Un traité pour en finir avec les combustibles fossiles

Alors que les rendez-vous internationaux sur le climat s’enchaînent en cette rentrée, (Congrès mondial de la Nature, Assemblée Générale des Nations Unies, COP26…) le Réseau Action Climat rejoint la campagne pour un traité de non-prolifération des combustibles fossiles.

Les traités internationaux en vigueur sur le climat se concentrent sans exception sur la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, première cause du changement climatique que nous subissons. Toutefois, aucun ne s’attaque directement à la source d’émission N°1 : la production et la consommation des énergies fossiles que sont le pétrole, le gaz et le charbon. 

Plus de 700 ONG, villes et gouvernements locaux, ralliées récemment par plus de 2000 chercheurs, appellent ainsi la communauté internationale à adopter au plus vite un traité de non-prolifération des combustibles fossiles, sur le modèle du texte ratifié sur l’arme nucléaire pendant la guerre froide pour éviter la menace d’une guerre nucléaire. 

La menace que font peser les énergies fossiles sur l’humanité est moins tangible et pourtant aussi réelle : le récent rapport du GIEC dessine la trajectoire de +1,5°C atteinte bien avant 2040, tandis que l’ONU envisage un monde à +2,7°C à horizon 2100.

Les piliers d’une sortie des énergies fossiles

Ce traité repose sur 3 principes complémentaires pour une transition viable vers les énergies renouvelables en phase avec l’objectif de +1,5°C fixé par l’accord de Paris.

  1. L’arrêt immédiat de l’exploration de nouvelles réserves d’énergies fossiles et de l’exploitation de nouveaux gisements

  2. L’arrêt de la production d’énergies fossiles à partir des gisements connus et exploités pour s’inscrire dans une trajectoire de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre

  3. Accompagner les pays qui dépendent fortement de l’exploitation des énergies fossiles, ou qui ont un mix énergétique dominé par elles, pour s’assurer que la transition ne se fait pas au détriment des populations, mais avec elles.
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S’attaquer à la production plutôt qu’à la consommation pour enrayer la prolifération

“L’exploitation des hydrocarbures est l’éléphant que personne ne veut voir dans la pièce des discussions internationales”. Peter Newell, chercheur à l’université de Sussex au Royaume-Uni

Si nos solutions s’orientent vers des alternatives visant à la baisse de la consommation d’énergies fossiles, c’est-à-dire sur les usages (transition des modes de transports, rénovation thermique des logements, transition vers une production d’électricité renouvelable…), nous ne devons pas perdre de vue que la production de fossiles poursuit, elle, sa croissance au niveau mondial.

Les engagements pris par les Etats pour réduire la consommation de combustibles fossiles sont indispensables, toutefois, penser que leurs décisions entraînent une baisse de la production est faux. Les scientifiques signataires de la tribune le rappellent :

« Respecter l’Accord de Paris nécessite une baisse moyenne de la production de combustibles fossiles d’au moins 6 % par an entre 2020 et 2030» tandis que l’industrie des combustibles fossiles prévoit d’augmenter sa production de 2 % par an.»

Rappelons aussi que la production d’énergies fossiles est la première source d’émission de méthane, gaz engendrant un effet de serre environ 10 fois supérieur au CO2, dont la concentration dans l’atmosphère atteint son niveau record depuis 800.000 ans, selon le dernier rapport du GIEC.

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La coopération internationale essentielle pour une fin des énergies fossiles concertée

Si certains pays comme la France ont déjà mis un terme à l’exploration de nouveaux gisements de pétrole, gaz ou charbon à exploiter, ce n’est pas le cas de nombre d’autres pays dont l’économie et une vaste part de la population dépend de l’exploitation des combustibles fossiles. Assurer cette équité qui recoupe la distinction entre pays du Nord et pays du Sud, et assurer un texte contraignant qui engage ses signataires à des mesures concrètes nécessite ainsi une coopération internationale, qui de surcroît permettrait une transparence renforcée des quantités de combustibles fossiles actuellement découvert et en cours d’exploitation au niveau mondial.

Se mobiliser pour inscrire le sujet à l’agenda politique international

Pour que ce traité puisse aboutir, il est nécessaire de créer une dynamique globale autour de ces demandes. Elles sont pour l’instant soutenues par une grande variété d’acteurs, avec plus de 13 villes et gouvernements locaux signataires (Los Angeles, Barcelone, Sydney, Vancouver…), plus de 13 000 personnes dont plus de 2 000 scientifiques, académiciens et chercheurs, ainsi que plus de 700 organisations à travers le monde.

Prochaine étape : un ralliement des parlementaires, prévus à la COP26 qui se tiendra en novembre à Glasgow. 

Vous aussi pouvez exprimer votre soutien à ce traité.

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