Fin de l’année européenne du rail : une opportunité manquée pour la relance du train en Europe

Lancé à l’initiative de la Commission européenne pour célébrer l’Année Européenne du Rail, le Connecting Europe Express arrivera demain à la Gare de l'Est à Paris après un mois de voyage à travers l’Europe. L'occasion de dresser un premier bilan de cette année ferroviaire et de sa capacité à accélérer la relance du train en Europe.

Une absence d’actions concrètes …

Il est indéniable que le Connecting Europe Express ainsi que les autres initiatives qui ont marqué cette Année Européenne du Rail ont permis de mettre en lumière le rôle central que doit jouer le transport ferroviaire dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur des transports. A titre d’exemple, en France, le train transporte 11% des voyageurs et 9% des marchandises pour seulement 0,3% des émissions de GES du secteur des transports. Il est en revanche regrettable que cette année ferroviaire n’ait pas permis l’adoption et la mise en œuvre de mesures concrètes et structurantes permettant d’accélérer la relance du train en Europe. D’autant plus que la Commission européenne a présenté au début de l’été son Paquet climat européen qui doit permettre de réduire de -55% les émissions de GES d’ici 2030.

Alors que près de 7 européens sur 10 se disent intéressés pour voyager en trains de nuit, nos organisations regrettent tout particulièrement le fait qu’aucun engagement n’ait été pris au niveau européen pour relancer au moins 30 nouvelles lignes transeuropéennes de jour et de nuit d’ici 2025. Aucune solution n’a été également apportée au problème de pénurie de matériel roulant de nuit qui touche la majorité des pays européens. Il s’agit pourtant d’un point crucial pour permettre le développement de nouvelles lignes de nuit dans les prochaines années. De manière plus générale, très peu a été fait pour faciliter le financement de matériel roulant interopérable entre pays européens.

Si notre coalition reconnaît le fait que le plan de relance européen a permis de financer des investissements des Etats membres en faveur du train, une réponse européenne de long terme demeure nécessaire afin de résorber les déficits d’infrastructures et de moderniser le réseau existant.

Enfin, le développement du transport ferroviaire à un niveau satisfaisant demeurera impossible tant qu’il n’y aura pas une compétition juste et équitable entre les modes de transport : à trajet équivalent, voyager en train devrait toujours être moins cher que voyager en avion.

… qui nécessite de poursuivre l’année européenne du rail en 2022

Le transport ferroviaire est à la croisée des enjeux climatiques, sociaux, d’emplois et d’intégration européenne. Il mérite une action ambitieuse de la part de la Commission européenne et des États membres. Pour Valentin Desfontaines, Responsable Mobilités Durables au Réseau Action Climat :

Cette Année Européenne du Rail a tout simplement été une opportunité manquée. Nous appelons la Commission européenne à poursuivre l’Année Européenne du Rail en 2022 et à prendre des mesures concrètes afin de faire de la relance du train en Europe une réalité. Le Gouvernement français aura un rôle central à jouer puisque la France prendra le 1er janvier 2022 la Présidence tournante de l’Union européenne.

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