Carte des dépendances énergétiques de la France

De qui le système énergétique français dépend-t-il ? De quels pays et activités la France est-elle dépendante pour son économie et les besoins des ménages ? Quels sont ses points faibles, où se trouvent ses atouts et ses solutions ?

États-Unis

Les Etats-Unis de Donald Trump veulent s’établir comme une puissance dominante sur et par les énergies fossiles.
Ils extraient de plus en plus de gaz et de pétrole, qu’ils exportent massivement vers l’Europe. Près d’⅓ du gaz européen vient des Etats-Unis, mais l’Europe est aussi le débouché de près de 55% du gaz nord-américain exporté.

L’administration Trump est au service des majors pétro-gazières : elle détruit les projets éoliens, qui se fournissent en matériel majoritairement Européen, tandis qu’elle utilise la dépendance européenne aux fossiles américains pour l’obliger à affaiblir sa réglementation environnementale.
En particulier, l’Europe est sous pression nord-américaine pour limiter, retarder ou supprimer son règlement contre les fuites de méthane.

France

La France s’est enfoncée dans une dépendance très coûteuse et périlleuse au gaz fossile et au pétrole. Construire sa souveraineté énergétique passe par la réduction de ses consommations, et le remplacement des fossiles par des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire.

Les réacteurs nucléaires français vieillissent, et l’industrie nucléaire n’est pas compétitive face à celle de la Russie. En revanche, la France dispose d’une industrie bien positionnée sur l’éolien en mer, les pompes à chaleur, et bientôt sur le solaire.

Europe

La souveraineté énergétique française doit être pensée en tenant compte de son interconnexion avec le système énergétique et industriel européen.

L’Europe dispose d’une industrie dominante sur l’éolien, et solide sur l’automobile.

L’UE peut mettre en place un cadre favorable au remplacement des énergies fossiles, au développement d’une industrie de la transition, à la sobriété énergétique et à l’économie circulaire pour limiter les besoins en matières critiques.

Russie

La Russie est le pays qui domine l’industrie du nucléaire. Au 1er janvier 2026, sur 23 réacteurs construits à l’étranger dans le monde, 20 étaient produits par la Russie, dans 7 pays différents, y compris en Europe.

La Russie assure le transit de l’uranium khazak ou ouzbek vers la France, traite et stocke une partie de ses déchets nucléaires.

Elle reste aussi une fournisseuse importante de gaz fossile et de combustible nucléaire de l’Europe, malgré les sanctions liées à l’invasion de l’Ukraine.

Chine

La Chine s’est très bien positionnée sur les industries de la transition énergétique. Après des années de dumping, elle fournit la quasi-totalité des panneaux solaires installés en Europe, et une part importante de batteries. Son industrie de l’éolien est la principale concurrente de l’industrie européenne.
La Chine domine également le raffinage de nombreuses matières critiques comme le lithium, le nickel, le cobalt, etc.

Cependant, les dépendances de la France vis à vis de la Chine sont moins contraignantes, puisqu’elles concernent des équipements dont la durée de vie est longue (de 20 à 30 ans), et non un flux continu, comme pour les énergies fossiles.

Mozambique

Au Mozambique, comme dans d’autres pays du Sud, des multinationales européennes exploitent les ressources et les populations locales. Les retombées économiques pour les populations impactées sont très limitées. Ces multinationales sont soutenues par leurs États européens d’origine.

C’est le cas de TotalEnergies au Mozambique, où des rapports documentent des violences graves sur des civils, des faits de corruption, et un coût budgétaire important pour le Mozambique sans retombées positives. Les activités énergétiques de TotalEnergies ne contribuent plus réellement à la souveraineté française, mais nuisent, avec le soutien de l’Etat français, à celle de pays du Sud.

Algérie et Niger

L’Algérie est aujourd’hui un fournisseur important de gaz fossile pour l’Europe du Sud.

Le Niger fournissait plus du tiers de l’uranium français jusqu’en 2024. Les mines étaient possédées par la France depuis l’époque coloniale, via Orano, ce qui a créé de nombreuses tensions. Elles ont abouti à la prise de contrôle des mines d’uranium par l’armée et l’Etat nigérien.

Le Réseau Action Climat propose cette carte des principales activités dont dépend l’énergie française. Nous n’avons bien sûr pas tout illustré, et avons choisi les activités les plus critiques, ou les plus importantes pour la France.

Plus la France réduira ses besoins, et plus elle fera reposer ses activités sur des énergies locales, donc renouvelables, plus elle améliorera sa souveraineté énergétique.

Pour en savoir plus, retrouvez le rapport “La Souveraineté Énergétique à l’Épreuve des Faits”.

La souveraineté énergétique à l’épreuve des faits

À la veille de la publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), le Réseau Action Climat publie un rapport qui étudie la réalité des dépendances énergétiques et dessine le modèle d’une vraie “souveraineté énergétique”.

Consulter le rapport

Illustration : © Camille Rapin