Feu d’artifice pour le climat en Europe ?

A travers ses 13 projets de loi pour le climat, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ouvre enfin les chantiers indispensables pour mettre l’économie européenne sur les rails du Green Deal européen.

A travers ses 13 projets de loi pour le climat, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ouvre enfin les chantiers indispensables pour mettre l’économie européenne sur les rails du Green Deal européen : fin de vente des véhicules essences et diesels en 2035, prix du CO2 pour l’aérien et le maritime ou encore développement accéléré de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Elle aurait néanmoins dû aller plus loin dans les transformations afin d’être sur une trajectoire climatique compatible avec la limitation de la hausse des températures à +1,5°C. 

Une opportunité à saisir pour le Parlement et les États

Pour que l’Europe devienne réellement la championne de la transition écologique, cette dynamique de transformation profonde de l’économie européenne devra être substantiellement amplifiée par le Parlement européen et les États-membres. Ces 13 lois ne peuvent pas être un rendez-vous manqué pour enclencher une vraie transition au service des citoyens. 

En revanche, la création d’un marché carbone pour les carburants et le chauffage pourrait faire dérailler le Green Deal européen. Le prix imprévisible du CO2 risque de toucher de plein fouet les ménages, en particulier les plus modestes, malgré la création d’un maigre fonds social pour le climat devant en partie les compenser. Une impasse sociale et climatique que le Parlement européen et les États-membres, dont la France, doivent fermement rejeter.

Une proposition d’autant plus injuste qu’en parallèle, l’industrie lourde sera exemptée du principe de pollueur-payeur sur le marché carbone européen jusqu’en 2035 et restera ainsi le passager clandestin du climat.

La France doit être à la hauteur

La France aura la mission de faire aboutir les négociations entre États-membres sur ces lois lors de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne début 2022. Le Réseau Action Climat lui demande d’être à la hauteur et d’arrêter de freiner la mise en œuvre du Green Deal européen en repoussant l’effort de la transition sur d’autres pays ou en détricotant certaines propositions ambitieuses pour le climat. C’est notamment le cas des normes de CO2 pour les véhicules où la France a essayé de faire plier la Commission pour qu’elle fixe la date de fin de vente des véhicules essence/diesel en 2040, au lieu de 2035, heureusement sans succès. En copiant-collant la position des constructeurs automobiles, la France risque d’entraver dangereusement l’une des réglementations les plus importantes pour le climat en Europe.

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