Carte de transport de la ville de Paris

Le Réseau Action Climat, UNICEF France et Greenpeace France publient aujourd’hui l’évaluation de l’ambition des nouveaux maires des douze plus grandes agglomérations françaises en matière de lutte contre la pollution de l’air liée au trafic routier. Ici, analyse du cas de Paris.

Résumé

La dynamique de Paris en matière de lutte contre la pollution de l’air liée aux transports est globalement en bonne voie et s’inscrit dans la continuité du mandat précédent d’Anne Hidalgo. La mise en place d’une zone à faibles émissions déjà opérationnelle sur une partie du territoire métropolitain associée à un objectif de sortie progressive du diesel puis de l’essence reste sans équivalent en France. La mise en œuvre concrète de cet engagement, et des autres mesures clefs mises en avant, doit cependant encore être clarifiée (calendrier, enjeux sociaux, aspects financiers, contrôles, etc.). La dynamique est aussi positive en matière de vélo et de rues scolaires. Un travail de piétonnisation de nombreuses écoles parisiennes à en effet été entamé à la rentrée 2020, il sera toutefois crucial que les écoles les plus exposées à la pollution de l’air bénéficient prioritairement de cette mesure.

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Pour aller plus loin

Sorties des véhicules polluants

Notre demande :

Mettre en œuvre une zone à faibles émissions visant la sortie du diesel en 2025 puis de l’essence en 2030. 

En bonne voie : Une zone à faibles émissions est déjà opérationnelle à Paris et, depuis l’été 2019, sur une partie du territoire métropolitain (79 communes membres du Grand Paris devraient être couvertes à terme). Cette ZFE concerne tous les vé-hicules et prévoit un calendrier de sortie progressive du diesel en 2024 et de l’essence en 2030. La nouvelle municipalité s’est engagée à poursuivre la mise en œuvre de ce calendrier de sortie progressive du diesel puis de l’essence.

Réduction de la place de la voiture

Nos demandes :

Généraliser la baisse des vitesses à 30km/h dans l’agglomération et baisser la vitesse sur les rocades. 

Abandonner tout projet de nouvelle infrastructure routière. 

Mettre en place une zone à trafic limité dans le centre-ville pour réserver la circulation aux modes actifs et à quelques véhicules autorisés. 

En bonne voie : La baisse des vitesses à 30 km/h sera généralisée, en excluant toutefois certains grands axes tels que les Champs-Elysées, le boulevard Sébastopol ou les boulevards des maréchaux. La vitesse de circulation sur le périphérique parisien sera abaissée à 50 km/h.

En bonne voie : Il n’existe pas de nouveaux projets d’infrastructure routière.

En bonne voie : La mise en place d’une zone à trafic limité est prévue dans le centre de Paris. Cette zone réservera la circulation aux modes actifs et aux transports collectifs tout en prévoyant certaines exceptions (notamment pour les personnes à mobilité réduite, les riverains, commerçants, etc.). Cette zone sera complétée par la création d’au moins un “centre piéton” par arrondissement.

Aides financières à la transition

Notre demande :

Mettre à disposition des professionnels et des particuliers des aides financières facilitant la location ou l’acquisition de véhicules à très faibles émissions (VTFE) ou, en priorité, le report vers d’autres moyens de transports plus écologiques que le véhicule individuel. 

En bonne voie : Plusieurs aides ont déjà été mises en place pour les particuliers et les professionnels, nous l’avions souligné dans notre classement sur la lutte contre la pollution de l’air (décembre 2019). À noter, l’aide à l’achat de vélos sera maintenue et étendue aux vélos mécaniques et aux vélos adaptés aux personnes en situation de handicap (dispositif type Handibike).

Dynamique vélo

Nos demandes :

Investir plus de 25€ par habitant et par an en faveur du vélo. 

Mettre en place d’un réseau express vélo. 

Mettre en œuvre tous les leviers d’un système vélo performant (apprentissage du vélo pour tous, service de location diversifié, stationnements sécurisés, ateliers de réparation, intermodalité avec les transports en commun et en premier lieu les trains régionaux).

En bonne voie : 26€ par an et par habitant seront investis en faveur du vélo. Lors du précédent mandat, les investissements en faveur du vélo étaient de 19€ par an et par habitant.

En bonne voie : Un Vélopolitain ainsi qu’un Réseau express régional vélo (RER V) seront réalisés. Un “fil vert” sera aussi créé, il consistera en un réseau de voies végétalisées réservées aux piétons et aux vélos afin de relier Paris aux communes limitrophes.

En bonne voie : L’ensemble des leviers d’un système vélo performant ont été pris en compte dans le programme. Une offre de stationnement résidentiel sécurisé sera éployée via l’installation de Véloboîtes, des espaces de stationnement sécurisés seront aussi installés dans 15 gares parisiennes (7 grandes gares, 8 nœuds d’intermodalité dont des gares RER comme Nation et porte Dauphine). Une offre de location vélo moyenne et longue durée sera mise en place et inclura des vélos-cargo, tandem, vélos enfants, personnes à mobilités réduites, personnes âgées. Les ateliers d’auto réparation seront multipliés et la Maison du vélo sera soutenue et installée dans l’ancienne Mairie du 4e arrondissement. Enfin, la nouvelle municipalité s’est aussi engagée à renforcer les équipes dédiées à la création de pistes cyclables, à créer une Mission Vélo au sein de la Ville de Paris et à mettre en œuvre le forfait mobilités durables pour tous les fonctionnaires de la Ville de Paris.

Dynamique transports en commun

Nos demandes :

Mettre en place une tarification solidaire basée sur les ressources pour tous les services de transport. 

Améliorer qualitativement les fréquences, les amplitudes horaires des transports en commun et poursuivre le développement de transports urbains en site propre.

Encore timide : Pas d’engagement sur la mise en place d’une tarification solidaire basée sur les ressources. En revanche, l’engagement de rendre gratuits les transports en commun pour les jeunes parisiens de moins de 18 ans a déjà été adopté en Conseil de Paris.

En bonne voie : L’offre de transports en commun sera développée et améliorée en augmentant qualitativement les fréquences et les amplitudes horaires. Un réseau de ligne de métro fonctionnant toute la nuit au moins un samedi par mois sera par exemple mis en place. De nouvelles lignes de bus à haut niveau de service seront aussi développées.

Mobilité et santé des enfants

Notre demande :

Mettre en place à proximité de toutes les écoles et des crèches des rues scolaires fermées à la circulation aux horaires d’entrée et de sortie d’école, et de manière permanente autant que possible.

En bonne voie : La piétonnisation et la végétalisation des abords de 300 écoles parisiennes sont annoncées. Il n’y a toutefois pas de précisions sur le caractère permanent ou bien temporaire (uniquement aux heures d’entrée et de sortie d’école) de ces piétonnisations. À partir du 1er septembre 2020, 57 nouvelles rues aux écoles ont été mises en place par la Ville, portant ainsi le total à 122 dans Paris. 29 de ces nouvelles rues sont fermées à la circulation et 28 sont transformées en « zone apaisée ». Il sera toutefois crucial que les écoles les plus exposées à la pollution de l’air bénéficient prioritairement de cette mesure.

Aménagements et mesures Covid19

Notre demande :

Pérenniser les mesures et aménagements provisoires mis en place dans le contexte de la crise du Covid-19. 

En bonne voie : L’ensemble des aménagements provisoires sera pérennisé : la fermeture à la circulation de la rue de Rivoli, les pistes cyclables provisoires ainsi que les extensions de terrasses des bars et des restaurants.

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