Fin de vente des véhicules neufs essence et diesel : quelle échéance pour respecter les objectifs climatiques ?

Le Réseau Action Climat publie une étude réalisée en partie avec le soutien de Carbone 4, qui analyse la compatibilité de 3 trajectoires de fin vente des véhicules diesel et essence avec les objectifs climatiques français et européens. Résultat : Stopper leur vente dès 2030 permet de maximiser nos chances de respecter ces objectifs.

Alors que la Commission européenne propose d’interdire la vente de ces véhicules en 2035, le gouvernement français campe sur sa position et bloque toute interdiction avant 2040. Cette position n’est pas acceptable. En prenant la présidence du Conseil de l’Union européenne à une période décisive pour le climat, la France ne peut pas se permettre d’être un frein à la réduction des émissions du premier secteur émetteur de gaz à effet de serre. Il est urgent de rapprocher la date de fin de vente de ces véhicules pour accélérer la transition des véhicules particuliers.

Pour Pierre Leflaive, Responsable Transports au Réseau Action Climat

Les 5 messages clés de l’étude

Une fin de vente des véhicules essence et diesels neufs en 2030 permettrait de respecter le budget carbone de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et le budget carbone européen “Fit for 55”. Toute année supplémentaire qui verra se poursuivre la vente de véhicules essence et diesel menacera le respect de nos objectifs climatiques et devra impérativement être compensée par des efforts additionnels sur d’autres leviers, et notamment le report modal.

En l’état, la France n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre les objectifs de report modal fixés par la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC). Dans le cadre d’un scénario de fin de vente en 2035, il faudrait aller jusqu’à doubler l’effort de report modal fixé par la SNBC au profit des mobilités moins polluantes (ferroviaire, transport en commun, marche et vélo).

Cette interdiction doit concerner les véhicules hybrides au même titre que les véhicules diesels et essences. L’étude souligne l’impact de la variation de la part d’hybrides rechargeables dans les différents scénarios : plus cette part est importante, plus on s’éloigne de nos objectifs climatiques.

La révision des normes de CO2 au niveau européen doit permettre de réhausser les seuils intermédiaires de réduction des émissions, et notamment ceux avant 2030. En particulier, 2025 doit favoriser une accélération de la réduction des émissions du secteur automobile.

La forte augmentation de la vente de SUV annule jusqu’à maintenant les bénéfices écologiques de l’électrification du parc. Cette tendance doit donc être inversée. Au niveau européen, il existe un paramètre de masse qui avantage les véhicules lourds, en assouplissant leurs contraintes d’émissions. Ce paramètre doit être supprimé. Dans la même logique, le malus poids doit être renforcé au niveau national.

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