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Elections Régionales : Mais où est le climat ?

Le Réseau Action Climat a réalisé un décryptage des programmes des principaux candidats aux élections régionales au prisme des actions prévues pour lutter contre le changement climatique et pour la justice sociale.

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Cette analyse a pour objectif de donner des clés pour comprendre les programmes des candidats à un moment charnière pour le climat. En s’appuyant sur 15 mesures prioritaires, le Réseau Action Climat propose une analyse des engagements pris par les candidats dans les 13 Régions de France métropolitaine.

Dans une période de crise sanitaire, économique et sociale, les préoccupations écologiques restent prioritaires pour les électeurs. Ainsi, pour 80% des Français le climat est un facteur de vote important dans le cadre des élections régionales qui se tiendront les 20 et 27 juin prochains. Les Régions ont réellement les moyens pour agir et améliorer le quotidien des citoyens, via des actions sur les transports durables, l’agriculture écologique, la rénovation des bâtiments ou encore la formation et l’appui aux entreprises. Toutefois, au-delà des discours, les ambitions des programmes sur le climat ne se valent pas.

Analyse de l’ambition climatiques des programmes : quelles conclusions globales ?

D‘après l’analyse des programmes des 4 principales listes des régions métropolitaines, seules 7 listes se détachent et reprennent le socle de mesures incontournables. A l’inverse, la très grande majorité des listes, soit  23 candidats, sont en queue de peloton et n’ont pas intégré l’enjeu climatique. Entre les deux, 16 listes au total, tentent de verdir leur programmes en soutenant les propositions mais de manière imparfaite ou faible. Les candidats identifient l’enjeu de la transition écologique au niveau régional mais manquent clairement d’ambition et de précision dans de nombreux domaines. Enfin, à quelques jours du 1er tour, nous notons que 6 candidats n’ont toujours pas de site de campagne ou de programme disponible qui pourrait permettre aux électeurs et électrices de se forger un avis éclairé.

Focus sur les 13 Régions

Auvergne-Rhône-Alpes

Les priorités en Région Auvergne-Rhône-Alpes d’après le Réseau Action Climat

  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du premier secteur émetteur de gaz à effet de serre régional, mais aussi pour faire face à un enjeu de désenclavement territorial afin de mailler l’entièreté de la Région. Les candidats doivent ainsi s’engager à moderniser le réseau ferroviaire, développer et rouvrir des lignes pour offrir aux territoires une alternative à la voiture. 
  • accompagner les emplois vers la transition, via par exemple le soutien financier aux entreprises ou encore la formation professionnelle, notamment pour le secteur industriel qui représente actuellement 500 000 emplois et qui doit anticiper dès maintenant les mutations à venir. 

D’importants écarts entre les candidats sur les mesures structurantes à mettre en œuvre pour le climat 

Sur les trois programmes publics à 10 jours des régionales parmi les 4 candidats en tête dans les sondages, celui de Fabienne Grébert (EELV) se distingue largement sur l’enjeu climatique : il tient compte des mesures incontournables à mettre en œuvre pour les transports durables, mais aussi pour l’agriculture et l’alimentation et les questions énergétiques. A l’inverse, Bruno Bonnell (LREM-Modem) présente un programme lacunaire et peu ambitieux, hormis sur le soutien au ferroviaire et ne propose rien concernant la rénovation des bâtiments, la conversion des emplois et la formation ou encore les énergies renouvelables. Quant à Laurent Wauquiez (LR), il ne tient tout simplement pas compte du climat, puisque seul le ferroviaire est traité dans son programme et qu’il ne reprend aucune des autres mesures et soutient même un moratoire sur l’éolien, ce qui va à l’encontre des enjeux de transition comme l’a rappelé RTE. Enfin, l’absence de programme sur le site internet d’Andréa Kotarac (RN) à quelques jours des élections permet encore moins aux citoyens de connaître ses propositions. 

auvergne

Bourgogne-Franche-Comté

Les priorités en Région Bourgogne-Franche-Comté d’après le Réseau Action Climat

  • soutenir le développement d‘une agriculture durable sur l’ensemble du territoire. Second secteur émetteur de gaz à effet de serre pour la Région, l’agriculture est aussi un enjeu économique et social puisque de nombreux emplois et foyers en dépendent. Adapter ce secteur aux crises climatiques de demain doit être une priorité. La Région doit soutenir les pratiques agricoles et les élevages durables, tout en favorisant une alimentation plus végétarienne, biologique et locale. 
  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du premier secteur émetteur de gaz à effet de serre régional, mais aussi pour faire face à un enjeu de désenclavement territorial afin de mailler l’entièreté de la Région, qui est la première région rurale de France. Les candidats doivent ainsi s’engager à moderniser le réseau ferroviaire, développer et rouvrir des lignes pour offrir aux territoires une alternative à la voiture. 

