One Planet Summit : qu’attendent les ONG ?

Le 12 décembre prochain, près d’une cinquantaine de chefs d’États et de gouvernements se retrouveront autour de la table, conviés par le président de la République au “One Planet Summit”.

(c) Victoria Roussel
(c) Victoria Roussel

Face à l’urgence climatique, les pays ne pourront pas se limiter à un affichage politique. En 2017, de violents ouragans ont dévasté les petites îles des Caraïbes ; les changements climatiques ont exacerbé la faim dans le monde ; 23,5 millions de personnes ont dû quitter leur lieu de vie à cause des conditions climatiques extrêmes ; et l’érosion de la biodiversité se poursuit. L’année 2016 a aussi vu la concentration de CO2 dans l’atmosphère s’envoler. 2017, dans la lignée des années précédentes, devrait de nouveau battre ce triste record.

L’appel lancé par plus de 15 000 scientifiques en novembre témoigne de l’urgence d’agir et rappelle que les pays ne peuvent plus se contenter de recycler des annonces déjà insuffisantes : au vu des signaux alarmants, il est grand temps qu’ils accélèrent la cadence et aillent au-delà des promesses faites à la COP21.

Les États ne peuvent pas se dédouaner de leur responsabilité en reléguant l’essentiel des efforts à fournir au secteur privé, aux collectivités ou à la société civile. Si la lutte contre les changements climatiques doit être collective, l’action étatique reste indispensable pour se donner une chance de maintenir le réchauffement global bien en dessous de la barre des 2°C et tendre vers 1,5°C.

Pour être véritablement utile, le sommet du 12 décembre doit ainsi permettre des avancées concrètes et nouvelles sur 3 fronts :

  • la fin des soutiens financiers publics aux énergies fossiles, cause principale des dérèglements climatiques
  • le soutien indispensable à celles et ceux qui souffrent déjà des conséquences dévastatrices des changements climatiques, en particulier au Sud
  • la mise en cohérence de l’ensemble des politiques publiques avec l’impératif climatique.

En effet, les objectifs de l’accord de Paris ne pourront pas être atteints tant que les États continueront de soutenir les énergies fossiles, les infrastructures climaticides et les fausses solutions. Dans l’Union européenne et 11 de ses pays membres seulement, on estime que plus de 112 milliards d’euros d’argent public partent en fumée chaque année pour soutenir les énergies fossiles (Source ODI). Autant d’argent qui n’est pas mis à profit pour financer une transition écologique bénéfique à toutes et tous, vers 100 % d’énergies renouvelables, et pour accroître la solidarité envers les populations les plus vulnérables. Lors du One Planet Summit, les États, institutions financières et acteurs privés doivent réorienter l’ensemble des financements vers les vraies solutions, en ne donnant “pas un euro de plus” aux énergies du passé.
Les États doivent également remettre la justice climatique au coeur des débats pour faire face aux immenses besoins des pays et des populations les plus vulnérables, qui ont le moins contribué aux changements climatiques.
D’ici à 2030, ces besoins pourraient atteindre 300 milliards de dollars par an (selon le PNUE), rien que pour financer l’adaptation. Enfin, la France, hôte du sommet, a une responsabilité particulière. Les objectifs de long terme qu’elle s’est déjà fixés resteront vides de sens si elle ne met pas en cohérence dès à présent ses politiques publiques. À la veille de 2018, moment de vérité pour l’application de l’accord de Paris et le renforcement des engagements des États, il n’est plus question de mettre des bâtons dans les roues de la transition écologique.

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En bref

Lors du One Planet Summit, la France doit démontrer qu’elle est réellement prête à concrétiser son ambition climatique à l’échelle nationale, européenne et internationale. Pour lui éviter l’angoisse de la page blanche, les ONG françaises proposent au Gouvernement 3 chantiers auxquels il doit s’atteler dès à présent pour se mettre sur les rails de l’accord de Paris, 2 ans après l’avoir adopté.

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