Scénarios pour la PPE : Réactions des ONG

Selon les informations de l’AFP, le gouvernement plancherait sur 3 scénarios possibles pour l’évolution du mix électrique dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Panneaux solaires
Panneaux solaires

Selon les informations de l’AFP, le gouvernement plancherait sur 3 scénarios possibles pour l’évolution du mix électrique dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Alors que la plupart des objectifs de la loi sur la transition énergétique sont remis en cause trois ans seulement après son adoption, les ONG appellent à un sursaut.

Jean-Baptiste Lebrun, Directeur du CLER Réseau pour la Transition Énergétique :

« Si tout le monde convient que la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas, où sont les économies dans les scénarios qui ont fuité ? Si la rénovation des passoires thermiques est le seul moyen de réduire les factures d’énergie, pourquoi ne pas en faire la priorité de notre stratégie énergétique ? Si les énergies renouvelables sont des ressources valorisables et créatrices d’emploi pour de nombreux territoires, pourquoi limiter leur développement ? Si les collectivités de tout bord s’engagent pour devenir des Territoires à Énergie Positive ou 100% EnR, pourquoi s’entêter dans un modèle énergétique centralisé ? Si les citoyens demandent des vraies solutions d’accompagnement pour s’engager dans la transition, comment rester sourd à leurs attentes ?La Transition Énergétique est une formidable opportunité pour la France et ses territoires. Le gouvernement doit désormais l’acter dans la PPE en adoptant un scénario et des mesures bien plus ambitieux »

Audrey Pulvar, Présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme :

« Le Président de la République et le gouvernement sont confrontés à un choix déterminant. Ou bien ils entendent l’appel de Nicolas Hulot lors de sa démission sur l’urgence d’agir et se donnent les moyens de fermer plusieurs réacteurs nucléaires avant 2028 et de respecter l’objectif légal de 32 % d’énergies renouvelables à 2030, dont 40 % d’électricité renouvelable. Alors, ils auront entendu la voix des Français qui craignent pour leur pouvoir d’achat et en ont assez que les gouvernements successifs tergiversent sur la transition énergétique et déroulent le tapis rouge aux lobbies. Ou bien, le Président et le gouvernement décident de faire pire que leurs prédécesseurs, en retardant nos objectifs sur les énergies renouvelables et en nous enfonçant dans cette folie coûteuse et dangereuse qu’est le nucléaire. Alors, le Président de la République sera délibérément passé à côté d’un des principaux marqueurs écologiques de ce quinquennat»

Michel Dubromel, président de France Nature Environnement :

« Tous ces scénarios sont inquiétants car ils ne permettent pas d’engager la France dans une transition énergétique et écologique digne de ce nom. La prolongation des réacteurs nucléaires, vieillissants et de plus en plus défaillants, nous enfermera dans un système électrique coûteux, très dangereux pour les populations, émetteur de gaz à effet de serre, produisant des déchets radioactifs dont on ne sait que faire. Sans compter le risque d’accident nucléaire face auquel la France serait complètement démunie, dans l’impossibilité de fermer toutes ces centrales. Et quand on voit l’échec de l’EPR de Flamanville on se demande comment la construction de nouveaux EPR peut être envisagée. La France doit s’engager sur un rythme de fermeture de 2 réacteurs par an minimum dès ce quinquennat pour respecter l’objectif de réduction de la part de nucléaire dans le mix électrique et accompagner les territoires impactés dans leur conversion »

Jean-François Julliard, Directeur général de Greenpeace France :

« EDF et Bercy tentent encore d’imposer leur stratégie jusqu’au-boutiste sur le nucléaire, à tel point que 2 scenarii sont tout simplement hors la loi sur le développement des énergies renouvelables ! Si Emmanuel Macron continue de défendre bec et ongles le nucléaire, son quinquennat sera encore pire que ceux de ses prédécesseurs pour la transition énergétique, au détriment de la protection du climat, ainsi que de la sûreté et du portefeuille des Français »

Pierre Combaz, pour le CA du Réseau « Sortir du nucléaire » :

« Les scénarios étudiés par le gouvernement auraient pour conséquence de prolonger la folie nucléaire pendant de nouvelles décennies. Alors que certaines pièces des réacteurs, particulièrement sensibles au vieillissement, ne sont pas remplaçables, et que l’Autorité de sûreté nucléaire ne s’est pas encore prononcée sur la prolongation du fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans, comment le gouvernement peut-il, au mépris de la sûreté, proposer des scénarios qui envisagent de les pousser jusqu’à 50 ans et plus ? Et comment EDF, en situation de quasi-faillite, compte-t-elle financer ces travaux de prolongation ? Le gouvernement compte-t-il une nouvelle fois renflouer EDF SA tout en lui laissant les rênes de la politique énergétique, obligeant ainsi les contribuables à payer la fuite en avant de cette entreprise, qu’ils sont de plus en plus nombreux à quitter ? »

Paulo-Serge Lopes, Président de Virage Énergie :

« Le gouvernement fait fausse route en ne profitant pas des bénéfices en matière de politique électrique du triptyque « Énergies renouvelables, efficacité énergétique et sobriété”. Il ne prend ainsi pas en compte les travaux régionaux, comme ceux en Hauts de France, qui ont démontré la faisabilité de parvenir de concert à atteindre le 100 % renouvelables pour son approvisionnement électrique et à relever le défi climatique.A ce titre, Virage Energie, a produit depuis 2008 plusieurs scénarios primés démontrant la faisabilité de se défaire progressivement de la centrale nucléaire de Gravelines soit de l’ordre de six réacteurs tout en divisant par quatre les émissions de gaz à effet de serre. Les Hauts de France deviendraient ainsi un territoire où on l’investit dans une réelle filière d’avenir pour le nucléaire, à savoir son démantèlement. Le gouvernement aura une lourde responsabilité dans ses choix. Make France Green Again ou Make France Atomic Again ?»

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