Carte de transport de la ville de Lille

Le Réseau Action Climat, UNICEF France et Greenpeace France publient aujourd’hui l’évaluation de l’ambition des nouveaux maires des douze plus grandes agglomérations françaises en matière de lutte contre la pollution de l’air liée au trafic routier. Ici, analyse du cas de Grenoble.

Résumé

Les engagements de la maire de Lille s’inscrivent dans la continuité de son mandat précédent, avec une dynamique intéressante en matière de transports en commun, et de réduction de la place de la voiture individuelle. Pour autant, les mesures gagneraient à être plus ambitieuses, par exemple concernant le déploiement de la zone à faibles émissions, ou précisées, par exemple en matière de vélo. Des aides financières seraient également utiles pour accompagner la transition vers des mobilités plus propres. Enfin, et malgré les projets de nouvelles piétonisations, Lille n’a pas prévu la mise en place d’une zone à trafic limité ni la généralisation des rues scolaires.

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Pour aller plus loin

Sorties des véhicules polluants

Notre demande :

Mettre en œuvre une zone à faibles émissions visant la sortie du diesel en 2025 puis de l’essence en 2030.

Encore timide : A partir du 1er janvier 2021, l’accès de Lille sera progressivement interdit aux véhicules les plus polluants grâce à la mise en place de la ZFE. Malheureusement, cette ZFE n’intègre pas de calendrier de sortie progressive du diesel puis de l’essence.

Réduction de la place de la voiture

Nos demandes :

Généraliser la baisse des vitesses à 30km/h dans l’agglomération et baisser la vitesse sur les rocades.

Abandonner tout projet de nouvelle infrastructure routière.

Mettre en place une zone à trafic limité dans le centre-ville pour réserver la circulation aux modes actifs et à quelques véhicules autorisés.

En bonne voie avec la limitation de vitesse à 30 km/h en ville qui sera maintenue, ainsi que les 70 km/h sur le périphérique. De nouvelles restrictions de circulation seront décidées : l’interdiction de circulation des camions sur le périphérique aux heures de pointe, une voie y sera réservée aux transports en commun et au covoiturage. En ville, des zones de rencontres supplémentaires seront mises en place, ainsi que des rues où les piétons seront prioritaires.

En retard : Il existe toujours un projet de nouvelle infrastructure routière : la réalisation de la LINO (liaison intercommunale nord-ouest).

Encore timide sur la zone à trafic limité mais il est prévu d’étendre les piétonisations temporaires en cœur de ville et dans certaines rues de quartier les week-ends et jours fériés, après concertation avec les usagers, riverains et commerçants.

Aides financières à la transition

Notre demande :

Mettre à disposition des professionnels et des particuliers des aides financières facilitant la location ou l’acquisition de véhicules à très faibles émissions (VTFE) ou, en priorité, le report vers d’autres moyens de transports plus écologiques que le véhicule individuel. 

En retard : Si il est bien indiqué qu’une prime devrait accompagner socialement la conversion vers des véhicules moins polluants, aucun dispositif n’est détaillé.

Dynamique vélo

Nos demandes :

Investir plus de 25€ par habitant et par an en faveur du vélo. 

Mettre en place d’un réseau express vélo. 

Mettre en œuvre tous les leviers d’un système vélo performant (apprentissage du vélo pour tous, service de location diversifié, stationnements sécurisés, ateliers de réparation, intermodalité avec les transports en commun et en premier lieu les trains régionaux). 

A préciser : Les ambitions en faveur du vélo sont positives, en revanche, le budget qui devra accompagner la mise en œuvre de cette politique n’a pour l’instant pas été précisé. C’est pourtant un point indispensable pour permettre une mise en oeuvre effective de ces propositions.

En bonne voie pour l’aménagement du Réseau Express Vélo (REV) avec la Métropole Européenne de Lille: de grandes voies traversantes, de nouvelles pistes cyclables, nouvelles « vélorues » où les vélos sont prioritaires sur les voitures.

En bonne voie :  La majorité des leviers d’un système vélo performant sont mentionnés : multiplication des arceaux, box et parkings à vélo, en particulier près des stations de métro (350 places à Lille Europe par ex.), installation de bornes «coup de pompe », étude avec la Métropole Européenne de Lille d’une optimisation des stations V’Lille et d’une relance des locations longue durée de vélos électriques. Enfin, un soutien au développement du vélo-taxi et des livraisons en vélo-cargo est aussi mentionné.

Dynamique transports en commun

Nos demandes :

Mettre en place une tarification solidaire basée sur les ressources pour tous les services de transport. 

Améliorer qualitativement les fréquences, les amplitudes horaires des transports en commun et poursuivre le développement de transports urbains en site propre.

En bonne voie :  Il existe déjà une tarification solidaire basée sur les ressources. Cette tarification évoluera avec l’instauration de la gratuité progressive des transports en commun au moins de 18 ans, étudiants, séniors et personnes en situation de handicap, dès 2020.

En bonne voie : L’offre de transport existante sera améliorée avec notamment un doublement des rames de métro effectif en 2023. L’offre de transport sera aussi développée grâce par exemple à l’ouverture de 2 nouvelles lignes de tram métropolitaines, la mise en service de nouvelles lignes de bus à haut niveau de service ou encore la remise en service de la ligne de TER Lens-Villeneuve d’Ascq passant par Lille-Sud.

Mobilité et santé des enfants

Notre demande :

Mettre en place à proximité de toutes les écoles et des crèches des rues scolaires fermées à la circulation aux horaires d’entrée et de sortie d’école, et de manière permanente autant que possible.

Encore timide  : Pas de mention des rues scolaires dans le programme mais deux rues scolaires sont mises en oeuvre “à titre expérimental” à la rentrée des vacances de la Toussaint à Lille.

Aménagements et mesures Covid19

Notre demande :

Pérenniser les mesures et aménagements provisoires mis en place dans le contexte de la crise du Covid-19. 

Encore timide : Une consultation a été lancée pour évaluer les aménagements provisoires sans garantie que ces derniers soient pérennisés.

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