Un manque d’ambition global pour le climat et des écarts entre les candidats 

Si en effet Marie-Guite Dufay (PS-PCF) porte des mesures intéressantes pour l’intermodalité mais aussi pour le fret et la livraison plus durables ou encore la relance écologique et l’accompagnement à la formation pour la transition, son programme reste très flou et insuffisant sur de nombreuses thématiques (alimentation durable, rénovation des bâtiments ou encore réduction des déchets), voire ne parle pas d’agroécologie ni d’élevage durable. De même, Denis Thuriot (LREM) propose des actions intéressantes pour le ferroviaire et la rénovation mais est loin d’être suffisant sur les questions agricoles et alimentaires, ou encore sur la formation et la reconversion des emplois. Gilles Platret (LR) et Julien Odoul (RN) n’ont eux pas pris conscience de l’urgence climatique puisque leurs programmes ne mentionnent aucune de nos mesures incontournables, et vont même dans le sens inverse de la transition en soutenant tous les deux un moratoire sur l’implantation d’éoliennes dans la Région. 

bourgogne

Bretagne

Les priorités en Région Bretagne pour le Réseau Action Climat

  • développer une agriculture durable. Premier secteur émetteur de gaz à effet de serre de la Région (49%), du fait de la prédominance de l’élevage, l’agriculture est aussi un enjeu économique et social puisque de nombreux emplois et foyers en dépendent. Adapter ce secteur aux crises climatiques et faire face aux enjeux de santé et de biodiversité dus aux pollutions,liées aux méthodes intensives, doit être une priorité. La Région doit mener des politiques volontaristes en faveur de l’élevage extensif et de l’agroécologie pour réussir une mutation en profondeur du système de production agricole, tout en favorisant une alimentation plus végétarienne, biologique et locale.
  • soutenir le développement des énergies renouvelables, notamment citoyennes sur le territoire. La consommation énergétique, notamment d’origine fossile, de la Région est supérieure aux normes européennes. Le potentiel de développement des énergies renouvelables est important, en particulier l’éolien terrestre et maritime. La Région doit donc conduire une politique ambitieuse de soutien financier et technique aux projets d’énergies renouvelables.

Un manque d’ambition global pour le climat et des écarts entre les candidats 

Si le programme de Loïg Chesnais-Girard (PS) propose des mesures intéressantes sur les transports durables et les énergies renouvelables, son programme reste très flou et insuffisant sur les questions agricoles et alimentaires ou encore sur la conversion des emplois et des formations. Quant à Thierry Burlot (LREM-Modem) et Isabelle Le Callennec (LR), ils ne tiennent tout simplement pas compte de l’enjeu climatique, puisque nos mesures incontournables sont complètement absentes de leurs programmes. Enfin, l’absence de site internet et donc de programme accessible pour Gilles Pennelle (RN) à quelques jours des élections permet encore moins aux citoyens de connaître ses propositions. 

bretagne

Centre-Val de Loire

Les priorités en Région Centre-Val de Loire d’après le Réseau Action Climat

  • soutenir le développement d‘une agriculture durable. Premier secteur émetteur des gaz à effet de serre pour la Région, l’agriculture est aussi un enjeu économique et social puisque de nombreux emplois et foyers en dépendent. Adapter ce secteur aux crises climatiques et économiques de demain doit être une priorité. La Région se doit de soutenir les pratiques agricoles et les élevages durables, tout en favorisant une alimentation plus végétarienne, biologique et locale. 
  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du second secteur émetteur de gaz à effet de serre régional, mais aussi pour faire face à un enjeu économique et d’aménagement du territoire. Le développement de projets logistiques et d’entrepôts ainsi que le fort maillage autoroutier sont attractifs. Les candidats doivent s’engager à moderniser le réseau ferroviaire, développer et rouvrir des lignes pour offrir aux territoires une alternative à la voiture et au fret routier. 

