Les gouvernements enfin prêts à mettre l’Europe sur les rails de la transition énergétique ?

Alors que les États européens bloquaient toute avancée portée par le Parlement européen sur le paquet énergie européen, véritable boussole de la politique énergétique européenne pour 2030, les négociations sont en train de connaître un revirement politique en faveur de la transition énergétique.

La France doit soutenir ce changement politique en Europe et porter une transition énergétique européenne ambitieuse et exigeante, lors du Conseil des Ministres de l’énergie.

Ce lundi 11 juin, les Ministres européens de l’énergie pourraient décider d’accélérer la transition énergétique en Europe, en fixant des objectifs d’énergies renouvelables et d’économies d’énergies plus élevés. Ce serait une première depuis l’accord de Paris !

Les députés européens avaient déjà ouvert la voie, en défendant 35 % d’énergies renouvelables et 35 % de baisse de la consommation d’énergies pour 2030 (contre 27 % et 30 % auparavant).

Des objectifs plus élevés – faisables et surtout souhaitables pour tous les Européens

De nombreuses études ont montré que plus d’énergies renouvelables et plus d’efficacité énergétique étaient non seulement possibles en Europe, mais surtout souhaitables pour tous les Européens, et donc les Français. Loin d’être de simples chiffres, ces objectifs apportent de nombreux bénéfices : chaque pourcentage supplémentaire à l’objectif d’économies d’énergies en Europe amènerait la création de 336 000 emplois dans la rénovation du bâtiment ou l’innovation et ferait baisser la facture d’énergies des Européens moins 29€ par an d’ici à 2030.

De même, un objectif élevé de déploiement d’énergies renouvelables en Europe reviendrait à créer des milliers d’emplois non-délocalisables et à soutenir le développement d’une énergie peu couteuse, un atout pour les territoires.

Une majorité d’États prêts à booster la transition énergétique ?

La donne politique semble avoir changé ces dernières semaines, car de plus en plus d’États se convertissent à l’accélération de la transition énergétique de notre continent. Outre les pays les plus en avance comme la Suède ou le Portugal, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas pourraient, aux bénéfices du changement de gouvernement, se rallier à l’accélération de la transition énergétique en Europe.

La France, quant à elle, fait un pas dans la bonne direction en soutenant désormais des objectifs de baisse de développement des énergies renouvelables de 32 % en Europe et de baisse de la consommation d’énergies de 33 % pour 2030. C’est un pas dans la bonne direction, alors même que la France est très en retard dans l’atteinte de ses objectifs d’énergies renouvelables pour 2020.

Seul point noir, l’Allemagne et son Ministre de l’Économie et de l’Énergie, Peter Altmaier, qui semble réticent à toute augmentation des objectifs et mesures en faveur de la transition, plaçant son pays aux côtés des plus conservateurs comme la Pologne.

Nos demandes pour des objectifs plus élevés

Si elle veut rester dans le camp des progressistes, la France, représentée par Brune Poirson doit porter des économies d’énergies ambitieuses en Europe (minimum 35 % pour 2030) et se rapprocher des députés européens et des États les plus ambitieux en ce qui concerne le développement des énergies renouvelables. 35% des objectifs pour 2030 sont le strict minimum. Elle doit créer un effet d’entrainement en ralliant de plus en plus de gouvernements à l’accélération de la transition énergétique en Europe.

Pas de chantage possible avec la transition énergétique

En revanche, des objectifs plus élevés ne doivent pas être l’occasion pour les gouvernements nationaux d’affaiblir d’importants paramètres de la transition énergétique. Ces derniers jours, certains États ont tenté de négocier un chiffre tout en diluant leurs obligations à agir !

Les députés européens doivent tenir bons face à ce chantage inacceptable des gouvernements.  La France doit faire entendre une voix différente et protéger ces dispositions.

Nos demandes pour ne pas faire l’impasse sur les mesures :

• Garantir la solidarité de tous les États dans l’atteinte des objectifs européens par une Loi climatique (règlement sur la gouvernance) exigeante afin que tous les pays contribuent à la transition énergétique en Europe.
• Favoriser le développement des énergies citoyennes, une énergie décentralisée au bénéfice de tous.
• Planifier la sortie des agrocarburants de première génération, plus néfaste pour le climat que le diesel, en particulier de l’huile de palme qui doit être interdite d’ici 2021.
• Favoriser les pratiques durables et efficaces d’utilisation de la biomasse afin de préserver nos puits carbones.
• Renforcer les obligations d’économies d’énergies annuelles pour que les États mettent réellement en place des mesures pour rénover les bâtiments et accroitre l’efficacité énergétique.

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