COP31 : face aux crises, la coopération climatique est une nécessité stratégique
À l’approche de la COP31, qui se tiendra du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie, le Réseau Action Climat appelle la France et l’Union européenne à défendre une action climatique fondée sur la coopération, la justice et la sortie des énergies fossiles.

Dans un contexte marqué par des guerres, de fortes tensions géopolitiques, la pire crise énergétique de l’histoire selon l’Agence Internationale de l’Énergie, et une sérieuse accélération des impacts climatiques, le multilatéralisme climatique est plus que jamais indispensable.
De Gaza à l’Iran en passant par l’Ukraine, la crise climatique ne peut pas être dissociée de la question de la paix, du respect du droit international et de la justice. Ces crises ne sont pas un hors-sujet climatique : elles révèlent les impasses d’un ordre international marqué par de violents rapports de force et notre dépendance collective aux énergies fossiles. Factures d’énergie qui explosent, prix des denrées alimentaires en hausse : la dépendance aux énergies fossiles pèse directement sur le quotidien des populations à travers le monde comme en France.
Dans le même temps, les événements climatiques extrêmes frappent de plein fouet les populations les plus vulnérables. Le Népal, qui représente moins de 0,1 % des émissions mondiales, illustre cette profonde injustice climatique : les pertes liées aux impacts climatiques y représenteraient environ 10 % du PIB, soit près de 5 milliards de dollars, sans compter les pertes non économiques. Les pays qui ont le moins contribué au dérèglement climatique ne peuvent continuer à en payer le prix le plus lourd.
L’adaptation ne suffira pas sans une sortie rapide des énergies fossiles. La difficulté à maintenir le réchauffement global sous 1,5°C résulte de choix politiques et économiques identifiables. Depuis la rentrée de septembre, la mobilisation citoyenne pour le climat et la transition juste est très forte en France : partout, des voix s’élèvent pour qu’il y ait un avant et un après été 2026, avec un véritable sursaut climatique. Nous attendons de la France et de l’Union européenne qu’elles portent cette ambition à la COP31.
À Antalya, cinq priorités pour la France et l’Union européenne
Le Réseau Action Climat appelle la France et l’Union européenne à défendre :
- Une sortie juste et rapide des énergies fossiles, en accélérant le déploiement des renouvelables, et en renforçant la sobriété et l’efficacité énergétiques ;
- Une augmentation massive des financements climatiques publics, notamment pour l’adaptation et les pertes et dommages, sous des formes accessibles et principalement en dons ;
- Une transition juste et équitable, donnant aux travailleurs et travailleuses, aux communautés et aux pays les plus vulnérables les moyens de transformer leurs économies ;
- Un deuxième bilan mondial qui permette d’accélérer réellement l’action climatique, en renforçant la redevabilité des États et la mise en œuvre des engagements ;
- Un multilatéralisme climatique ouvert et fondé sur les droits, garantissant une participation pleine et entière de la société civile et des populations les plus affectées.
Alors que le monde se fragmente, la COP31 doit démontrer que la coopération climatique peut contribuer à reconstruire de la confiance, de la solidarité et de l’action collective. Face aux crises, coopérer n’est pas une option : c’est une nécessité stratégique.
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