Après les élections, les dirigeants européens passeront-ils le test de l’ambition climatique ?

Le Conseil européen des Chefs d’État et de gouvernement qui aura lieu les 20 et 21 juin sera le premier depuis les élections européennes.

Le Conseil européen des Chefs d’État et de gouvernement qui aura lieu les 20 et 21 juin sera le premier depuis les élections européennes. Il devrait nommer les postes importants au sein des institutions et définir le programme de travail de l’Union pour les 5 prochaines années. Le Réseau Action Climat appelle Emmanuel Macron à favoriser un consensus autour du climat, pour non seulement convaincre ses homologues européens d’adopter un cap de long-terme permettant de conduire l’Europe à la neutralité en gaz à effet de serre d’ici à 2050, mais aussi pour définir des actions de court-terme visant à réduire drastiquement nos émissions d’au moins -65 % d’ici à 2030 (soit -57 % de réduction sans compter l’absorption par les puits de carbone naturels que sont les océans et les forêts).

Pour obtenir un tel accord, la France doit construire une solidarité européenne du climat, notamment en acceptant de contribuer davantage au Budget européen. Cette enveloppe de 1200 milliards d’euros pour 2021-2027 doit soutenir les régions d’Europe les plus dépendantes aux énergies fossiles, amortir les chocs pour l’emploi et accélérer la transition industrielle et écologique sur l’ensemble du continent. Cela donnerait les garanties aux États les plus réticents qu’ils ne seront pas seuls pour relever ces défis.

Au-delà de sa volonté affichée dans les discours, les ONG du Réseau Action Climat demandent au Président de la République de mettre la transition écologique au coeur du programme de travail de l’Union pour les 5 prochaines années (également appelé “agenda stratégique”). Ce dernier devra prévoir de nombreuses réformes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans chaque secteur. Cela implique notamment : la réorientation de tous les financements européens et nationaux qui vont actuellement aux énergies fossiles (en particulier gaz, charbon et pétrole), dont ceux issues du Budget européen et de la Banque européenne d’investissement, vers la transition énergétique ; une stratégie de reconversion de l’industrie automobile pour planifier la fin de vente des véhicules essence et diesel neufs d’ici à 2030 ; ou encore le conditionnement des accords de libre-échange au respect des objectifs pris dans le cadre de l’accord de Paris.

À l’heure du grand jeu des coalitions et des nominations à la tête des institutions européennes, le Réseau Action Climat rappelle que la responsabilité des dirigeants européens est grande face aux attentes des citoyens européens mobilisés en faveur d’une Europe orientée vers la transition écologique.

LE CONSENSUS EUROPÉEN AUTOUR D’UNE SOCIÉTÉ NEUTRE EN GAZ À EFFET DE SERRE D’ICI 2050 TENU EN ÉCHEC PAR LA POLOGNE : RÉACTION DU RÉSEAU ACTION CLIMAT

Le Réseau Action Climat regrette que, malgré le ralliement d’une très large partie des Etats-membres autour de l’objectif de neutralité en gaz à effet de serre d’ici 2050, les dirigeants européens n’ont pas réussi à donner le “feu vert” pour engager l’ensemble de l’Union sur cette voie. Quatre Etats-membres, la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et l’Estonie ont bloqué la décision devant être prise à l’unanimité.

L’Europe risque donc d’arriver les mains vides au Sommet du Secrétaire Général des Nations Unies en septembre, censé accélérer la bataille pour le climat. Ce nouvel échec marque une fracture grandissante sur le climat en Europe. Seule une plus grande solidarité européenne, notamment à travers du budget européen, pourra donner des garanties aux pays les plus réticents qu’ils sont soutenus face à cette transition.

Le Réseau Action Climat appelle donc Emmanuel Macron à redoubler ses efforts pour susciter un consensus européen sur le climat. Malgré les blocages, il doit tout faire pour inscrire cette priorité dans le plan de travail des institutions européennes pour les 5 prochaines années (également appelé “agenda stratégique) afin de conduire des réformes dans tous les secteurs de l’économie et répondre avec des mesures de court-terme à l’urgence climatique.

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