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Financer la transition écologique juste : pourquoi un budget contraint ne justifie pas l’inaction

Le Réseau Action Climat publie un nouveau rapport qui démontre chiffres, propositions et méthodologie à l’appui que des solutions écologiquement efficaces, économiquement responsables et socialement justes existent pour financer la transition écologique.

Questions To French Government Session At The National Assembly
General view at the National Assembly during the session of questions to the government, in Paris, France, on May 14, 2024. (Photo by Telmo Pinto/NurPhoto) (Photo by Telmo Pinto / NurPhoto via AFP)

La France accumule les retards dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (chiffres Citepa 2025). En conséquence, les événements climatiques extrêmes se multiplient, et 9 Français sur 10 se disent inquiets de leurs impacts sur leur vie. Alors qu’une réponse politique ferme et ambitieuse se fait attendre, une question semble empêcher l’action publique : avons-nous les moyens de financer la transition écologique ?

8%
C’est la part des dépenses de l’État qui sont strictement favorables au climat.

L’interrogation autour de la “contrainte budgétaire” masque le véritable enjeu : celui des choix politiques et de l’allocation des ressources publiques. La transition écologique reste une part limitée et trop faible face aux priorités de dépenses décidées par les gouvernements récents. Malheureusement les derniers budgets ne reflètent ni l’urgence d’agir ni l’intérêt profond des Françaises et des Français pour la question. Au contraire, de nombreuses recettes fiscales ne sont toujours pas perçues par l’Etat du fait d’une fiscalité avantageuse sur des activités ou des consommations néfastes pour le climat.

17 Mrds
C’est le montant de dépenses publiques néfastes pour le climat et la biodiversité en 2025.

Les besoins sont pourtant connus et chiffrés par le Gouvernement lui-même : d’ici 2030, 66 milliards d’euros supplémentaires par an seront nécessaires pour tenir nos objectifs climatiques, un effort à partager entre le privé et le public, avec plus de 10 milliards pour le budget de l’État.

Face à l’ampleur de la tâche, ce nouveau rapport propose un cadre clair, innovant, analytique et opérationnel pour sortir du faux dilemme entre transition écologique et contrainte budgétaire.

Les crises sociales récentes, notamment celle des Gilets jaunes, ont montré qu’une politique climatique ne peut être acceptée que si l’effort est perçu comme équitable. Pour évaluer les mécanismes de financement de la transition écologique, le Réseau Action Climat propose cinq critères pour servir de boussole :

RAC-TRANSITION-V32

Des pistes de financement juste et efficaces qui ne nécessitent pas d’augmenter les dépenses de l’État existent également : taxation des dividendes des grandes entreprises polluantes, ISF climatique ciblé sur l’empreinte carbone des hauts patrimoines, suppression des niches fiscales néfastes, conditionnement des aides publiques à des critères environnementaux… 

Pour Emeline Notari, responsable Financements de la transition écologique au Réseau Action Climat :

“Les pouvoirs publics sont face à un choix crucial : continuer à entretenir le doute et les faux débats, ou regarder la réalité en face : les moyens sont là, et ne pas les mobiliser est déjà en train de nous coûter cher à la France, jusqu’à 10% de son PIB comme calculé par l’ADEME, si rien n’est fait.”

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