Écoutez nos voix et Agissez ! pour l’adaptation des logements, des écoles et des établissements de santé
Avant la présidentielle 2027, 71 organisations s’unissent pour exiger des mesures concrètes pour l’adaptation des logements, lieux d’enseignement et établissements de santé aux canicules

Le 23 septembre 2026, le Réseau Action Climat a organisé un événement public pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur un enjeu crucial : l’adaptation des logements, lieux d’enseignement et établissements de santé aux fortes chaleurs. Sous le slogan « Écoutez nos voix et agissez ! », cette initiative a réuni à l’Académie du climat (Paris) des personnes impactées par le changement climatique, des experts, des associations, des acteurs du bâtiment et des enseignants pour des échanges constructifs et engagés.
Des témoignages poignants qui rappellent l’urgence climatique
La soirée animée par Anne Bringault du Réseau Action Climat, a commencé par les interventions de Jason Temaui Man et Racha Mousdikoudine. Le premier originaire de la Polynésie française, a partagé le drame de la hausse du niveau des mers et des submersions d’îles du Pacifique, forçant des populations entières à quitter leurs terres ancestrales. La seconde a évoqué les difficultés d’accès à l’eau à Mayotte, illustrant les inégalités en France face aux impacts du réchauffement climatique.
Le droit à la fraîcheur : un enjeu de justice sociale
Face à l’affirmation d’Emmanuel Macron « On ne s’adapte pas à un pic qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire », Valérie Masson-Delmotte, climatologue renommée, a rappelé que l’adaptation est non seulement possible, mais indispensable. Adèle Tanguy, chercheuse de l’IDDRI, a quant à elle mis en lumière les inégalités dans l’accès à ce droit fondamental. Il faut savoir que les habitants des 20 % des quartiers les plus défavorisés sont 10 fois plus surexposés à la chaleur que ceux des quartiers les plus favorisés.
Un constat accablant qui montre que la canicule ne frappe pas tout le monde de la même manière.
La chaleur tue : un impact sanitaire sous-estimé
Anne Sénéquier, médecin psychiatre, a alerté sur les conséquences sanitaires des canicules, dont les effets se prolongent plusieurs semaines après les épisodes de forte chaleur.
L’ingénieure de recherche santé-climat Micheline Pham a présenté les retombées positives de la lutte contre les canicules : meilleure qualité de l’air, alimentation plus saine, et surtout, des vies sauvées, renforçant ce message : « Protéger le climat, c’est protéger la santé. » Elle a également présenté les travaux d’épidémiologie sur les conséquences des canicules qui prouvent les corrélations très fortes entre le changement climatique et la dégradation de la santé des citoyens.
Logements invivables : des solutions existent, mais la volonté politique manque
Salim Poussin, Co-président de Locataires ensemble, a partagé son expérience de locataire à Lyon : vivre dans un logement à 37,5°C sans possibilité de réduire la température. Grâce à une mobilisation collective, ce syndicat de locataires a obtenu qu’un bailleur engage des travaux d’adaptation (brasseurs d’air). Maïder Olivier de la Fondation pour le logement de défavorisés, a souligné que ces actions ne devraient pas dépendre de la bonne volonté des propriétaires : « Une réglementation forte est nécessaire pour garantir à tous un logement habitable, avec au minimum des protections solaires et une ventilation adaptée. »
Ahcene Moulla et Frédéric Delhommeau, acteurs du bâtiment et de l’accompagnement des propriétaires pour la rénovation de leur logement, ont confirmé que les solutions techniques existent – il manque la volonté politique pour les généraliser, ainsi qu’une stabilité des soutiens publics et la levée de freins, en particulier dans les copropriétés.
Écoles et universités : des conditions d’apprentissage inadmissibles
Les salles de classe à plus de 30°C dès le matin, les malaises d’élèves et de personnels, les examens passés dans des conditions étouffantes… Aurélie Gagnier, porte-parole de la FSU-SNUipp, Sophie Vénétitay secrétaire générale du SNES-FSU et Amélie Valent, VP Coordination du Réseau et bénévolat au RESES (Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire), ont dénoncé une situation intenable créée par l’inaction des pouvoirs publics.
Les propositions des acteurs de l’éducation sont claires :
- Financement massif de la rénovation du bâti scolaire (5 milliards d’euros par an pendant 10 ans).
- Plan d’équipement systématique en volets et ventilateurs et si nécessaire climatisation
- Protocoles nationaux pour adapter les horaires et les postes de travail en fonction des niveaux de vigilance.
Le chercheur et ingénieur Amaury Fievez a insisté sur le rôle clé des collectivités locales et la bonne coordination entre tous les acteurs dans la mise en œuvre de ces mesures.
Enfin, Adam Forrai du Lierre a rappelé que la très grande majorité des agents des écoles, hôpitaux et universités ont eu des difficultés à assurer leurs missions de service public lors des dernières canicules, comme le montrent les premiers résultats d’une enquête « La capacité de réaction de nos services publics aux événements climatiques extrêmes ». Il a souligné la volonté de nombreux fonctionnaires de s’engager dans la transition écologique mais les décideurs politiques n’envoient ni les bons messages, ni les moyens nécessaires.
Et maintenant ? La mobilisation continue
Cet événement n’est qu’une première étape. Le 26 septembre, des marches pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale auront lieu dans toute la France, soutenues par le Réseau Action Climat. Et surtout, les rencontres avec les candidats à l’élection présidentielle se multiplieront pour leur présenter nos deux demandes immédiates et vitales d’ici la fin du prochain quinquennat :
- Premièrement, garantir à chaque foyer un logement habitable pendant les canicules : volets et ventilateurs de plafond a minima et accélération des rénovations globales adaptées à la chaleur.
- Deuxièmement, que tous les lieux d’enseignement et établissements de santé soient adaptés aux fortes chaleurs.
Engagés et déterminés à nous faire entendre, nous leur disons « Ecoutez nos voix et agissez ! »
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