Alimentation [+1]

Le Réseau Action Climat demande un axe protéines végétales tourné vers l’environnement et les territoires

Le 26 octobre prochain, l'axe sur les protéines végétales du plan de relance sera discutée à l’Assemblée dans le cadre du projet de loi de finances 2021. Le Réseau Action Climat demande aux parlementaires d’attribuer des ressources à la hauteur des enjeux agronomiques, sociaux et environnementaux.

Legumineuses
Legumineuses

Le 26 octobre prochain, l’axe protéines végétales pour l’alimentation humaine et animale sera discutée à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi de finances 2021. Le Réseau Action Climat demande aux parlementaires d’attribuer des ressources à la hauteur des enjeux agronomiques, sociaux et environnementaux. La coalition d’organisations mobilisées en faveur du climat et d’une transition agroécologique estime que les ressources dédiées doivent être principalement allouées aux territoires et aux filières de qualité, en particulier à l’agriculture biologique.

La France importe environ 60 % des besoins en légumes secs pour l’alimentation humaine et presque 5 millions de tonnes de soja par an pour l’alimentation animale. La viande, les œufs et les produits laitiers proviennent ainsi d’animaux qui ont été en partie nourris au soja alors qu’en Amérique du Sud, la culture du soja (OGM à 95 %) est l’une des principales causes de la déforestation et de la destruction d’écosystèmes naturels. L’autonomie totale de la France en matière de protéines végétales est une demande portée par le Réseau Action Climat auprès du Gouvernement depuis octobre 2019. Annoncée depuis plus d’un an, la stratégie nationale sur les protéines végétales vise à réduire cette dépendance et à multiplier les surfaces en légumineuses. Mais le projet de loi de finances 2021, qui y consacre 100 millions d’euros, semble oublier les enjeux importants qui y sont liés, que ce soit du côté des citoyen·ne·s ou de l’environnement.

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En effet, la consommation de légumineuses est aujourd’hui une question de santé publique. Sa consommation répond aux recommandations officielles et pourrait notamment permettre de réduire le risque de cancer colorectal – qui tue chaque année plus 17 000 personnes.  Le dernier Programme National Nutrition Santé (PNNS, 2019) recommande ainsi de consommer plus de légumes secs (au moins deux fois par semaine), de produits peu transformés, et moins de protéines animales. De plus, le renforcement de l’autonomie en matière de protéines végétales répond à une tendance de consommation de plus en plus forte en faveur du bio, des circuits courts et du Made in France (IFOP 2020). A l’heure où la crise du COVID impacte profondément l’économie, l’autonomie protéique de la France pourrait soutenir des emplois dans des filières de production de qualité (production, transformation, innovation-produits, chiffres du potentiel d’emplois créé à venir – étude IDDRI – 21 octobre 2020) et augmenter le pouvoir d’achat des ménages, puisque les protéines végétales coûtent moins cher que les protéines animales.

Au niveau environnemental, l’autonomie de la France en matière de protéines végétales permettrait de s’affranchir petit à petit des importations de soja dont la culture en Amérique latine contribue largement à la déforestation et à la destruction d’écosystèmes naturels. L’augmentation des surfaces en légumineuses est  également un moyen pour la France de remplir son objectif de division par deux des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole,  à travers notamment la diminution des besoins en engrais azotés grâce à la fixation symbiotique de l’azote par les légumineuses. Une consommation plus importante de protéines végétales réduira par ailleurs considérablement la consommation de viandes et l’élevage industriel associé, dont les conséquences environnementales sont maintenant connues.

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Pour Cyrielle Denhartigh, responsable agriculture et alimentation du Réseau Action Climat :

L’autonomie protéique totale de la France pour son alimentation animale et humaine constituerait un levier majeur de santé publique, de transformation des modes d’élevages et de culture, de vitalité territoriale et de préservation de l’environnement. Réussir cette transition protéique requiert des ressources financières orientées vers les territoires et vers l’agriculture biologique, enjeux sur lesquels le plan de relance est bien trop timide

Dans le cadre des débats sur la loi de finance, le Réseau Action Climat, avec le WWF et Greenpeace, demande à ce que la stratégie nationale sur les protéines végétales :
-soit dotée d’une enveloppe budgétaire allouée à 50 % aux territoires, via des acteurs locaux agissant sur le terrain : les ONVAR (Organismes Nationaux à Vocation Agricole et Rurale) et les collectivités territoriales, au travers des financements du CASDAR et du PNA ;
-soit entièrement dirigée vers les filières de légumineuses cultivées en agroécologie et sous signes de la qualité et de l’origine (SIQO), et que 50 % de l’enveloppe soit allouée aux légumineuses en agriculture biologique (AB).

Sources et informations externes :

1. Visuels : WWF France

2. Régions de production des légumes secs en France , Fédération nationale des légumes secs.

3. Légumes secs – Quelles initiatives territoriales ?, Réseau Action Climat.

4. Déforestation importée : arrêtons de scier la branche !, WWF.

5. Projet de loi de finances 2021 (stratégie politique protéines végétales p. 36)  , Ministère de l’économie.

6. Recommandations officielles en matière d’alimentation plus saine et sur la consommation de légumes secs, PNNS 2019.

7. Chiffres officiels sur le cancer colorectal en France, Santé publique France.

8. Le confinement, laboratoire du consommateur de demain ?, IFOP 2020.

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