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Un rapport européen chiffre les effets bénéfiques des politiques climatiques pour la santé, le pouvoir d’achat et les emplois

Dans un rapport « Le dividende climatique de l'Europe : Avantages économiques, emplois, santé et coûts énergétiques réduits », le consortium de 13 associations européennes Plan4Climate modélise les retombées positives des politiques climat pour faire baisser les factures d’énergie, protéger la santé et créer des emplois dès 2030.

Bénéfices politiques climatiques LIFE

Cette étude confirme que des politiques climatiques ambitieuses, le déploiement des énergies renouvelables et des économies d’énergie, la décarbonation des transports et la rénovation des logements, permettraient de maximiser les bénéfices pour chaque foyer dans tous les pays européens étudiés. Un message important pour répondre aux attaques qui fragilisent les politiques climatiques et environnementales européennes depuis deux ans.

L’Europe, menacée par les coûts de l’inaction et la crise (continue) des énergies fossiles

Le continent européen se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Selon l’Agence européenne pour l’environnement (EEA), les événements extrêmes ont coûté à l’Union européenne 822 milliards d’euros entre 1980 et 2024. Les cinq dernières années ont tour à tour battu le record de l’année la plus coûteuse en dommages. Il y a deux ans, le consortium Togetherfor1.5 avait déjà démontré que les bénéfices étaient plus élevés que les coûts. Le nouveau rapport vient confirmer et affiner ces conclusions dans un moment où une partie du Parlement européen semble l’avoir oublié et s’emploie surtout à détricoter des pans entiers de la réglementation européenne protégeant le climat, les écosystèmes et la santé.

Renforcer l’indépendance énergétique en Europe permettrait d’alléger la facture…

et sortir des millions de ménages du piège des énergies fossiles

L’Europe des 27 dépend à près de 60% sur des sources d’énergies importées, à 95% d’origine fossile. Concrètement, cela implique une grande vulnérabilité : la crise énergétique qui frappe l’Europe depuis le début de la guerre de la Russie contre l’Ukraine, accentuée depuis la guerre US-Israel contre l’Iran, a permis de rendre visibilité la vulnérabilité de l’économie et des ménages européens à la volatilité des prix des énergies fossiles. En 2025, l’Union européenne a dépensé environ 340 milliards d’euros en importations d’énergies fossiles (presque autant que ce qu’il faudrait investir dans la transition écologique européenne – en 2025, il manque 344 milliards d’euros/an au compteur selon I4CE). C’est sans compter les dizaines de milliards d’euros de subventions aux énergies fossiles

Pour sortir de cette dépendance, deux leviers essentiels : les économies d’énergies (notamment via la rénovation des logements) et l’électrification à partir d’énergies renouvelables. Selon le rapport, activer ces leviers permettrait d’économiser 826 milliards d’euros/an dès 2030.

Cette dépendance ne pèse pas uniquement sur le budget des Etats mais aussi sur celui des foyers : elle représente un coût important dans le budget des ménages qui n’ont pas les moyens de changer leur mode de chauffage et de rénover leur logement, de passer d’une véhicule thermique à un véhicule électrique ou d’accéder à des transports en commun. Elle vient confirmer l’importance de déployer tous les moyens possibles pour réduire la dépendance, et préserver le pouvoir d’achat et de vivre.

La France est un cas d’école : actuellement, 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique dans leur logement et 15 millions de personnes sont en situation de précarité mobilité. Cette situation est subie, faute d’accès à des alternatives bas carbone abordables et à la portée des ménages concernés (habitant très loin de leur lieu de travail et sans accès à des transports en commun, locataire d’un logement mal isolé, etc). En cause : le retard et/ou le stop and go délétère sur des politiques climatiques structurantes, et des moyens financiers insuffisants.

Le bénéfice à retenir : selon le rapport, en moyenne, chaque Français économiserait 500 euros par an sur sa facture d’énergie dès 2030, et jusqu’à 1500 euros d’ici 2050.

Investir dans la décarbonation en Europe permettrait de créer des emplois et mieux protéger la santé de millions d’Européens

Les investissements permettant à l’Europe de réduire sa consommation d’énergie fossile auraient pour effet de créer de nombreux emplois dans plusieurs secteurs clé de l’économie – le secteur du BTP, le secteur du chauffage, le secteur de la mobilité électrique. Pour la France, cela représente en moyenne 300 000 emplois par an entre 2030 et 2050.

Le bénéfice à retenir : selon le rapport, dès 2030, 8,5 millions d’ETP seraient créés en Europe grâce aux investissements dans la transition énergétique, 300 000 en France.

En rénovant les logements et en réduisant la pollution de l’air, on pourrait éviter 34 000 décès chaque année, et réduire le nombre d’admissions dans les établissements hospitaliers. Attention ce chiffre ne prend pas en compte les efforts pour réduire la mortalité liée aux fortes chaleurs, mais uniquement les efforts sur le confort thermique d’hiver et la pollution de l’air intérieure (très forte dans les pays encore très dépendants du charbon pour se chauffer et exposés aux particules fines). Agir sur la pollution de l’air permet également de réduire le nombre de jours non-travaillés. Le rapport chiffre à 3,3 millions le nombre de jours d’arrêt de travail évités grâce aux politiques climatiques.

Le bénéfice à retenir : selon le rapport, dès 2030, 34 000 décès prématurés évités chaque année en Europe.

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