Un manque d’ambition global pour le climat et des écarts entre les candidats 

Si le programme de François Bonneau (PS-PCF) propose des mesures intéressantes sur les transports durables et l’agroécologie, son programme manque de précision pour les questions de relance verte et d’accompagnement à la conversion des entreprises et ne comporte rien sur le développement des énergies renouvelables ou concernant l’adaptation au dérèglement climatique. De la même manière, si Marc Fesneau (LREM-Modem) soutient le ferroviaire, il reste lacunaire et flou sur de nombreuses thématiques concernant l’agriculture et l’alimentation durables, la rénovation des bâtiments ou encore la réduction des déchets, et privilégie un mix énergétique essentiellement basé sur le nucléaire par rapport au 100% renouvelable. Quant à Aleksandar Nikolic (RN) et Nicolas Forissier (LR), ils ne tiennent tout simplement pas compte de l’enjeu climatique, puisque nos mesures incontournables sont complètement absentes de leurs programmes et que tous deux soutiennent des projets climaticides comme le soutien aux aéroports et un moratoire sur l’éolien. 

centre

Corse

Les priorités en Région Corse d’après le Réseau Action Climat

  • accompagner les emplois vers la transition, via par exemple le soutien financier aux entreprises ou encore la formation professionnelle, notamment pour le secteur du tourisme. Cela nécessite un soutien de la Région aux pratiques durables, comme le vélo-tourisme et les événements responsables, tout en protégeant la biodiversité du territoire. 
  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du premier secteur émetteur de gaz à effet de serre régional, mais aussi pour faire face à un enjeu d’accessibilité et de maillage du territoire. Les candidats doivent ainsi s’engager à favoriser l’intermodalité et rendre les transports durables plus accessibles. 

Un manque d’ambition global pour le climat et des écarts entre les candidats 

Si le programme de Laurent Marcangeli (LR) propose des mesures intéressantes pour une agriculture et une alimentation durables, son programme manque de précision pour les questions d’accompagnement à la conversion des entreprises et pour les formations de la transition et est absent pour soutenir l’intermodalité. A l’inverse, Jean-Charles Orsucci (LREM) ne tient tout simplement pas compte de l’enjeu climatique, puisque nos mesures incontournables sont absentes de son programme, hormis sur la réduction des déchets. Il soutient même des projets climaticides comme le développement de routes régionales. De la même manière, Gilles Simeoni (Pè a Corsica) propose un programme loin d’être ambitieux car lacunaire et manquant de précision : si le volet de rénovation des bâtiments est intéressant, rien n’est dit sur le soutien aux transports durables, à la formation et à la sensibilisation aux enjeux environnementaux, ou encore pour l’adaptation de l’île aux enjeux climatiques. Enfin, l’absence de programme sur le site internet pour Jean-Christophe Angelini (PNC) à quelques jours des élections permet encore moins aux citoyens de connaître ses propositions. 

corse

Grand Est

Les priorités en Région Grand Est d’après le Réseau Action Climat

  • accompagner les emplois vers la transition, via par exemple le soutien financier aux entreprises ou encore la formation professionnelle, notamment pour le secteur industriel qui est le second secteur émetteur de gaz à effet de serre. Troisième Région industrielle de France, Grand Est doit anticiper les futures mutations nécessaires pour faire face à l’urgence climatique et sociale. 
  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du premier secteur émetteur de gaz à effet de serre régional, mais aussi pour faire face à un enjeu d’accessibilité et de maillage du territoire. Les candidats doivent ainsi s’engager à moderniser le réseau ferroviaire, développer et rouvrir des lignes pour offrir aux territoires une alternative à la voiture. 

