Hausse des prix de l’énergie : le Réseau Action Climat appelle à une action forte

Les prix de l’énergie (gaz, carburant, électricité) s’envolent. Le Réseau Action Climat appelle le Gouvernement à prendre la mesure des difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux ménages et à apporter des réponses d’urgence sur le court-terme et des mesures structurelles pour protéger les Français de la précarité énergétique.

Une hausse du chèque énergie indispensable pour les ménages les plus modestes

Plusieurs hausses consécutives du prix du gaz, une forte augmentation du prix de l’électricité annoncée pour début 2022, un prix des carburants qui monte : l’hiver s’annonce tendu pour le budget des ménages. Le Gouvernement a annoncé un versement de 100 € en décembre aux ménages percevant le chèque énergie. Ce “bonus” est insuffisant pour réellement permettre aux ménages en situation de précarité énergétique de sortir de leurs contraintes. Par ailleurs, le chèque énergie ne concerne que les énergies “du logement” et pas les carburants qui atteignent également un niveau élevé, proche de celui de 2018. Alors que la hausse du prix des énergies va augmenter les recettes fiscales de l’Etat et diminuer ses charges pour le soutien des énergies renouvelables, une hausse à 710 € (1) en moyenne du chèque énergie, indexée ensuite sur le prix de l’énergie, est indispensable.

Une réduction de la consommation d’énergie nécessaire

Si ces hausses sont liées à des raisons conjoncturelles (reprise économique post-covid, hausse du prix du gaz russe…), l’énergie va dans tous les cas devenir plus chère dans les années à venir. Pour se prémunir de ses impacts durablement, la seule option viable est de réduire la consommation d’énergie. Pour cela, il faut accélérer la rénovation énergétique performante des bâtiments visant le niveau Bâtiment Basse Consommation (BBC) et développer les alternatives à la voiture individuelle tout en rendant accessible à tous ceux qui en ont besoin des solutions de mobilité comme l’achat d’un véhicule à faibles émissions.

Nos propositions

Les solutions devront s’articuler autour de quatre volets : 1) le besoin d’un signal prix prévisible et sans exception sur les énergies polluantes 2) une réelle protection des ménages vulnérables 3) des financements planifiés sur plusieurs années pour créer des alternatives ambitieuses et accessibles à tous. 4) le rejet de la proposition de la Commission européenne de créer un marché carbone pour les carburants et le chauffage qui risquerait de faire peser sur les ménages, dont les plus précaires, une hausse imprévisible des prix.

Le Réseau Action Climat propose dès à présent :

  • Augmenter le montant moyen du chèque énergie à 710 € et l’indexer sur les tarifs réglementés de vente de l’énergie

  • Réorienter les aides publiques vers la rénovation performante en limitant le reste à charge, notamment pour les ménages les plus modestes, et renforcer l’accompagnement technique et financier des ménages

  • Accélérer le développement des alternatives à la voiture individuelle en renforçant les investissements dans les transports collectifs et la mobilité active, ainsi qu’en généralisant le forfait mobilités durables

  • Limiter au maximum le reste à charge des ménages les plus modestes qui s’équipent d’un véhicule à faibles émissions via notamment un meilleur ciblage des aides à l’acquisition et la mise en place d’un prêt à taux zéro mobilités.

NB : (1) Le rapport de l’Observatoire National de la Précarité Énergétique présenté en octobre 2018 a indiqué qu’un montant de 710 €/logement/an en moyenne devrait être accordé aux ménages en précarité énergétique pour que leur taux d’effort énergétique soit inférieur à 8%. Ainsi, le chèque énergie devrait être revalorisé à hauteur des besoins pour permettre aux consommateurs d’accéder à un niveau « normal » de consommation d’énergie (une situation qui leur permet de ne pas se retrouver en situation de sous-chauffe notamment en hiver ce qui évite les problèmes de santé et les pathologies des bâtiments).

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