La Présidence française du Conseil de l’Union européenne face à la crise énergétique et la crise climatique

A un mois de l'élection présidentielle française, la Présidence française du Conseil de l'Union Européenne doit faire face à l'invasion Russe en Ukraine. Un électrochoc qui doit accélérer la fin de notre dépendance aux énergies fossiles dont une partie importante est directement importée de Russie.

La guerre déclenchée par la Russie en Ukraine et le rapport du GIEC rappellent que le gaz fossile, le pétrole et le charbon représentent non seulement une menace pour le climat, mais rendent aussi l’Europe extrêmement vulnérable. Cette guerre qui intervient au cœur de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE) doit être un électrochoc et conduire l’Europe à rompre son addiction aux énergies fossiles encore plus rapidement. L’Europe importe 41,1 % du gaz fossile, 26,9 % du pétrole et 46,7 % du charbon de Russie. La facture est élevée. La flambée des prix de l’énergie pourrait faire basculer 80 millions d’Européens dans la précarité énergétique. 

La France a toutes les cartes en main. La PFUE doit accélérer d’urgence les négociations du paquet climat européen « Fit for 55 ». Développer les énergies renouvelables pour qu’elles atteignent 50 % du mix énergétique en 2030, massifier la rénovation performante des logements, ou encore mettre fin à la vente des véhicules essences, diesels et hybrides neufs en 2030 sont autant de chantiers indispensables pour retrouver la maîtrise des factures énergétiques et réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. 

Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement des 10 et 11 mars à Versailles est une opportunité pour la France d’engendrer des avancées concrètes sur ces chantiers afin de répondre au défi de l’indépendance énergétique de l’Union. À un mois de l’élection présidentielle française, Emmanuel Macron ne peut plus se contenter de simples victoires symboliques sur le climat, comme sur la taxe carbone aux frontières, mais doit travailler à rendre l’Europe plus résiliente grâce à la transition énergétique. 

De telles transformations nécessitent de lever les freins à l’investissement public en Europe. Les ONG françaises et allemandes, dans une déclaration commune, appellent Emmanuel Macron et Olaf Scholz à porter une réforme du Pacte de Stabilité et de Croissance qui exclue les dépenses de transition écologique des règles budgétaires européennes. Les besoins d’investissements sont colossaux : les Européens ne pourront se conformer à la fois aux objectifs climatiques et aux règles budgétaires actuelles. Une impasse. 

La Présidence française du Conseil de l’Union européenne face à la double urgence énergétique et climatique
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