Pollution de l’air : le gouvernement doit refondre la politique de transports

La Commission européenne a décidé de renvoyer la France devant la Cour de justice de l'Union européenne pour non-respect des niveaux de pollution aux dioxydes d'azote. Le plan d'action de la France n'a pas été jugé assez crédible, comme l'annonçaient les associations.

Cette décision est le résultat d’une politique de transport très dépendante du transport routier et du pétrole, et du dieselgate en particulier. Les mesurettes ne suffiront pas pour relever le défi sanitaire lié à la pollution de l’air.

Il est très urgent de refondre structurellement la politique de transports, dans tous ses aspects : infrastructures, financements et investissements, fiscalité, gouvernance et aide au changement de comportement. La future loi sur la mobilité, en cours d’arbitrage, devra impérativement rectifier le tir avec notamment :

  • L’abandon des grands projets routiers, encore trop nombreux (Rouen, Strasbourg, A45, etc.).
  • Des financements suffisants pour les solutions de transports plus écologiques comme le vélo (200 millions d’euros par an), les transports en commun et le train (investissements supplémentaires d’un milliard d’euro par an) et des aides comme l’indemnité kilométrique vélo.
  • L’interdiction de circuler aux véhicules diesel et essence à travers la création de « zones à très faibles émissions » situées dans toutes les agglomérations polluées d’ici à 2025.
  • L’application du principe pollueur-payeur au transport de marchandises, ce qui permettra de dégager les ressources nécessaires pour financer les alternatives et les mesures d’accompagnement des secteurs et des ménages les plus modestes.

Le gouvernement français doit également faire preuve de volontarisme au niveau européen pour faire adopter des réglementations qui préserveront la santé publique et qui seront dignes de l’accord de Paris sur le climat.

Les nouvelles propositions de la Commission européenne sur les émissions de CO2 des voitures et des camions (1) doivent être revues à la hausse, car elles font encore largement la part belle aux énergies fossiles, comme le diesel.

(1) La Commission européenne dévoile aujourd’hui une proposition de législation insuffisante pour réduire les émissions de CO2 des véhicules lourds au niveau européen à l’horizon 2025 et 2030. Infos: https://bit.ly/2rPLZJW

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