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Les distributeurs français ne parviennent pas à promouvoir une alimentation plus saine

Les distributeurs français E.Leclerc, Carrefour et Intermarché ne parviennent pas à promouvoir une alimentation plus saine, selon une nouvelle évaluation de l'Access to Nutrition initiative (ATNi).

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Le 5 février, Access to Nutrition initiative (ATNi) publie le France Retail Assessment 2026 (Évaluation des distributeurs alimentaires français), la première évaluation indépendante de la manière dont les principaux supermarchés français influencent l’alimentation à travers leurs produits, leurs prix et leurs promotions.

Complétant les récents classements environnementaux des supermarchés français et européens, réalisés par le Réseau Action Climat France (CAN France) et le think tank néerlandais Questionmark, ce rapport est le premier à évaluer les distributeurs français spécifiquement sous l’angle de la nutrition. Il se concentre sur E.Leclerc, Carrefour et Intermarché, qui représentent ensemble près de la moitié du marché de la grande distribution alimentaire en France.

Les supermarchés pourraient mieux soutenir les choix plus sains L’analyse d’ATNi montre que les supermarchés français ne font pas assez pour rendre les aliments sains faciles d’accès et abordables :

  • Les promotions favorisent les produits les moins sains. Moins d’un quart de l’espace publicitaire est consacré à la promotion d’aliments plus sains, tandis que les sucreries, les glaces, les snacks, les céréales raffinées et les plats préparés hautement transformés dominent les promotions hebdomadaires. Ces conclusions concordent avec les récentes recherches du Réseau Action Climat, Foodwatch France et France Assos Santé, qui montrent que 66 % des articles en promotion dans les prospectus des supermarchés sont en contradiction avec les recommandations nutritionnelles françaises, notamment de nombreux produits riches en graisses, sucres et sel ainsi que les viandes rouges et transformées.
  • La plupart des produits de marque propre se sont avérés de mauvaise qualité nutritionnelle. Sur plus de 8 000 produits de marque propre évalués, seuls 25 % obtiennent un Nutri-Score A ou B, tandis que 84 % sont classés comme malsains en raison de leur teneur élevée en graisses, en sucres, en sel et/ou en marqueurs de transformation excessive (colorants, arômes ou édulcorants non nutritifs).
  • Les aliments sains coûtent plus cher. Chez Carrefour et E.Leclerc, les paniers alimentaires plus sains sont en moyenne 23,5 % plus chers que les paniers moins sains, ce qui rend l’accès à une alimentation saine plus difficile pour de nombreux ménages.

Les défis climatiques et nutritionnels sont étroitement liés

Ces conclusions s’appuient sur les résultats d’autres évaluations récentes de la grande distribution alimentaire axées sur le climat et l’environnement : les distributeurs français doivent mieux aligner leurs modèles commerciaux sur une transition alimentaire durable, notamment en réduisant leur dépendance à l’égard des produits gras, sucrés, salés et ultra-transformés, et des viandes rouges et transformées.

Greg Garrett, de l’ATNi : « Les supermarchés, les magasins de proximité et les marchés locaux façonnent le paysage alimentaire et exercent une influence considérable sur ce que les gens mangent chaque jour. Nos conclusions montrent qu’il existe encore une marge de manœuvre considérable pour les distributeurs en France afin de mieux aligner leurs offres de produits et leurs promotions sur des régimes alimentaires plus sains et plus durables. »

Benoît Granier, du Réseau Action Climat France : « Après avoir constaté les mauvais résultats des distributeurs français en matière de climat dans le classement Superlist, cette nouvelle étude confirme qu’ils sont également sous-performants en matière de nutrition. Les supermarchés doivent assumer davantage leurs responsabilités. »

Un appel à l’action

ATNi appelle les distributeurs, les investisseurs et les décideurs politiques français à œuvrer en faveur :

  • d’objectifs clairs visant à augmenter proportionnellement les ventes de produits plus sains (Nutri-Score A/B) ;
  • d’objectifs de reformulation des produits de marque propre afin de réduire leur teneur en sucre, en sel et leurs marqueurs d’ultra-transformation ;
  • de promotions donnant la priorité aux fruits, aux légumes, aux céréales complètes et aux légumineuses. des politiques plus strictes pour limiter le marketing en faveur des aliments trop gras, trop sucrés et trop salés ciblant les enfants ;
  • de rendre les aliments sains plus abordables que les aliments défavorables à la santé.

Cette publication intervient alors que la France attend sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC). ATNi et le Réseau Action Climat exhortent le gouvernement à utiliser cette stratégie pour davantage réglementer les entreprises du secteur agroalimentaire, en particulier la publicité et le marketing, et à veiller à ce que les pratiques des distributeurs soutiennent les objectifs de santé publique et de lutte contre le changement climatique de la France.

À propos de l’évaluation des distributeurs alimentaires français

L’évaluation de la grande distribution alimentaire française 2026 d’ATNi analyse les stratégies nutritionnelles, les portefeuilles de marques propres, les promotions et les pratiques en matière d’accessibilité financière d’E.Leclerc, Carrefour et Intermarché dans le cadre d’une évaluation mondiale de la grande distribution dans six pays.

Découvrez notre synthèse et nos recommandations (FR)
Découvrez l’analyse des pratiques des supermarchés en France (ENG)
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