Énergie [+1]
Bluesky

Hausse des prix du pétrole et du gaz : garantir le droit international et soutenir les ménages qui en ont besoin

Face à la flambée des prix du pétrole et du gaz provoquée par la guerre au Moyen-Orient, les ménages les plus modestes subissent de plein fouet la hausse des carburants. Le Réseau Action Climat appelle à des mesures d'urgence ciblées et à une accélération de la transition énergétique pour réduire durablement notre dépendance aux fossiles.

Global Natural Gas Demand Increases
A large LNG (liquefied natural gas) carrier is assisted by a tugboat as it docks in Yantai, Shandong province, China, on February 14, 2025. (Photo by Costfoto/NurPhoto) (Photo by CFOTO / NurPhoto via AFP)

La guerre au Moyen-Orient témoigne une fois de plus de la remise en cause du droit international ; et s’accompagne de graves violations des droits humains. Elle provoque également une hausse des prix du pétrole et du gaz qui se répercutent en particulier sur les prix à la pompe. Les ménages vulnérables, dépendant de la voiture thermique pour leurs déplacements et certaines entreprises fragilisées par cette hausse doivent être soutenus face à cette situation difficile, avec un dispositif d’urgence, mais également des mesures structurelles pour les accompagner vers des solutions sans énergies fossiles. Par ailleurs, alors que les entreprises pétrolières et gazières engrangent des profits supplémentaires du fait des prix élevés de ces énergies dus à la guerre au Moyen-Orient, elles doivent contribuer à cette solidarité nationale sur l’énergie.

Le Réseau Action Climat tient tout d’abord à rappeler sa solidarité avec le peuple iranien – depuis 47 ans sous la férule d’un régime sanguinaire –  et les civils des autres pays gravement impactés par cette guerre qui se déroule hors du cadre du droit international. Ces attaques entraînent également de graves conséquences humaines et environnementales, notamment des victimes civiles, la destruction d’infrastructures critiques et des risques de contamination environnementale et de dégradation des écosystèmes pouvant avoir des impacts à long terme sur la santé publique, les moyens de subsistance et la résilience climatique. L’usage du pétrole ou du gaz comme arme de guerre ou moyen de pression sur l’Europe et la France qui en sont largement importatrices est une menace pressante. La réponse doit passer par une accélération de la sortie des énergies fossiles. 

Au niveau national, la hausse brutale du prix des carburants pèse fortement sur le budget de ménages aux bas revenus et contraints d’utiliser une voiture thermique pour leurs déplacements du quotidien. Alors que 15 millions de Français sont en situation de précarité mobilité, une telle hausse ne peut que donner lieu à des privations dans d’autres domaines vitaux.

L’impact de la hausse des cours du pétrole et du gaz aurait été moindre si la France avait suivi un rythme plus rapide de sortie des énergies fossiles car il aurait concerné moins de ménages. Cette guerre rappelle douloureusement l’urgence, pour l’Europe et la France, de sortir de leur dépendance aux énergies fossiles très majoritairement importées.

Les seules solutions pérennes face à de tels chocs sont d’accélérer les politiques d’économies d’énergie, d’électrification des usages et de développement des énergies renouvelables. Promouvoir des véhicules électriques plus légers et abordables, des alternatives à la voiture individuelle, l’isolation performante des logements et les pompes à chaleur, ce n’est pas que lutter contre le réchauffement climatique. C’est aussi diminuer et stabiliser les factures d’énergie, et renforcer notre souveraineté et notre résilience face aux aléas géopolitiques.

Une politique de baisse généralisée du prix des carburants ou du gaz coûterait cher (le soutien public à l’achat de carburants suite à la guerre en Ukraine a coûté 7 milliards d’euros en 2022) et  profiterait davantage aux ménages les plus aisés, qui consomment deux fois plus de carburant que les ménages modestes. Des options existent pour protéger à court terme légitimement celles et ceux qui sont les plus touchés par les hausses des prix du carburant si la crise se prolonge et que les prix explosent : 

  • Un chèque mobilités ciblé sur les ménages vulnérables et qui intègre aussi un critère de dépendance à la voiture. Ce chèque mobilités pourrait être utilisé pour compenser le surcoût lié à l’augmentation brutale du prix du carburant routier ou pour l’utilisation d’autres modes de transport : vélo, transports en commun, covoiturage, etc.
  • L’utilisation du produit des taxes supplémentaires collectées par l’Etat du fait de cette hausse des prix pour un fonds de solidarité pour l’énergie afin de faciliter l’accès, pour les ménages aux bas revenus, aux solutions leur permettant de sortir de leur dépendance aux énergies fossiles : petits véhicules électriques,  rénovation performante de leur logement, etc…
  • Une taxe sur les superprofits des entreprises pétrolières et gazières liés à la hausse des cours du pétrole et du gaz pour que les profits de guerre contribuent à sortir de notre dépendance énergétique et à atténuer ses conséquences de court terme pour les plus vulnérables. 
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