D’importants écarts entre les candidats sur les mesures structurantes à mettre en œuvre pour le climat 

Le programme de Eliane Romani (EELV-PS-PCF) se distingue largement sur l’enjeu climatique : il tient compte des mesures incontournables à mettre en œuvre pour les transports durables en allant même plus loin et en portant des mesures pour rendre le fret routier moins émetteur. Il porte aussi des actions pertinentes pour l’accompagnement et la formation des individus et entreprises vers la transition. A l’inverse, Brigitte Klinkert (DCV-LREM-Modem), Jean Rottner (DVD-LR) et Laurent Jacobelli (RN) ne prennent pas en compte les mesures incontournables. Brigitte Klinkert (DCV-LREM-Modem)  présente un programme partiel, qui bien que comprenant des mesures intéressantes pour le soutien au ferroviaire et quelques mesures partielles pour la rénovation, n’exprime rien sur les énergies renouvelables ou encore la réduction des déchets. De même, le programme de Jean Rottner (DVD-LR) est ainsi flou sur les transports durables et l’agriculture durable, et est vide sur toutes les questions de rénovation des bâtiments, de formations et de sensibilisation. Quant à Laurent Jacobelli (RN), il ne tient tout simplement pas compte du climat, puisque le programme est dénué de toute allusion à la transition. 

grand-est

Hauts-de-France

Les priorités en Région Hauts-de-France d’après le Réseau Action Climat

  • soutenir la rénovation massive des bâtiments, en ciblant en priorité les ménages les plus précaires. C’est en effet la 3ème Région de France avec le plus fort taux de précarité énergétique : il s’agit à la fois de réduire les factures énergétiques, d’augmenter le confort de vie et de baisser les émissions liées.  84% des habitants de la région estiment qu’il est prioritaire au cours du prochain mandat de rénover les logements notamment des ménages les plus précaires.
  • accompagner les emplois vers la transition, notamment pour le secteur industriel qui est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre. Les habitants de la Région soutiennent à plus de 80 % des mesures pour engager cette transition via un conditionnement des aides de la Région aux entreprises à des engagements pour la transition écologique, (formations des salariés (accompagnement des reconversions professionnelles…). Les candidats doivent donc se saisir de cet enjeu.

D’importants écarts entre les candidats sur les mesures structurantes à mettre en œuvre pour le climat 

Le programme de Karima Delli (EELV-PCF-LFI-PS) se distingue largement sur l’enjeu climatique : il tient compte des mesures incontournables à mettre en œuvre à la fois pour l’intermodalité, mais aussi pour la formation et l’accompagnement des entreprises dans la conversion ou encore la rénovation des bâtiments en ciblant en priorité les plus précaires. Si Laurent Pietraszewski (LREM- Modem) propose des actions intéressantes pour le soutien à l’agroécologie et pour la formation et une relance durable, son programme reste flou et insuffisant sur les questions d’alimentation durable, de rénovation et d’énergies renouvelables et est vide sur des sujets clés comme le ferroviaire ou  de réduction des déchets. A l’inverse, Xavier Bertrand (DVD-LR) ne tient pas compte du climat, complètement absent de son programme puisqu’aucune des mesures incontournables n’est reprise, voire va même à l’inverse de la transition écologique en soutenant des projets nucléaires. Enfin, l’absence de programme accessible pour Sébastien Chenu (RN) à quelques jours des élections permet encore moins aux citoyens de connaître ses propositions

hauts-de-france

Ile-de-France

Les priorités en Région Ile-de-France d’après le Réseau Action Climat

  • soutenir la rénovation massive des bâtiments, en ciblant en priorité les ménages les plus précaires. Le secteur du bâtiment est en effet le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre en Ile-de-France et 86% des habitants estiment prioritaire de rénover davantage les logements. Réduire à la fois les factures énergétiques des ménages, tout en augmentant le confort de vie et en réduisant les émissions liées, voilà l’enjeu. 
  • agir pour développer les transports durables, pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du second secteur émetteur de gaz à effet de serre régional. Pour 88% des Franciliens, la pollution de l’air doit être une priorité du prochain mandat et une très large majorité des Franciliens (68%) juge prioritaire de réduire la place de la voiture individuelle au profit du développement des transports en commun, de la marche et du vélo et attachent aussi une importance particulière au renforcement de l’accessibilité des transports en commun, via notamment une tarification en fonction des revenus. Les candidats doivent se saisir de ces enjeux phare pour la transition écologique et sociale. 

