Sommet franco-allemand : sortir de l’impasse climatique et porter des politiques efficaces 

À l’occasion du Conseil des ministres franco-allemand, réuni le 16 octobre à Toulouse, une coalition d’ONG françaises et allemandes demande aux deux gouvernements de répondre à la mobilisation citoyenne sans précédent pour climat.

Angela Merkel et Emmanuel Macron (c)  European Council
Angela Merkel et Emmanuel Macron (c) European Council

À l’occasion du Conseil des ministres franco-allemand, réuni le 16 octobre à Toulouse, une coalition d’ONG françaises et allemandes demande aux deux gouvernements de répondre à la mobilisation citoyenne sans précédent pour climat. Ces deux gouvernements doivent s’engager vers une transition de l’économie européenne, ambitieuse et socialement juste, pour atteindre la neutralité en gaz à effet de serre.

« La nouvelle Commission européenne a mis le climat au premier rang des priorités de l’Union. Angela Merkel et Emmanuel Macron ne peuvent pas faire moins qu’elle » déclare Morgane Creach, Directrice du Réseau Action Climat France. « Ils doivent construire un Green Deal ambitieux pour l’Europe, combinant des outils financiers pour le climat, tels que le Budget européen et la Banque européenne d’investissement (afin de soutenir les régions les plus dépendantes aux énergies fossiles dans leur transition) et des réglementations visant à réduire les émissions dans tous les secteurs. C’est le strict minimum pour répondre aux attentes des citoyens français et allemands ».

« Angela Merkel doit porter, aux côtés d’Emmanuel Macron, l’augmentation de l’objectif climatique européen, aujourd’hui nettement insuffisant pour faire face à la crise climatique. Une réduction d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 est une étape attendue depuis longtemps », déclare Kai Niebert, Président du réseau allemand Deutscher Naturschutzring. « L’objectif actuel de l’Union européenne en matière de lutte contre le dérèglement climatique visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % est complémentement obsolète puisqu’il repose sur des hypothèses économiques et scientifiques datant de 2010. Cela le rend aussi moderne qu’un vieil épisode de Dallas. U. Von der Leyen l’a compris, A. Merkel fera-t-elle de même ? ».

Les 17 ONG signataires de la déclaration ont appelé les deux gouvernements à unir leurs forces et à porter un agenda ambitieux pour le climat en Europe. Cela inclut, entre autres, l’adoption rapide de la stratégie de long-terme européenne pour le climat, afin de parvenir à : la neutralité en gaz à effet de serre bien avant 2050, voire 2040 ; l’affectation de 40 % du budget européen à l’action climatique ; la réforme de la Banque européenne d’investissement pour qu’elle cesse d’investir dans les énergies fossiles ; et l’introduction d’un prix plancher significatif et croissant au sein du marché carbone européen.

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