COP25 : Dernière marche avant 2020

Le communiqué de presse du Réseau Action Climat avant la COP25

Source : Both Ends https://www.bothends.org/en/Whats-new/News/Worrying-new-developments-around-Barro-Blanco
Source : Both Ends https://www.bothends.org/en/Whats-new/News/Worrying-new-developments-around-Barro-Blanco

La COP25 se déroule du 2 au 13 décembre prochain, à Madrid en Espagne. Elle se tient après une succession de mobilisations sociales dans le monde, comme au Chili, et à la veille d’une année décisive sur le climat, au cours de laquelle les pays devront adopter des objectifs de réductions d’émissions bien plus ambitieux. À la COP25, il s’agira donc tout autant de poser les jalons de 2020, que de reconnaître l’évidence : lutte contre les inégalités sociales et lutte contre le dérèglement climatique sont profondément liées et appellent des réponses politiques communes.

Alors que les émissions globales ont atteint 55,3 milliards de tonnes de CO2 en 2018, le sursaut est impératif. Ce sont les pays du G20 qui doivent faire la plus grande part de l’effort d’ici à 2030, car ils représentent près de 80 % des émissions mondiale. Dans l’Union européenne, le Green Deal devra acter un nouvel objectif climatique européen pour 2030 de -65 % d’émissions de gaz à effet de serre, au lieu de l’objectif actuel de 40 %, tout en instaurant une solidarité financière européenne sur le climat afin d’accompagner tous les territoires dans la transition écologique, en particulier les régions dépendantes des industries fossiles.

La COP25 devra aussi s’attaquer à la problématique des conséquences inévitables et irréversibles causées par le dérèglement climatique, comme les cyclones ou la montée du niveau des mers. Les pays développés, dont l’Union européenne et la France, ferment les yeux depuis quatre ans face à ces besoins financiers spécifiques des pays les plus vulnérables. À Madrid, ils devront accepter de créer un dialogue constructif et de réfléchir à des solutions innovantes pour lever des financements, comme une taxe sur l’extraction des énergies fossiles, ou le gel de la dette des pays impactés.

Enfin, les pays progressistes devront refuser que l’Accord de Paris et ses grands principes comme l’équité ou le respect des droits humains, soient mis à mal par une poignées d’États à contre sens de l’histoire. Cela passe avant tout par un encadrement strict des marchés carbone. Mal définis, ils créeraient une brèche irréparable dans l’Accord de Paris et mettraient en péril le respect de l’objectif de 1,5°C. Les pays devront donc être intransigeant : même en présence d’opposants de taille comme le Brésil, l’ambition et le respect des droits humains ne sont pas négociables. Les pays devront aussi reconnaître la contribution de l’agriculture aux émissions mondiales et promouvoir un modèle agro-écologique plus soutenable et respectueux des populations.

La COP25 est donc la dernière marche avant l’année 2020, marche que les pays ne pourront se permettre de rater. La France devra porter une diplomatie à la hauteur au sein de l’Union européenne, en préparation du Conseil européen de décembre. Elle devra aussi afficher un bilan honnête de son action climatique nationale : entre un dépassement des budgets carbone de 4,5 % en 2018, et les difficultés à concilier politiques climatiques ambitieuses et mesures sociales d’accompagnement, le chemin est encore long pour respecter réellement l’Accord conclu à Paris lors de la COP21.

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