D’importants écarts entre les candidats sur les mesures structurantes à mettre en œuvre pour le climat 

Le programme de Julien Bayou (EELV) se distingue sur l’enjeu climatique en prenant en compte toutes les mesures incontournables à mettre en œuvre, à la fois pour les transports durables, mais aussi pour la formation et l’accompagnement des entreprises dans leur conversion des entreprises ou encore les rénovations énergétiques des bâtiments. En revanche, si Valérie Pécresse (DVD-LR) propose des actions intéressantes pour le ferroviaire et l’intermodalité, son programme reste flou pour une relance écologique et sociale ambitieuse ainsi que sur la formation et la sensibilisation aux enjeux climatiques. On remarque aussi l’absence de mesures prises sur les questions d’adaptation et l’accompagnement des collectivités territoriales. De même, Laurent Saint-Martin (LREM-Modem) propose un programme insuffisant, malgré des mesures pertinentes pour une relance durable. Il reste en effet très évasif sur de nombreuses questions, comme le soutien au ferroviaire, l’alimentation, la réduction des déchets ou encore la rénovation des bâtiments. Enfin, l’absence de site internet et donc de programme accessible pour Jordan Bardella (RN) à quelques jours des élections permet encore moins aux citoyens de connaître ses propositions. 

idf

Normandie

Les priorités en Région Normandie d’après le Réseau Action Climat

  • soutenir le développement d‘une agriculture durable sur l’ensemble du territoire. Second secteur émetteur de gaz à effet de serre pour la Région, l’agriculture est aussi un enjeu économique et social puisque de nombreux emplois et foyers en dépendent. Adapter ce secteur aux crises climatiques et économiques de demain doit être une priorité. La Région se doit de soutenir les pratiques agricoles et les élevages durables, tout en favorisant une alimentation plus végétarienne, biologique et locale. 
  • accompagner les emplois vers la transition, via par exemple le soutien financier aux entreprises ou encore la formation professionnelle, notamment pour le secteur industriel qui est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre de la Région

Un manque d’ambition global pour le climat et des écarts entre les candidats 

Ainsi, si le programme de Mélanie Boulanger (PS-EELV) propose des mesures intéressantes sur les transports durables et l’alimentation, son programme reste très flou et insuffisant sur les enjeux de rénovation des bâtiments et de développement des énergies renouvelables, et oublie les questions d’adaptation. Laurent Bonnaterre (LREM-Modem) propose lui aussi un programme incomplet, puisque si l’enjeu des transports durables est traité, il reste très faible sur les sujets énergétiques et de conversion des emplois et des formations, et ne propose rien pour agriculture durable. De même, si Hervé Morin (DVC-LR) reprend des propositions nécessaires pour le ferroviaire et l’agroécologie, son programme reste lacunaire sur les questions d’intermodalité mais aussi sur les enjeux liés à la relance verte et à l’accompagnement des salariés. Son programme porte aussi des propositions incompatibles avec l’urgence climatique, via un soutien aux infrastructures routières et à la construction de nouveaux EPR. Quant à Nicolas Bay (RN), il ne tient tout simplement pas compte de l’enjeu climatique, puisque nos mesures incontournables sont complètement absentes de son programme. 

normandie

Nouvelle-Aquitaine

Les priorités en Région Nouvelle-Aquitaine d’après le Réseau Action Climat

  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du premier secteur émetteur de gaz à effet de serre régional mais aussi à un enjeu de santé lié aux pollutions générées. Les candidats doivent ainsi s’engager à moderniser le réseau ferroviaire, développer et rouvrir des lignes pour offrir aux territoires une alternative à la voiture, et appuyer notamment le report du fret routier vers le ferroviaire et le fluvial.
  • soutenir le développement d‘une agriculture durable sur l’ensemble du territoire. Second secteur émetteur de gaz à effet de serre pour la Région, l’agriculture est aussi un enjeu économique et social puisque de nombreux emplois et foyers en dépendent. Adapter ce secteur aux crises climatiques et économiques doit être une priorité. La Région se doit de soutenir les pratiques agricoles et les élevages durables, tout en favorisant une alimentation plus végétarienne, biologique et locale.

