Emmanuel Macron au Sommet Action Climat de l’ONU – Réaction

Le Réseau Action Climat réagit aux annonces d'Emmanuel Macron au Sommet Action Climat de l'ONU.

Le Réseau Action Climat accueille l’annonce du Président de la République en soutien à un objectif climatique européen de 55 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 par rapport à 1990 (au lieu de 40 %), tel que proposé par la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Parlement européen. Il doit maintenant porter cette ambition dans le Green Deal européen, tout en y associant une plus grande solidarité européenne afin de soutenir la transition des régions les plus dépendantes de l’industrie fossile. Le Réseau Action Climat rappelle également que, pour limiter le réchauffement global à 1,5°C et éviter de très graves impacts humains, l’Union européenne devra aller plus loin et réduire de 65 % ses émissions d’ici à 2030. 

De même, alors qu’elle était investie d’un mandat spécial sur la finance climat pour le Sommet, la France a fait un effort en précisant que l’engagement de doublement de sa contribution au Fonds Vert serait fourni à 80 % sous forme de dons, au bénéfice des populations les plus vulnérables. La France doit poursuivre dans cette voie, alors que l’ensemble des financements climat fournis par l’Agence Française de Développement sont toujours réalisés à plus de 90 % sous forme de prêts. 

Cependant, l’ambition affichée à New York sera vaine tant que le Président de la République n’aura pas mis en cohérence son action à l’échelle nationale. Alors que la France dépasse de 4,5 % son budget carbone pour l’année 2018, il est urgent que le Gouvernement passe des discours aux actes en particulier dans les secteurs des transports et des bâtiments, les plus émetteurs et ceux qui accusent les retards de réduction d’émissions les plus importants. Par ailleurs, il est inconcevable que l’État, engagé dans un exercice de “budget vert”, continue de soutenir à hauteur de 11 milliards d’euros en 2019 les secteurs les plus polluants comme l’aérien et les transporteurs routiers. 

Enfin, malgré 100 millions d’euros promis par la France, l’alliance lancée pour protéger les forêts tropicales reste floue et ne s’attaque toujours pas aux sources de la déforestation, qui entraîne atteintes à la biodiversité et violations de droits humains, notamment des communautés autochtones. Le Réseau Action Climat appelle la France à soutenir une législation contraignante sur la déforestation importée au niveau européen en s’attaquant en premier lieu aux importations de soja et d’huile de palme. Elle doit également renforcer sa Stratégie nationale de déforestation importée pour rendre le secteur privé réellement redevable de ses actions. 

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