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Présidence Française du Conseil de l’Union européenne : Emmanuel Macron ne doit pas rater la bataille du climat

Le Réseau Action Climat publie aujourd’hui le bilan de 5 ans d’action d’Emmanuel Macron et de ses ministres sur les grands chantiers européens du climat et tire les leçons pour faire de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE) un succès pour le Green Deal européen.

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Une PFUE cruciale pour le Green Deal : le Président Macron doit défendre le climat et les Européens, pas les intérêts des industriels français

Si Emmanuel Macron a affiché le visage du volontariste et a contribué à obtenir des accords majeurs sur un nouvel objectif climatique européen ou encore sur l’orientation de 37 % du plan de relance européen vers la transition écologique, il a trop souvent eu le pied sur le frein, voire enclenché la marche arrière concernant le climat en Europe.

Soutien au statu quo sur la Politique Agricole Commune, rejet de la fin de vente des véhicules essences, diesels et hybrides neufs en 2035, ou encore défense de l’industrie nucléaire dans la taxonomie européenne, quitte à repeindre, dans le même temps en « vert », près de la moitié des centrales à gaz fossile d’Europe, la PFUE doit être l’occasion pour lui de se rattraper.

Pour cela, le Président Macron devra cesser d’endommager la cohésion européenne en défendant coûte que coûte les intérêts de l’industrie nucléaire ou automobile française, quitte à faire dérailler le Green Deal. S’il s’obstine dans cette voie, la Présidence française créera la défiance et sera un échec, pas seulement pour Emmanuel Macron, mais pour la transition écologique en Europe. 

Dépasser les totems politiques pour une vraie PFUE du climat

Au-delà d’une certaine neutralité qui est attendue pour animer les débats, la Présidence française doit échapper aux totems électoraux en pleine campagne présidentielle. Elle doit s’attaquer aux réformes structurelles qui permettront de rendre l’Europe plus résiliente et moins dépendante aux énergies fossiles. Une victoire sur la taxe carbone aux frontières seule ne suffira pas à faire de la PFUE un succès pour le climat. Le climat et les Européens ont besoin de compromis ambitieux sur l’ensemble des législations du Green Deal qui touchent à leur vie quotidienne. La France devra engendrer des avancées sur la rénovation performante du bâtiment afin d’éradiquer la précarité énergétique, sur la transition de l’industrie automobile, sur la réforme du marché carbone pour enfin appliquer le principe de pollueur-payeur à l’industrie européenne, sur la protection des forêts en Europe et dans le monde, sur la réforme du Pacte de Stabilité et de croissance pour lever les freins à l’investissement, etc. 

Pour Neil Makaroff, Responsable des politiques européennes du Réseau Action Climat :

« Les Européens attendent plus qu’une taxe carbone aux frontières ou la défense de fausses solutions comme le nucléaire. Une Présidence française qui mène vraiment la bataille du climat devra rendre l’Europe plus résiliente et maîtriser durablement les prix de l’énergie en s’engageant dans tous les chantiers du Green Deal ».

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