Un manque d’ambition global pour le climat et des écarts entre les candidats 

Si le programme de Alain Rousset (PS-PCF) propose des mesures intéressantes sur le ferroviaire et l’éducation et la formation aux enjeux environnementaux, il reste très flou et insuffisant sur les questions agricoles et alimentaires et est même vide sur les sujets d’énergies renouvelables et pour l’accompagnement à la rénovation des logements. Geneviève Darrieussecq (Modem-LREM) propose elle aussi un programme incomplet, puisque si l’enjeu de la réduction des déchets est traité, il reste faible sur le domaine des transports durables, de l’énergie et de la conversion des emplois et des formations, voire vide sur les questions liées aux élevages durables, tout en soutenant des projets climaticides comme le développement de routes et d’autoroutes. Quant au programme de  Nicolas Florian (DVD-LR), il ne tient tout simplement pas compte de l’enjeu climatique : hormis un soutien au ferroviaire, les mesures concernant l’alimentation, la relance écologique et sociale, ou encore la formation sont absentes. Le programme LR va même à l’encontre de la transition écologique en défendant les projets nucléaires et les projets routiers. Enfin, l’absence de site internet et donc de programme accessible pour Edwige Diaz (RN) à quelques jours des élections permet encore moins aux citoyens de connaître ses propositions.  

nouvelle-aquitaine

Occitanie

Les priorités en Région Occitanie d’après le Réseau Action Climat

  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du premier secteur émetteur de gaz à effet de serre régional mais aussi à un enjeu de santé lié aux pollutions générées. Les candidats doivent ainsi s’engager à moderniser le réseau ferroviaire, développer et rouvrir des lignes pour offrir aux territoires une alternative à la voiture tout en accompagnant la conversion de la filière aéroportuaire. 
  • accompagner les emplois vers la transition, via par exemple le soutien financier aux entreprises ou encore la formation professionnelle. Cela implique notamment d’accompagner dès maintenant la filière aéronautique vers la transition, alors que 800 entreprises et 86 000 emplois directs, soit 40 % de l’emploi industriel régional, dépendent de ce secteur. Il faut dès maintenant accompagner une partie des salariés vers des secteurs de la transition et proposer les formations en conséquence. 

D’importants écarts entre les candidats sur les mesures structurantes à mettre en œuvre pour le climat 

Le programme de Carole Delga (PS-PCF) se distingue sur l’enjeu climatique en prenant en compte des mesures incontournables à mettre en œuvre, à la fois pour les transports durables, mais aussi pour les rénovations énergétiques des bâtiments ou encore pour l’élaboration d’un plan de relance régional compatible avec l’urgence climatique. Elle porte aussi des mesures intéressantes pour lutter contre l’artificialisation des sols. A l’inverse, les programmes de Vincent Terrail-Novès (LREM-Modem), Jean-Paul Garraud (RN) et Aurélien Pradié (LR) ne tiennent tout simplement pas compte de l’enjeu climatique et soutiennent tous les trois dans leurs programmes les investissements routiers, néfastes pour la transition. Ainsi, si Vincent Terrail-Novès (LREM-Modem) porte partiellement les sujets d’agriculture durable et d’économie circulaire, rien n’apparaît sur les transports durables, la rénovation et les énergies renouvelables. De même, le programme de Jean-Paul Garraud (RN) est incompatible avec la transition nécessaire, voire propose des mesures climaticides comme le soutien aux aéroports et un moratoire sur l’éolien, bien que proposant des mesures parcellaires sur les transports durables. Enfin, Aurélien Pradié (LR) propose un programme faible et largement incomplet, puisque seule la question de la relance écologique est traitée de manière lacunaire.

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Pays de la Loire

Les priorités en Région Pays de la Loire d’après le Réseau Action Climat

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Provence-Alpes-Côte d’Azur

Les priorités en Région Provence-Alpes-Côte d’Azur d’après le Réseau Action Climat

  • accompagner les emplois vers la transition, via par exemple le soutien financier aux entreprises ou encore la formation professionnelle, notamment pour le secteur industriel qui est le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre et qui représente 400 000 emplois directs et indirects . L’industrie emploie ainsi 1 salarié du privé sur 3 dans la Région. Les candidats doivent anticiper les mutations à venir et nécessaires pour faire face à l’urgence climatique et sociale et accompagner les conversions d’entreprises et de salariés. 
  • agir pour développer les transports durables, à la fois pour répondre à l’enjeu climatique puisqu’il s’agit du second secteur émetteur de gaz à effet de serre régional mais aussi à un enjeu de santé lié aux pollutions générées. Les candidats doivent ainsi s’engager à moderniser le réseau ferroviaire, développer et rouvrir des lignes pour offrir aux territoires une alternative à la voiture.

