G7 Environnement : Réactions des ONG françaises

À l’issue de deux journées de négociations, les Ministres de l’Environnement du G7 ont rendu leur copie.

À l’issue de deux journées de négociations, les Ministres de l’Environnement du G7 ont rendu leur copie. Alors que les scientifiques internationaux ont démontré l’impact dévastateur des activités humaines sur le climat et la biodiversité, les États-Unis persistent et signent dans leur volonté de tourner le dos à l’Histoire. Les Ministres des six autres pays ont quant à eux rappelé leur engagement vis-à-vis de l’accord de Paris, et timidement appelé à amplifier les actions de lutte contre les changements climatiques.

Pour Lucile Dufour, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat – France : 

“ Alors que les États-Unis s’obstinent à nier la science et ses implications, les Ministres de 6 pays du G7 ont reconnu aujourd’hui la réalité de la crise climatique et environnementale. Ils ont souligné l’urgence de revoir à la hausse les objectifs climatiques et les soutiens financiers au Fonds Vert pour le climat. Ces déclarations d’intention étaient indispensables, mais font l’impasse sur des enjeux clés, comme celui de la fin des subventions aux énergies fossiles. Avant le sommet des chefs d’États Biarritz, tout reste à faire pour que les pays du G7, y compris la France, adoptent des mesures politiques au niveau national pour redresser réellement la barre climatique et répondre à leur responsabilité.”

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne politiques climatiques à Greenpeace France :

“Sans les États-Unis sur ce point, les pays membres du G7 ont évoqué du bout des lèvres la nécessité de remettre à jour leurs objectifs climatiques. La moindre des choses, pour se conformer aux recommandations du GIEC et respecter, au moins théoriquement, l’accord de Paris, serait de les relever drastiquement. Nous attendons donc désormais que, dès cette année, les États rehaussent officiellement leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces réductions passent nécessairement par l’arrêt des subventions aux énergies fossiles : une réalité sur laquelle font l’impasse les conclusions de ce G7 Environnement.

Nous exigeons surtout que la France, présidente du G7 cette année, respecte ses propres objectifs à court terme. Pour 2020, la France ne remplit ses obligations ni sur l’efficacité énergétique, ni sur le développement des énergies renouvelables, ni sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Emmanuel Macron est responsable de cet échec puisqu’il refuse d’engager toute politique structurante pouvant heurter les intérêts des grands pollueurs industriels et financiers. Le grand écart entre les beaux discours diplomatiques et l’inaction nationale ne peut plus durer.”

Pour Armelle Le Comte, responsable du plaidoyer climat à Oxfam France :

« Face à des États-Unis isolés, les autres pays du G7 ont réaffirmé dans les mots leur volonté de renforcer leur action en faveur du climat. Pour les actes, le rendez-vous de fin août sera crucial. Alors que les impacts des dérèglements climatiques sont de plus en plus visibles et dévastateurs, l’engagement des pays du G6 à œuvrer pour une reconstitution réussie du Fonds Vert pour le climat est un signal encourageant qu’ils devront impérativement concrétiser avec des annonces financières précises lors du sommet des chefs d’États à Biarritz. Enfin, afin de respecter l’accord de Paris et de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, ils devront également adopter des objectifs de réduction d’émissions à gaz à effet de serre plus ambitieux. À quelques semaines du sommet sur le climat organisé par le Secrétaire général des Nations Unies – et pour lequel la France est cheffe de file sur les financements, Emmanuel Macron devra démontrer sa solidarité envers les populations les plus vulnérables en annonçant un doublement de la contribution initiale de la France au Fonds Vert afin d’atteindre 2 milliards de dollars.»

Pour Véronique Moreira, Présidence de WECF – France :

“Alors que les conséquences du changement climatique affectent particulièrement les femmes, il est indispensable d’accélérer l’action et « en même temps » d’assurer la prise en compte des droits humains et de l’égalité femmes hommes dans les politiques climatiques et environnementales. La mise en place d’une plateforme GREAT pour l’action et la formation environnementale sensible au genre est une initiative intéressante, mais elle ne saurait remplacer des politiques publiques fortes de régulation pour l’environnement et le climat, et de protection des populations. La justice environnementale a besoin de financements plus ambitieux, notamment dédiés aux organisations de femmes, et d’une réelle participation de ces organisations dans la construction des politiques environnementales.”

Pour Sami Asali, chargé de plaidoyer climat et développement durable à Coordination SUD :

“La France a finalement réussi à faire adopter un communiqué conjoint à l’exception d’un paragraphe relatif à l’accord de Paris auquel les États-Unis se sont opposés sans surprise. Tout en reconnaissant l’apport de la science et de la société civile, le communiqué final ne va pas assez loin pour répondre à l’urgence du fait de l’absence d’engagement réellement nouveau et de propositions chiffrées. Les États se sont surtout félicités de l’adoption de la “Charte de Metz sur la biodiversité” à l’issue de cette réunion. Si celle-ci inclut des éléments intéressants, elle est par nature non-contraignante et peu tournée vers l’opérationnel. La mise en avant de coalitions où les États se positionnent de façon peu engageante nous pose question, tant les mécanismes de suivi et redevabilité sont faibles. Emmanuel Macron devra porter une approche plus globale pour préserver l’environnement tout en luttant contre les inégalités à Biarritz puis à New York, avec des engagements clairs et immédiats de la part des pays les plus développés qui doivent assumer leur responsabilité collective en matière de solidarité et de justice climatiques.”

Pour Catherine Abreu, directrice du Réseau Action Climat Canada :

“Nous sommes à un moment déterminant dans notre histoire. Reconnaître la crise climatique et les impacts que celle-ci a sur notre biodiversité, nos océans, notre santé et la stabilité de notre société n’est plus suffisant. L’inaction climatique de la part de nos élites politiques représente actuellement une menace pour notre génération, la génération future ainsi que pour notre biodiversité. Je salue les efforts du Canada et de la ministre McKenna afin de pousser les pays du G7 à présenter des engagements plus ambitieux, ainsi que l’engagement pris lors de cette rencontre de mettre à jour d’ici 2020 la contribution déterminée au niveau national pour le Canada.”

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