Le nucléaire – un pari risqué face à l’urgence climatique

Alors que le parc électrique français est vieillissant et qu’il faut réfléchir à son renouvellement, se pose la question de quel mix énergétique choisir pour la France.

Le nucléaire – un pari risqué face à l’urgence climatique

Alors que le parc électrique français est vieillissant et qu’il faut réfléchir à son renouvellement, se pose la question de quel mix énergétique choisir pour la France. De plus en plus de voix s’élèvent pour défendre le nucléaire, en utilisant l’argument climatique. Dans le même temps, de plus en plus d’études démontrent qu’un scénario avec un mix électrique 100 % renouvelable à l’horizon 2050 est techniquement et économiquement réalisable.

Quel mix électrique choisir ? Est-il nécessaire de construire de nouveaux réacteurs nucléaires pour avoir une électricité décarbonnée ?

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Le nucléaire est une énergie qui est bas carbone, c’est pour cela qu’elle est parfois mise en avant comme une solution face à la crise climatique. Ce n’est cependant pas le seul critère à regarder et il y a des risques inhérents à cette énergie.

Tout d’abord, son déploiement est lent, avec peu de nouveaux réacteurs en construction et une baisse des investissements. La lenteur du processus (10 à19 ans entre la décision d’un projet et sa capacité à commencer à produire de l’électrique) n’en fait pas une énergie pertinente face à l’urgence du dérèglement climatique qui demande des solutions ayant déjà un impact fort dans les 10 années à venir.

C’est aussi une technologie sensible à de nombreux risques, qu’ils soient climatiques, naturels ou géopolitiques, avec des impacts écologiques au-delà du climat. C’est une énergie qui nécessite beaucoup d’eau (en France, le nucléaire représente 30 % de l’eau douce consommée), or le risque de pénurie mondiale d’eau est de plus en plus prégnant. Cela pousse aussi à la mise à l’arrêt des réacteurs lors de vagues de chaleur, qui ne cesseront d’augmenter dans les prochaines années. D’autres catastrophes naturelles sont susceptibles de toucher des centrales nucléaires, avec des conséquences en cas d’accident considérables et sur le long terme. Le nucléaire produit de plus des déchets que l’on ne sait pas traiter pour l’instant et dont la question du confinement sûr n’est pas résolue.

Pour finir, le nucléaire est une technologie de plus en plus coûteuse, avec un coût du nouveau nucléaire qui s’élèvera, d’après la Cour des Comptes, à 70 à 90€ par mégawatt-heure, alors que les énergies renouvelables coûtent actuellement entre 50 et 65€ par mégawatt-heure. Les renouvelables génèrent une valeur ajoutée plus forte au niveau local.

Le nucléaire n’est donc pas « un besoin » mais un choix politique : souhaitons-nous continuer dans cette direction ou réaliser une transition vers un mix électrique 100 % renouvelable ?


  • Source : ADEME 2015, CIRED 2020, AIE / RTE 2021.
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