes en France ? L’impasse de la stratégie touristique française”, qui documente les principaux effets pervers de la stratégie d’attractivité de la France à l’international : explosion des émissions de gaz à effet de serre, éviction des clientèles françaises de l’offre touristique hexagonale, inégalités territoriales des retombées économiques du tourisme extra-européen.
1 La stabilité du taux de départ en vacances des résidents français sur la période juin-septembre (72 %) est trompeuse. La baisse du taux de départ en vacances sur les mois de juillet-août (-5 points à 59 %), deux mois qui concentrent ⅓ des nuitées du tourisme domestique en raison de séjours longs, laisse penser que le nombre total de nuitées sera en baisse sur la période juin-septembre 2026. Le nombre de nuitées (domestiques et internationales) est absent de ce premier bilan, rendant impossible la vérification de cette hypothèse. Par ailleurs, aucune information n’est communiquée sur la consommation touristique interne (les dépenses des résidents français en France), alors qu’une projection est réalisée pour les clientèles internationales, nouveau signe de la priorité donnée au tourisme international.
Contact presse
Vincent Brossel
06 74 95 87 11
vincent.brossel@reseauactionclimat.org
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