Énergie
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Plan d’électrification : un choc de sevrage des énergies fossiles est nécessaire

Le plan d’électrification de la France, annoncé le 1er avril par Sébastien Lecornu, devra être accompagné de moyens supplémentaires (budget, régulations) et intégrer les économies d’énergie afin de respecter l’objectif de la France de passer de 60 % à 40 % d’énergies fossiles dans la consommation d’énergie en France d’ici 2030.

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Notre dépendance au pétrole et au gaz importés a des conséquences graves sur le budget des personnes contraintes de prendre leur voiture chaque jour et celui des professionnels. Pour accélérer la sortie de ces énergies fossiles, il faut agir sur trois axes : les économies d’énergie, l’électrification des usages et le développement des énergies renouvelables. 

Après la guerre en Ukraine, la crise du détroit d’Ormuz met en lumière un point majeur sur lequel le Réseau Action Climat alertait en février dernier dans son rapport “La souveraineté énergétique à l’épreuve des faits” : bien que très peu de nos hydrocarbures soient importés via le détroit d’Ormuz, son blocage nous affaiblit en faisant bondir les prix de l’énergie. Pour une infirmière libérale parcourant 150 km par jour, l’augmentation du prix de l’essence de 50 centimes par litre coûte 50 € tous les 10 jours.

Conserver la place actuelle des énergies fossiles dans l’économie française, c’est exposer les ménages qui sont contraints de consommer du pétrole ou du gaz aux variations brutales et erratiques de leurs cours internationaux.

Après deux années de reculs en matière de politiques publiques en faveur de la transition écologique, dont l’impact se ressent dans le coût de cette nouvelle crise énergétique, nous attendons du gouvernement Lecornu des actions rapides et ambitieuses. Pour sortir des énergies fossiles, la France doit combiner l’enclume des économies d’énergie, et le marteau de l’électrification permise par le développement des énergies renouvelables. Le plan évoqué par Sébastien Lecornu entend remplacer rapidement le pétrole et le gaz par de l’électricité, ce qui est absolument nécessaire. Mais ce plan ne réussira que s’il se donne les moyens de son ambition.

Sur la mobilité, l’enjeu est double. Un plan ambitieux doit permettre à la fois de réduire la dépendance à la voiture et de renforcer l’accessibilité au véhicule électrique pour celles et ceux qui n’ont pas, ou pas encore, d’alternative. Concrètement, cela impose de renforcer les investissements dans les infrastructures ferroviaires et cyclables, et dans les services de transport collectif. En parallèle, l’accompagnement ciblé doit permettre de donner accès au véhicule électrique aux ménages les plus vulnérables. L’élargissement du leasing social, mais aussi le retour de la prime à la conversion, y compris pour le marché d’occasion, sont des outils indispensables.

Pour les logements, si le plan du Gouvernement se concentre uniquement sur l’installation de pompes à chaleur, plus efficaces que les chaudières à gaz, il ratera son objectif car l’isolation des bâtiments est également nécessaire. Moins un logement est isolé, plus il faut installer une pompe à chaleur puissante, et donc chère. Une électrification rapide et accessible des logements, ne laissant personne sur le côté, ne doit pas faire l’économie de l’isolation des bâtiments.

L’enjeu du financement de ce plan sera également crucial pour s’assurer de la cohérence des moyens avec les objectifs de baisse de la part des énergies fossiles dans la consommation d’énergie. Le budget 2026 défendu par Sébastien Lecornu est loin d’être à la hauteur de ces ambitions. L’usage annoncé d’éventuels surplus fiscaux liés à la hausse du prix des carburants va dans le bon sens, mais sera insuffisant face aux investissements nécessaires. Alors que les entreprises pétro-gazières engrangent des profits exorbitants du fait de la hausse du prix du pétrole et du gaz, une taxation de ces superprofits est un enjeu de justice fiscale.

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