Etats frileux ? Contre les dérèglements climatiques, engageons la transition écologique dans les territoires !

Pour sauver le climat, une autre voie que celle des sommets internationaux et des négociations lentes des États s’offre à nous : celles de nos territoires.

plan climat alternatives territoriales
plan climat alternatives territoriales

Des sécheresses record dans la Corne de l’Afrique, des ouragans majeurs aux États-Unis et dans les caraïbes, mais aussi incendies, tempêtes et érosion des côtes en France … L’année 2017 n’a pas manqué de nous rappeler que les dérèglements climatiques sont déjà à l’oeuvre ! Face à cette urgence, les engagements pris par les États du monde entier à la COP21 sont dramatiquement insuffisants. La décision de Donald Trump de sortir les États-Unis de l’accord de Paris a fragilisé la dynamique politique sur les changements climatiques, et la COP23 a révélé la grande difficulté des autres Etats à prendre le relais pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2°C et de tendre vers 1,5°C.

Le One Planet Summit qui s’est tenu le 12 décembre à Paris a été encore une occasion ratée par la France de prendre des engagements concrets amorçant la transition écologique. Mais une autre voie que celle des sommets internationaux et des négociations lentes des États s’offre à nous : celles de nos territoires.

Les villes, aujourd’hui plus engagées que les Etats

En 2005, alors que George W. Bush révoquait la signature du protocole de Kyoto par les États-Unis, plusieurs centaines de maires signaient le “United States Mayor’s Climate Protection Agreement”, dans lequel ils et elles s’engageaient à diminuer les émissions de gaz à effet de serre de leurs communes selon les exigences du protocole de Kyoto. Cet exemple de prise de responsabilités à l’échelle locale n’est pas un cas isolé. Dans des réseaux internationaux tels que Énergie Cités, ICLEI ou le C40, des villes à travers le monde coopèrent pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et pour limiter les risques liés au dérèglement climatique. Un nombre considérable de ces villes se trouvent dans des États qui ne montrent que peu d’ambition pour la protection du climat.

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50 à 70 % des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques ont vocation à être « mises en œuvre à l’échelon infranational » selon le GIEC.

En France, nos territoires disposent des ingrédients pour accélérer la transition !

L’engagement des communes est d’autant plus intéressant qu’au delà du symbole, elles ont  un réel potentiel. En effet, selon le dernier rapport du GIEC, 50 à 70% des leviers d’action contre le dérèglement climatique se trouvent au niveau local. Sous peine d’être vides de sens, les engagements des États devront donc non seulement se matérialiser par des décisions politiques nationales fortes, mais surtout se concrétiser dans les territoires. En effet, les collectivités territoriales ont une responsabilité directe dans 15% des émissions de gaz à effet de serre nationales, via leurs bâtiments par exemple. Et si l’on tient compte de leurs décisions en matière d’aménagement, de transports, de bâtiments, d’installation d’énergies renouvelables etc., les collectivités ont une responsabilité indirecte sur jusqu’à 50% de ces émissions. Les échelles locales, et plus précisément les collectivités territoriales, sont donc un terreau particulièrement fertile pour accélérer la transition écologique et sociale. À cela s’ajoute que, depuis peu, les collectivités territoriales françaises disposent aussi des outils nécessaires pour mener à bien la transition écologique.  

La France a adopté en août 2015 la loi de “transition énergétique pour la croissance verte” et le troisième volet de la réforme territoriale s’est également achevé à l’été 2015. Ces deux textes sont le résultat de débats parlementaires qui ont parfois tronqué l’ambition initiale, mais leur croisement fait apparaître de nombreuses possibilités d’action en faveur du climat dans les politiques publiques locales. Ainsi, ils enclenchent une généralisation progressive des Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET). D’ici au 31 décembre 2018, toutes les intercommunalités de plus de 20 000 habitant·e·s – soit plus de la moitié de nos territoires – devront réaliser une planification de leurs actions en faveur du climat. Concrètement, cela signifie repenser l’aménagement de nos villes et villages afin de sortir de la dépendance à la voiture et préserver nos sols, replacer les mobilités douces au cœur de nos déplacements, développer les énergies renouvelables, isoler nos logements, proposer une alimentation bio, locale et moins carnée dans nos cantines et restauration collective… autant de mesures qui pourraient générer 220 000 emplois nets en 2020 !

Cependant, ces outils présentent des possibilités, pas des obligations. Leur efficacité pour accélérer la transition dépendra fortement de l’usage qui en sera fait. C’est le cas par exemple des Zones à Circulation Restreinte : ce dispositif est l’une des cartes à jouer dans la main des élu·e·s, encore faut-il disposer d’une bonne dose de volonté politique pour l’utiliser. Reste donc aux acteurs des territoires, élu·e·s, technicien·ne·s mais aussi citoyen·ne·s à se les approprier.

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Au delà de 20 000 habitants, les intercommunalités devront mettre en oeuvre un Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET) à partir de 2018.

Généraliser les alternatives citoyennes en les mettant en oeuvre à l’échelle des territoires !

Si l’on veut que les collectivités territoriales utilisent les nouveaux outils qu’elles ont à leur disposition, il est primordial que les habitant·e·s s’en emparent.  À l’inverse des questions traitées lors des sommets internationaux, les domaines auxquels touchent les plans climat, par exemple, ont un lien direct avec la vie quotidienne : limiter la place de la voiture en ville pour respirer de nouveau, favoriser des filières agricoles bas carbone pour se nourrir sainement en préservant la planète, développer des énergies renouvelables et créer de l’emploi non délocalisable… Pour les citoyen·ne·s engagé·e·s, c’est l’occasion de passer de l’engagement individuel à des projets de territoire et ainsi, de faire changer d’échelle les alternatives. Concrètement, cela peut permettre de passer du choix de réduire sa consommation de viande à titre individuel ou de créer une AMAP avec d’autres personnes à mettre en place l’approvisionnement en nourriture locale, bio et moins carnée pour les cantines d’une collectivité.  

En effet, pour les plans climat, une consultation publique en amont de leur adoption est obligatoire. Avant cette consultation publique, il est aussi possible (et souhaitable !) que les citoyen·ne·s co-construisent ces politiques publiques en s’impliquant dans les processus de concertation parfois proposés par les élu·e·s : c’est l’occasion de porter auprès des responsables des propositions d’alternatives à concrétiser au plus près des citoyen·ne·s.

Si les plans climat des intercommunalités changent concrètement notre quotidien, si leur construction est souvent proposée à la concertation, il n’en reste pas moins que ces sujets semblent complexes pour la plupart des personnes : technicité, acronymes, processus de concertation avec des horaires de réunions parfois inadaptés…

En 2018, Alternatiba/ANV-COP21 et le Réseau Action Climat proposent aux citoyen·ne·s de les accompagner dans cette implication : formation, outils ou encore mise en réseau entre personnes volontaires permettront à tout un chacun de s’intéresser de près aux actions de nos élu·e·s.

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S’impliquer dans la transition écologique de nos territoires permet d’accélérer la création d’une société 100% renouvelable et résiliente, mais aussi de redonner ses lettres de noblesse à la Politique : celle qui construit un avenir climato-compatible et se joue au quotidien en incluant les citoyen·ne·s, et non pas celle qui peine à les mobiliser aux urnes.

En savoir plus …

Vous voulez en savoir plus ? Vous pouvez nous contacter via alternativesterritoriales@alternatiba.eu et retrouver l’Appel à mobilisation sur le site d’Alternatiba

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