D’importants écarts entre les candidats sur les mesures structurantes à mettre en œuvre pour le climat 

Le programme de Jean-Marc Governatori (Cap écologie) se distingue largement sur l’enjeu climatique : il tient compte des mesures incontournables à mettre en œuvre à la fois pour les transports durables, mais aussi pour la formation et l’accompagnement des entreprises dans la conversion ou encore les questions énergétiques. En revanche, Jean-Laurent Felizia (EELV-PS-PCF) propose des actions intéressantes pour le ferroviaire en réorientant notamment des financements routiers pour les mobilités durables, et également pour l’agroécologie et la conversion des emplois, mais son programme reste flou et insuffisant sur les questions d’intermodalité, d’alimentation durable et d’énergies renouvelables. De même,  Renaud Muselier (LR-LREM) présente un programme allant dans le bon sens pour le développement des transports durables mais reste évasif sur les enjeux d’agriculture et d’alimentation durables ou encore de rénovation des bâtiments. A l’inverse, Thierry Mariani  (RN) ne tient tout simplement pas compte du climat, complètement absent de son programme. 

paca

Notre méthode

Le Réseau Action Climat a analysé les programmes des 4 premières listes dans les sondages par rapport à 15 mesures clés et ce dans les 13 Régions de France métropolitaine. Dans chaque Région, les programmes des quatre premiers candidats dans les sondages publics au moment de l’analyse, ont été décryptés et leur ambition a été appréciée selon 3 niveaux :  

  • Un smile vert : le programme reprend les mesures incontournables
  • Un smile orange : le programme manque d’ambition sur la plupart des thématiques, ou reste évasif et peu précis sur leurs modalités de mise en oeuvre
  • Un smile rouge : absence de prise en compte des propositions incontournables

Un point d’interrogation apparaît lorsqu’à 10 jours des régionales, le programme n’était toujours pas accessible en ligne. L’analyse se base sur les programmes accessibles en ligne, en date du vendredi 11 juin (date d’arrêt de la recherche des programmes). Le Réseau Action Climat a aussi tenu compte de précisions envoyées. Nous n’avons pas tenu compte des déclarations faites dans la presse, sur les réseaux sociaux ou à l’occasion de meetings.

A la lecture du programme total, nous avons procédé de la manière suivante :

  • Couleur verte : la mesure proposée apparaît dans le programme
  • Couleur orange : la mesure proposée apparaît dans le programme mais est floue, incomplète ou n’atteint pas le niveau d’ambition demandé
  • Couleur rouge : la mesure proposée n’apparaît pas dans le programme ou le candidat porte une mesure manifestement incompatible avec l’objectif de la mesure.

Le Réseau Action Climat a complété cette analyse par un système de bonus-malus :

  • Un bonus, renseigné en vert, peut être attribué à une proposition d’un candidat bénéfique au climat, qui ne figure pas dans les 15 mesures proposées dans l’analyse
  • En malus, renseigné en rouge, attribué à une proposition d’un candidat qui aurait pour conséquence d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre

De manière plus globale, le Réseau Action Climat rappelle que :

  • Les mesures ont été préalablement rendues publiques en février 2021 pour que les candidats puissent savoir en toute transparence sur quelle base le programme serait analysé.
  • Les mesures ne sont pas exhaustives et constituent un socle minimum à mettre en œuvre. Les futurs élus devront les mettre en œuvre concrètement et aller au-delà de ces 15 mesures pour réaliser la transition climatique juste. Ils devront également prêter une attention particulière aux autres dimensions de la transition écologique (biodiversité, etc.).
  • Il ne s’agit pas, en l’espèce, d’évaluer l’ambition climatique des partis politiques nationaux mais bien d’analyser des programmes élaborés par des candidats au niveau local.
  • Pour respecter notre méthode d’analyse, nous avons analysé les programmes quelle que soit leur couleur politique, y compris ceux du Rassemblement National, des quatre candidats en tête dans les sondages, dans l’optique d’apporter de la transparence sur le contenu climat de ces derniers. Cependant, le Réseau Action Climat tient à rappeler que le socle de valeurs de son réseau n’est pas compatible avec les positions du Rassemblement National.

Le décryptage portant sur une sélection limitée de Régions et de listes et la méthode étant rendue publique, le Réseau Action Climat invite les citoyens, les acteurs de la société civile, les médias etc. à s’approprier ce travail pour l’appliquer à d’autres territoires et listes.

Décryptage complet des programmes et méthodologie
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